MXGP & Europe

Jeremy Van Horebeek « Honda Europe n’a pas voulu nous aider »

Jeremy Van Horebeek réalise une ouverture de mondial incroyable en Argentine à Neuquen en montant sur la 3ème marche du podium.
Alors que plus personne ne croyait en lui, Josse Sallefranque et l’équipe SR Honda ont permis à Jeremy de rouler en mondial….
C’est l’histoire d’une petite équipe privée qui se place derrière les motos officielles Redbull KTM & Honda HRC lors du premier round…

Interview Audio réalisée par MXvice et traduite en Français, retrouvez l’original ci-dessous.

Il y a deux mois, tu ne pensais même pas t’aligner pour l’ouverture du mondial, ce doit être spécial de rouler devant aujourd’hui, de monter sur le podium, et de prouver que tu en es capable.

C’est un jour très spécial, c’est clair, je suis monté sur pas mal de podiums mais celui-là, sorti de nulle part, c’est un des plus importants.

Il y a deux semaines on ne savait pas quoi faire, après le Touquet on voulait venir mais on n’avait pas le budget pour. Josse Sallefranque, le team manager a passé des coups de fil aux sponsors, et on a trouvé le budget pour la saison entière.

Ma préparation n’était pas idéale, j’ai beaucoup roulé sur la moto pour le Touquet mais c’est différent. L’intensité, c’était le plus dur pour moi hier et aujourd’hui. (samedi et dimanche)

J’ai eu un peu de chance, il faut le dire, mais tout s’est bien goupillé. C’est un des plus beaux jours de ma vie, je suis super content.

Evidemment, la préparation pour une course de sable est bien différente. Est-ce que tu t’entraînais quand même en motocross sur des circuits plus traditionnels au cas ou l’occasion de rouler en mondial se présentait ?

Pas vraiment, la seule chose que j’ai faite pour le Touquet, c’était un peu de préparation physique.

Pour le Touquet, c’était surtout de l’endurance, on roulait  2 à 3 heures par jour, mais l’intensité était moindre. Le Touquet c’était plus facile que ce week-end, même si c’est plus long.

Après le Touquet, j’ai roulé quelques jours, puis on a du tout mettre en caisse pour l’envoyer en Argentine, on n’a même pas eu le temps de faire de testings.

On a une suspension usine grâce à KYB, mais ce n’est toujours pas encore au point.

Aujourd’hui, je n’étais pas totalement à l’aise et je devais faire attention.

Si on continue de travailler, on ne peut qu’aller de l’avant.

Est-ce que Honda t’aide ? tu as un moteur d’origine ?

J’ai un kit A, ce n’est pas exactement pareil qu’un kit usine mais c’est suffisant. On achète des pièces à Pro Circuit. Mon moteur n’a rien de spécial. Rien de bien fou.

Les équipes usines dépensent tellement d’argent dans les motos, ma moto ne doit même pas coûter la moitié du prix d’une moto usine… Et pourtant …. Qu’est-ce que tu veux que je te dise.

J’espère qu’on pourra continuer comme ça et faire une belle saison.

Avec des résultats comme ceux-là, tu comptes demander plus de soutien de Honda ? Est-ce un objectif, d’obtenir plus de soutien ?

Le problème c’est qu’on n’a que le soutien de Honda France, on a demandé à Honda Europe et ils n’ont pas voulu nous aider du tout. Ils avaient une offre pour moi pour rouler dans le championnat Anglais mais je n’étais pas intéressé, ce n’était pas ce que je voulais faire.

C’est étrange qu’ils n’aient pas voulu m’aider. Même après ce week-end, s’ils se mettent à m’aider, je resterais avec Josse et mon équipe parce que ce qu’ils ont fait pour moi, c’est est tellement cool … Ils me respectent.

Peut-être que ça va m’ouvrir des portes, on verra.

Tu as été dans des équipes usines, tu as bénéficié d’avantages, tu gagnais beaucoup d’argent. Maintenant tu es dans une équipe privée, est-ce que tu sacrifies beaucoup ?

Un peu. Mais le MX, c’est ma vie. Je ne cours pas après l’argent.

Il faut être respectueux des risques de l’on prend aussi.

Quand tu vois des mecs comme Paulin qui prennent beaucoup d’argent, ils ne sont pas beaucoup plus fort que moi, parfois ils seront plus rapides, parfois ils seront moins rapides. Je pense qu’on est du même niveau.

Je ne comprends pas comment ça fonctionne. Mais bon, c’est comme ça, je suis vraiment reconnaissant de l’aide que je reçois et remercie les personnes qui m’entourent.

Montrer à ceux qui t’ont laissé tomber, qui t’ont tourné le dos, que tu étais encore là, et que tu pouvais encore le faire, ça doit te motiver, te faire du bien.

Je suis motivé. Je fais juste mon boulot, c’est ce que j’aime. Bien sur que j’ai envie d’être devant les pilotes usines car je sais que je peux le faire.

Evidemment, certains vont commencer à se dire « On a fait une erreur ».

Mais ce qui compte, c’est de rester en bonne santé, de profiter du moment présent et de continuer à travailler.

Ça va être une saison difficile, ce n’est pas parce que ce week-end était super que ce sera la même histoire en Angleterre.

Tu peux connaître un mauvais jour, chuter …. Il faut rester les pieds sur terre, rester concentré et travailler.

Tu vas retourner en Europe, est-ce que tu as prévu de bosser sur la moto, sur ta technique, sur le physique ?

J’ai encore beaucoup de boulot à faire, mon endurance est au point, mais mon intensité n’est pas bonne.

On n’a pas bossé sur ça, normalement tu passes 3 semaines en Espagne ou en Italie à faire des manches de sprint pour te préparer.

Mais moi j’étais en France, à faire de l’endurance, de longues manches dans le sable à un rythme moins élevé.

C’est un point sur lequel je dois travailler. Ensuite il faudra bosser sur la moto. Tu ne peux pas préparer une moto parfaitement en deux semaines.

Même si je monte sur le podium aujourd’hui, j’ai eu des soucis avec les réglages, il va falloir continuer de bosser sur la moto.

Comparé aux pilotes usines avec ton moteur d’origine, est-ce que tu as manqué de puissance ?

La seule chose, c’est que ma 3ème vitesse n’est pas aussi bonne qu’elle devrait l’être. Les motos usines, en 3ème, elles proposent plus d’allonge. C’est la seule chose que je peux pointer du doigt.

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