Brian Moreau « Je ne vais pas me laisser abattre »

« C’est difficile, et parfois, je suis triste, mais c’est parce que tout ça, c’est triste. »

Des nouvelles de Brian Moreau en provenance de Sam Nicolini de RacerX.

Le 15 février dernier, Brian Moreau chutait lourdement sur un enchaînement lors des essais de l’ouverture du Supercross sur la côte Est, à Tampa. Deux mois plus tard, le jeune Français continue de se battre pour récupérer de sa blessure, touché à la vertèbre cervicale C7. S’il ne paye pas de mine du haut de ses 18 ans, c’est bien armé d’un mental de guerrier que Brian affronte son nouveau défi. « On ne sait jamais ce qu’il va arriver ».

Vers des jours meilleurs; courage Brian.

Brian Moreau

« Je suis de retour en France dans un centre de rééducation qui s’occupe des blessures de la colonne vertébrale, à Nantes. On s’ennuie pas mal à cause du virus, ils nous ont isolés. Je suis prêt à rentrer à la maison. […]

J’aimerais trouver un meilleur centre en France bientôt, mais je pense qu’une fois que le Coronavirus sera contrôlé, j’aimerais bien retourner aux USA. Je pense qu’il me faut de la rééducation intensive pour faire le plus de progrès possible, et je ne pense pas que faire ça soit possible en France. Je veux faire travailler mes jambes et ils me disent que je ne peux pas, je ne suis pas du même avis… […]

Mes jambes n’ont pas de prix, je veux faire tout ce qui est en mon pouvoir pour en retrouver l’usage. Je ne pensais pas que ma carrière prendrait cette tournure, que j’aurais ce genre de blessure à mon âge. J’essaye toujours d’être positif, mais quand tu ne vois pas de progrès, quand tu ne peux pas bosser autant que tu le voudrais, quand ils ne croient pas que tu sois en mesure d’en faire plus, quand tu es tout seul, sans personne, c’est dur, tu vois ? J’étais quelqu’un qui faisait beaucoup de choses, qui était content, qui rigolait, maintenant je ne peux pas faire grand-chose, je suis triste. […]

Je ne vais pas me laisser abattre. C’est difficile, et parfois, je suis triste, mais c’est parce que tout ça, c’est triste. Je sais que je peux tenir le coup et je suis prêt à fournir le travail nécessaire. J’ai juste besoin de trouver un endroit où ils me feront plus travailler que je ne travaille actuellement. […]

J’ai un visa [aux USA] jusqu’en octobre 2021 je crois. Pas moyen que je reste ici. J’étais bien aux USA. Je sais comment vous pensez, la hargne des Américains – vous êtes bien plus positifs que les Français. J’adore la mentalité aux USA. Dans ma situation, j’ai besoin de cette positivité ambiante, j’ai besoin de médecins qui me poussent au-delà de mes limites et qui me font travailler autant que possible. Ici, tous les jours, c’est la même chose « On ne sait pas ce qu’il va se passer ». Mais personne ne sait ! On ne sait jamais ce qu’il va arriver. Ils ne disent pas « Tu vas remarcher » ou, « Tu ne vas pas remarcher ». Ils ne me disent rien. Du soutien positif et quelqu’un pour me pousser, ça aide beaucoup, car mentalement, c’est déjà assez dur comme ça. (…)

Je me souviens de tout de l’accident, je n’ai pas perdu connaissance. Je faisais l’enchaînement double triple et j’ai glissé à l’appel d’un saut, je suis parti sur le côté et j’ai percuté un ballot de paille … Je me souviens de tout, de la façon dont ils m’ont évacué ; de la mauvaise façon. Quand je suis tombé, je ne sentais plus mes jambes et quand ils sont arrivés, je leur ai dit « Attendez, je ne peux pas bouger, je ne sens pas mes jambes, je suis paralysé ». Je l’ai dit plusieurs fois. J’étais tellement concentré sur le fait que je ne sentais plus rien que je n’ai pas remarqué qu’ils étaient en train de commettre une erreur. […]

À l’hôpital, ils m’ont emmené directement au bloc. J’ai passé une semaine en unité de soins intensifs. Je me souviens à peine de cette semaine, je n’avais aucune force. Une fois, j’ai réussi à prendre mon téléphone et j’ai vu des photos de mon évacuation du circuit et je me suis dit « là, on a un gros, gros problème ». Ça craint, ils ont vraiment fait n’importe quoi. […]

Au niveau des progrès, ça se passe bien. J’ai plus de sensation au niveau des jambes. Avant, je ne sentais rien en dessous des bras. Maintenant, je sens de plus en plus ma poitrine, mon estomac, mes côtes, mes fessiers. Les sensations dans les jambes reviennent par endroits, ce n’est pas toute la jambe mais certaines parties se réveillent, d’autres parties sont encore insensibles. Il est encore tôt, je veux continuer à travailler. […]

Vous pouvez toujours venir en aide à Brian Moreau via la page Road2Recovery dédiée au pilote Français.

Brian Moreau

 

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