Aldon Baker se raconte

Aldon Baker se raconte (07-2019)

L’homme derrière les titrres … Carmichael, Stewart, Villopoto, Roczen, Dungey, Musquin, Cianciarulo, Anderson, Osborne, Webb … On ne compte plus le nombre de champions US entraîné sous l’œil avisé d’Aldon Baker ces 20 dernières années.

Si tout le monde connaît le nom, peu de personnes connaissent vraiment le personnage. Aldon  – figure énigmatique du sport – n’est pas le plus bavard mais reste une source de critiques à l’image souvent associée au dopage.

L’entraîneur de renom – originaire d’Afrique du sud – a raconté son parcours dans un podcast d’une heure  dans lequel il revient sur son histoire, ses débuts, sa propriété, son programme, ses objectifs …

Et si c’était l’heure d’en savoir plus sur Aldon Baker ?

Aldon Baker se raconte

“Le VTT, c’est ce qui m’a amené aux USA. Une fois que j’avais conquis la scène du VTT en Afrique je voulais me mesurer à la scène mondiale. Donc je suis allé en Europe, puis aux USA, c’était les années 1995 à 1999. J’étais pro, je roulais en championnat du monde mais j’avais commencé le VTT très tard. Le but, c’était de me qualifier pour les jeux olympiques, l’Afrique avait un quota d’athlètes à envoyer mais ils ne m’ont jamais donné l’opportunité d’y participer. 

Vers la fin de ma carrière en VTT, j’ai rencontré Johnny O’Mara, il s’occupait de Ricky Carmichael à l’époque. Il connaissait mon parcours et mon expérience dans le domaine du sport, et il était un grand fan de VTT lui aussi. Johnny m’a présenté à Ricky.

Ricky était encore en 125 à l’époque. On a discuté et quand il est passé en 250 et qu’il s’est rendu compte qu’il était bon sur la moto mais qu’il allait avoir besoin d’aide sur l’aspect physique, alors il m’a contacté pour savoir si j’étais intéressé pour collaborer. C’est comme ça que ça a commencé.

J’étais rentré en Afrique, il m’a contacté, je suis retourné aux USA, à Tallahassee, alors que la saison d’outdoor avait déjà commencé, ils avaient déjà fait les deux premières épreuves. Il n’avait pas connu une bonne saison de Supercross cette année-là. C’était vraiment cool car Ricky m’a donné ma chance, c’était nouveau pour moi, j’avais quelques idées sur la pratique du motocross mais assez peu, je n’avais jamais vraiment creusé en ce sens car je n’en avais jamais eu besoin. Donc on a commencé par s’occuper du cardio, de l’entraînement physique, de la diète, pour mettre toutes les pièces du puzzle ensemble …

19 ans plus tard, l’histoire est bien différente.

A Look Inside Baker's Factory—Florida's Supercross Training Facility | Dirt Rider

Les gens me disaient « Tu n’as jamais roulé en Motocross, qu’est-ce que tu y connais ? » mais la meilleure façon d’apprendre, c’était d’observer les meilleurs pilotes rouler. J’étais dedans H24, je voyais tout. J’ai beaucoup appris, beaucoup évolué, j’y ai apporté ma touche, j’ai fait mes erreurs comme tout le monde . Avoir cette propriété, pouvoir proposer ce le type de programme qu’on fait aujourd’hui, ça a toujours été le but. Au début, je ne pensais même pas pouvoir y arriver n’y même me rapprocher de ce but, mais me voilà.

À l’époque, l’entraînement, c’était très secret et on ne se mélangeait pas. Seulement quelques pilotes avaient leurs propriétés et personne ne voulait partager. Un jour Ricky m’a demandé « et si on faisait venir un autre pilote ? » et je lui ai dit que ce ne serait pas bon pour lui car le pilote qu’il avait en tête était trop proche en piste et connaissant Ricky, je savais que c’était quelque chose dont il ne tirerait aucun bénéfice. On s’entraînait caché en quelque sorte, on ne voulait laisser personne savoir ce qu’on faisait jusqu’à ce qu’on arrive sur la course et qu’on écrase la concurrence. La dynamique était différente à l’époque. Ricky avait son coéquipier, Mike Brown, qui était là très souvent, mais il n’a jamais été un concurrent direct. 

Avec le temps, j’ai appris. Si tu as une propriété sur laquelle tu peux faire absolument tout ce que tu veux faire, tu ne peux pas entraîner qu’un seul pilote, donc j’ai commencé avec Villo et je dois lui donner du crédit car il aurait pu m’envoyer chier quand je lui ai proposé d’amener Ken Roczen dans le programme.

Ken était jeune, c’était le gars qui montait en puissance et qui avait un talent incroyable, il roulait contre Villo en 450. Villo m’a fait confiance, je lui ai dit « Ryan, tu as tout gagné, tu as tout accompli, tu as besoin de quelqu’un de plus jeune pour te pousser et le petit jeune pourrait bénéficier de l’expérience de quelqu’un qui a déjà tout fait ». Je me disais que ce serait une façon juste de procéder, un échange en quelque sorte.

Between the Motos: Aldon Baker - Racer X Online

Au final, Ryan Villopoto savait qu’il lui restait une ou deux années à faire et ça s’est bien équilibré. Ça aurait été bien différent s’ils avaient été au même niveau à ce moment-là de leur carrière. C’était un test, et je savais que ça pourrait soit très bien se passer, soit exploser. Mais ça s’est vraiment bien passé.

L’idée, c’était que plutôt que d’avoir à pousser les pilotes à se dépasser sur le circuit, ils le fassent d’eux-mêmes, car ce sont des compétiteurs de nature. Ensuite, il fallait déterminer quel pilote ne pourrait pas travailler avec quel pilote, il y avait toujours cette limite très fine que je ne pouvais pas dépasser. On ne pouvait pas faire ça avec n’importe qui.


Il y a certains jours où je dois intervenir pour séparer les pilotes, c’est là que j’utilise mon expérience pour savoir quand l’un doit pousser l’autre pour qu’il puisse s’améliorer ou quand ils doivent plus se relaxer et se concentrer sur eux-mêmes. Trouver l’équilibre, c’est la clef. Je crois fermement en cette façon de fonctionner mais une nouvelle fois, certaines personnalités ne peuvent pas s’adapter à cette mixité du tout.

Quand j’ai commencé ma propriété, j’avais Adam Cianciarulo sur Kawasaki, Ken Roczen sur KTM, Villopoto venait de prendre sa retraite, Jason Anderson était sur Husqvarna, il y avait de la mixité, Kenny allait rouler sur Suzuki, c’était compliqué de s’aligner avec tout le monde, les mécaniciens, les marques, etc …

En fait, Roger m’a approché et chez KTM, ils ont vu ce que je faisais, ce que j’essayais d’achever et ils m’ont fait confiance et je les respecte pour ça car ils voient sur le long terme. Ils m’ont dit « Si tu es prêt à t’aligner avec nous, on peut t’aider et t’assurer que même si les pilotes viennent, changent, partent, ça ne t’affectera pas ».

Tu sais, mon plus gros souci, c’est les énormes crédits que j’ai sur cette propriété. Beaucoup de gens pensent que je gagne beaucoup d’argent avec ça, mais c’est faux. Je paye. C’était ma peur à l’époque, si je perdais un pilote, que quelque chose changeait et que je perdais du financement, je pouvais faire couler le navire rapidement.

Ils ont compris ça, ils m’ont dit qu’on allait trouver un équilibre si je m’alignais avec eux et que je m’occupais de leurs pilotes, qu’ils allaient s’assurer que je n’ai pas à m’inquiéter de ce côté-là.

La structure du programme est très similaire pour chaque pilote mais ils ont tous un profil physique et cardiaque différent donc une charge de travail différente. Chaque programme est adapté à chaque pilote mais quoi qu’il arrive, ils doivent faire leur entraînement moto, leur cardio, leur muscu. Ça peut varier.

Marvin et Jason ont des structures de programme différentes, des personnalités différentes, il faut adapter l’entraînement pour chacun sans oublier de l’imbriquer dans l’entraînement des autres pour que tout fonctionne bien ensemble car on n’a pas assez de temps dans une journée pour tout séparer et s’occuper de chaque pilote individuellement. Cooper est le nouveau du groupe et il s’adapte encore à la charge de travail.

Michael Mosiman il a 19 ans, quand il est arrivé ici pour la première fois, je me souviens, c’était très difficile pour lui de s’adapter. On savait que ce serait difficile pour les pilotes 250 donc on a dû s’adapter pour eux. Tyla Rattray s’occupe des pilotes 250, moi je jette un œil sur la structure de son programme, m’assure que ça a du sens et que les pilotes s’y tiennent et évoluent avec.

C’est un programme de A & Z, la diète, quand manger, quoi manger, quand s’hydrater, comment dormir et quand, le cardio, la muscu, l’entraînement moto, la flexibilité, les points forts, les points faibles. Ils doivent aussi s’adapter à leur moto, à leur team, au stress du quotidien en dehors de leur entraînement.

Quand j’ai commencé à travailler avec Villopoto, on n’avait pas beaucoup de temps car on avait déjà entamé la saison d’outdoor. J’avais trouvé cet endroit mais il fallait obtenir tous les permis avant de pouvoir faire venir les machines, creuser, construire, donc au début sur place on avait seulement un container. 

Le stress pour moi, c’était de pouvoir faire sortir de terre un terrain de Supercross ici car je ne savais même pas s’il y avait de l’argile dans le sol. J’ai pris le risque sans savoir car je n’avais pas d’autre choix et quand j’ai eu tous les documents et les permis, j’ai commencé à creuser pour voir s’il y avait de l’argile et quel type de sol on avait pour tenter de créer un terrain de Supercross, il fallait que tout soit prêt en 2 ou 3 mois et c’était un challenge, c’était très stressant. Il fallait construire un bâtiment, faire venir l’électricité …. J’ai tout acheté sans savoir si ça allait être faisable.

J’ai dit à ma femme « Si je n’obtiens pas les permis ou qu’il n’y a pas d’argile sur le terrain et que ce n’est que du sable, alors j’essayerais de le revendre ». Ce n’était pas une période facile pour moi. Je dormais peu. J’avais les athlètes mais je n’avais nulle part où les faire rouler. C’était difficile.

Les machines ne sont pas données, tu prends aussi des crédits pour ça, et il faut réussir à décrocher ces crédits. À la base, les banques ont refusé de me prêter de l’argent, disant que mon projet n’avait ni queue ni tête. Je me souviens avoir quitté la banque en larmes pour rentrer chez moi. Je dois beaucoup à Villo, je l’ai appelé et il m’a dit « Ecoute, je sais que tu vas y arriver », et c’est lui qui m’a aidé pour que je puisse me lancer. Sans lui pour m’aider au départ, je ne sais pas ce que j’aurais fait.

Quand on est arrivé à la phase 2 de mon plan, celui d’entraîner des pilotes 250, d’avoir 2 nouveaux circuits, j’avais fait mes preuves et finalement les banques ont vu que je m’en sortais, que je payais mes factures, donc ils ont fini par m’aider. D’un autre côté, ils savaient que si je n’y arrivais pas, ils pourraient me saisir toute ma propriété.

Maintenant, ça fait 5 ans, et je respire enfin, au début, je respirais à travers une paille, crois-moi. Et puis cette histoire d’argile … Tu ne peux pas faire un terrain de Supercross en sable. On a creusé, on a trouvé de l’argile, mais il fallait déplacer toute cette argile, donc on a creusé à l’endroit le plus simple et le plus près du futur circuit pour extraire cette argile. Un an après, on s’est rendu compte qu’un peu plus loin, on avait de l’argile de bien meilleure qualité. Mais on ne pouvait pas savoir, je ne pouvais pas payer un géologue pour venir faire des milliers de trous et prélèvements sur ma propriété.


Soit ça marchait, soit ça foirait, c’était comme ça. […]

La propriété fait 40 hectares et on a 3 terrains de Supercross et 2 terrains de Motocross. Au début, je me disais que jamais je n’arriverais à utiliser toute la superficie du terrain et finalement on n’en est pas loin. Il reste une chose que je veux faire sur cette propriété pour la terminer, un dernier circuit, et ce sera fini. J’aimerais bien avoir un terrain en sable, un vrai terrain de sable. On a le sable, mais encore une fois, il faut le déplacer ; trouver l’emplacement idéal, etc.

J’ai une vision pour cet endroit, je sais à quoi je veux qu’il ressemble et je veux que les pilotes arrivent ici et se disent « wow, c’est vraiment cool ». Ils peuvent voir tout le travail que je fais sur la propriété, mais au final, j’attends d’eux qu’ils s’impliquent autant dans leur programme, tout le monde doit tout donner.

J’ai dû acheter des machines et employer des gens pour s’occuper de tout l’entretien. Quand je ne suis pas aux courses, je suis ici en train de travailler sur la propriété, je désherbe, je fais de l’entretien.

On a un atelier, des espaces de stockage, puis j’ai compris que si je faisais une salle de sport ici, on aurait tout sur place. Avant, on partait d’ici, on utilisait des salles publiques en ville et on faisait notre sport. Je voulais améliorer la propriété et maintenant la salle de sport est ici. On n’est vraiment pas loin d’avoir tout ce que je veux avoir ici. À l’étage, tu trouveras toutes les machines de cardio, en bas, tous les poids et machines de musculation. C’est très spécifique au motocross, on ne s’entraîne pas pour être des bodybuilders ici, tout est fait pour qu’ils soient secs, forts, l’entraînement est en rapport avec leur sport.

Je travaille sur un calendrier de 52 semaines et je dois équilibrer mes programmes avec le supercross, le motocross et les voyages, ce n’est pas évident, je dispose du temps dont je dispose.

SX US : Qui est Aldon Baker ? - Moto-Station

Le plus important, c’est l’entraînement moto, puis viens le cardio, puis la muscu. Chaque journée d’entraînement comprend de la moto et du cardio. La musculation, ce n’est pas tous les jours, mais au moins 3 fois par semaine.

Le cardio, c’est tous les jours, et j’essaye de varier. On fait beaucoup de vélo, mais tu sais, ces gars ne sont pas des cyclistes. J’utilise mes connaissances dans ce domaine pour les aider au niveau du cardio. On utilise les rameurs et le Skierg, les escaliers, tout ce qui est bon pour améliorer leur cardio tout en gardant l’entraînement intéressant, en leur donnant de nouveaux défis, tu sais, ces mecs sont des athlètes, donc ils se nourrissent de ces défis.

Quels sont les objectifs des pilotes ? Quand tu commences à gagner, alors les gens s’attendent à ce que tu gagnes de nouveau. Il y a une fenêtre pour gagner, et un moment, cette fenêtre disparaît. Soit à cause de ton âge, soit à cause des objectifs que tu t’es fixé. C’est un cercle vicieux, le but est de gagner des championnats, mais quand tu gagnes des championnats, comment savoir quand tu en as gagné assez ? Parce qu’au final, c’est ce qui te motive à fournir le travail. Quand tu commences avec un nouveau pilote, il est déterminé, il veut gagner des courses, puis un championnat, alors quand est-ce que tu décides que c’est assez ?

Si tu regardes Ricky, combien de championnat a-t-il gagné ? Pourtant, les gens s’attendaient toujours à ce qu’il gagne, année après année malgré tous les titres. Ricky savait ce qu’il fallait fournir à l’entraînement pour gagner, donc arrive un moment où tu te poses forcément la question « Quand est-ce que j’aurais gagné assez d’argent ? Quand est-ce que j’aurais gagné assez de championnat ? Qu’est-ce qui me motive désormais à faire tout ça ? ». Celui qui n’a rien gagné veut gagner, mais celui qui a tout gagné, quel est son nouvel objectif ?

J’ai vu beaucoup d’athlètes qui ont connu une belle carrière, qui ont gagné des championnats, et ils arrivent toujours à un point où ils en ont gagné assez. Maintenant s’ils n’avaient pas gagné de championnat, ils seraient probablement encore là aujourd’hui.

Les pilotes ont la pression car les équipes les payent bien, mais ils les payent pour gagner, pour ramener du résultat. Regarde, après le Supercross, ils ont une semaine pour profiter et ils commencent déjà la saison d’outdoor. Si tu ne roules pas bien en outdoor, plus personne ne parle de ta superbe saison de Supercross. Tu deviens inutile. C’est un cercle vicieux mais c’est comme ça. Ce n’est pas un sport comme le golf – où tu peux devenir un des meilleurs et continuer année après année en appréciant ce que tu fais, en vivant la belle vie. Les risques ne sont pas les mêmes.

Racer X Films: Aldon Baker - Racer X Online

Regarde Dungey, Villopoto, même Ricky, ils ont choisi leur moment pour partir, partir quand ils étaient au top. Qui voudrait se faire pousser vers la sortie, vers la retraite forcée ? Tu ne veux pas entendre « Tu aurais dû raccrocher il y a un an mon pote, maintenant c’est fini ». La question, c’est est-ce que je peux encore le faire, est-ce que je suis encore assez motivé pour le faire, est-ce que je le fais pour les bonnes raisons ? Tout ça rentre en compte quand il s’agit de prendre la décision d’arrêter ou de continuer.

Si Ryan Dungey n’avait pas gagné ces championnats, il roulerait encore. C’est comme ça quand tu n’atteins pas tes objectifs. Les gens se focalisent sur l’âge. Zach est-il trop vieux ? Non. Zach n’a pas atteint ses objectifs, il est aussi motivé, déterminé, assidu que n’importe quel autre pilote qui n’aurait pas encore atteint ses objectifs. En parlant de Zach, il a gagné en 250, il a réitéré l’année suivante. Il s’est dit « Okay, j’ai atteint mes objectifs maintenant je veux un nouveau défi en 450 et je dois atteindre mes nouveaux objectifs. »


La Wada [Agence mondiale antidopage] ? On en a besoin dans ce sport c’est sûr. Quand il y a beaucoup d’argent en jeu, il y a des risques de triche. Il faut que les athlètes passent des tests. N’importe qui qui travaille dur devrait obtenir des résultats et tricher ne devrait pas faire partie du sport. Je suis le premier à dire qu’ils devraient tester tous les pilotes mais je pense aussi qu’il faut être un peu plus réaliste.

Il faut tester les pilotes et chercher ce qui pourrait leur donner un réel avantage, ce qui serait vraiment considéré comme de la triche. En vélo l’EPO, ça fait une énorme différence. Ils s’entraînent tous très durs, mais l’EPO, ça peut faire la différence. Soyons réaliste, qu’est-ce qui va vraiment faire une différence, quels sont les limites réelles, que considère-t-on vraiment comme de la triche ? Ne pénalisez pas un mec parce que vous avez retrouvé des traces d’un produit à hauteur de 0.001mg qui ne donne aucun avantage au pilote.

J’ai dû faire des recherches sur le cas de Broc car je ne savais pas ce qu’était ce produit. Apparemment, c’est un ingrédient d’un produit que les mecs utilisent à la salle pour congestionner les muscles. Sauf que la dernière chose que tu veux quand tu roules en motocross, c’est d’être congestionné. Mon avis là-dessus, c’est qu’ils devraient regarder plus en profondeur.

Aldon Baker se raconte – Partie 2 | DAILYMX

Pourquoi ce produit est-il banni ? Car apparemment ce produit est très dangereux à forte dose, apparemment il ralentit la circulation sanguine, donc quand ton cœur bat vite, ça peut devenir dangereux car tu peux faire une crise cardiaque. J’ai entendu que certains athlètes étaient morts lors d’une course à pied à cause de ça, et c’est pourquoi c’est sur cette liste.

Mais pour moi, ce produit est dangereux pour la santé, il n’est pas du tout bénéfique pour un athlète, il ne t’aide pas à gagner une course et c’est là que je trouve qu’il y a un problème. Ce produit n’a pas aidé Broc à rouler plus vite ou à faire quoi que ce soit mieux qu’un autre. Il faudrait quelqu’un qui se dise « Okay, il s’est fait prendre avec ça, c’est quoi ce produit ? Est-ce que ça l’a vraiment aidé ? Est-ce qu’il en a tiré un avantage ? »

James Stewart a été contrôlé positif à l’Aderall, c’est un médicament sous ordonnance. Tu sais très bien quand tu vas demander ton ordonnance que c’est une substance interdite. Si tu suis à la lettre les règles de la WADA, la supplémentation en vitamines aussi est interdite. Moi, je dis aux pilotes de ne pas manger de viande rouge à cause de toutes les hormones qu’ils mettent dedans et pas de produits laitiers pour la même raison. On en est arrivé là, est-ce que ça vaut le coup d’en manger et de risquer un contrôle positif ? Une simple trace d’un produit dont tu ne connais même pas la provenance qui peut venir détruire ta carrière, vraiment ?

Honnêtement, tu peux leur donner n’importe quel produit que tu veux, ça ne changera pas leur façon de piloter sur la piste. Maintenant je suis d’accord sur le fait qu’un produit qui améliore tes performances physiques ou ton activité cérébrale soit banni car ça, c’est tricher.

JASON ANDERSON TRANSITIONS INTO NEW TRAINING PROGRAM, NO LONGER WITH ALDON BAKER | Motocross Action Magazine

Dans le cas de Broc, j’aurais aimé voir un comité, un membre de chaque constructeur ou équipe par exemple, qui aurait pu voter pour décider eux-mêmes si oui ou non Broc a tiré le moindre bénéfice des traces du produit retrouvé dans son sang. Broc a dû attendre deux ans, on a besoin de la Wada, mais on en a besoin différemment. […]

Je me souviens quand j’ai commencé avec Ricky, vu que j’étais dans le cyclisme, les gens présumaient directement que Ricky était dopé. Dès qu’un mec réussi, il est dopé de toute façon. Les gens autour de nous voyaient bien le travail qu’on effectuait pourtant. Moi, j’ai quitté le cyclisme à cause du dopage. Il était évident que je n’allais pas réussir à aller beaucoup plus loin dans le VTT à cause de ça et ce sport ne représentait pas assez pour moi pour risquer ma vie en prenant des produits dopants, en plus, je n’y connaissais rien sur le sujet et d’autre part, il faut avoir un gros budget pour s’aventurer là-dedans d’après ce que j’ai compris.

Mais apparemment parce que tu fais ou as fait du vélo, tu es directement pointé comme un receleur de produits, un tricheur, parce qu’évidemment, personne ne peut faire tout ça juste en travaillant dur.

Dans les années 80, les cyclistes tombaient raides morts dans le peloton. Le vélo pour moi, ça n’a jamais été qu’une petite partie de ma vie, je savais que je n’allais pas prendre ma retraite de cycliste et les risques n’en valaient pas la peine. […]

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