Max Anstie « C’est difficile de me situer quand je roule à l’entraînement »

Max Anstie « C’est difficile de me situer quand je roule à l’entraînement »

Max Anstie n’est pas passé loin de la victoire de manche ce weekend à Loretta Lynn’s. Le pilote H.E.P Suzuki a signé le holeshot en seconde manche avant de mener 11 tours en tenant en respect Marvin Musquin et Zach Osborne. Malheureusement, Anstie ne pourra rien faire pour éviter un retardataire qui chute devant lui dans la portion de sable. Contraint de s’arrêter, Anstie voit le leadership lui glisser des doigts au profit de Zach Osborne avant de se faire surprendre par le retour de Marvin Musquin dans le dernier tour. Content de son podium, le pilote Anglais reste conscient que les conditions particulières lui convenaient ce weekend, malgré une première manche compliquée …

Max Anstie – en conférence de presse

« Je me suis éclaté, je ne savais pas à quoi m’attendre, même lors de la première épreuve à Loretta. Une nouvelle moto, une nouvelle équipe, je reviens de blessure et je ne savais pas comment j’allais me sentir en course. Tu peux faire des tours à l’entraînement, tu peux être précis, faire des gestes contrôlés, mais c’est différent en course. J’ai également testé en californie, à Glen Helen ou encore Pala, pour venir sur ce circuit qui était totalement différent. Evidemment, j’ai déjà rencontré des conditions similaires en Europe; je savais ce que je devais faire mais je n’avais jamais expérimenté ces conditions avec cette moto. Je voulais faire quelques pas en avant entre les deux épreuves. […]

Lors des essais, c’était déjà boueux, je savais quel ressenti je voulais avoir sur la moto, mais il n’était pas là, alors on a changé quelques trucs sur la moto. En première manche, je n’étais pas mauvais, j’étais 8ème ou 9ème, j’ai percuté l’arrière d’Adam Cianciarulo, je suis sorti du circuit et la moto s’est retournée, je perdais de l’essence … « Génial, ça ne va pas être ma meilleure manche ». J’ai relevé ma moto et je me suis dit que j’allais continuer d’attaquer de toute façon. Cette première manche était vraiment exigeante pour mon pied, on sortait la jambe partout, les pieds traînaient au sol, on devait pousser avec les pieds … Tout ça, c’était des choses que je n’avais pas faites depuis longtemps et que j’étais plutôt nerveux à l’idée de faire dans cette situation.

En seconde manche, j’ai signé le holeshot, la moto a bien fonctionné, j’ai pu trouver un rythme relativement bon, j’ai gardé mes lunettes, j’ai tenté de ne pas trop faire chauffer la moto, et tout allait plutôt bien. J’étais rapide dans les portions de sable, mais un retardataire a traversé la piste et a chuté juste devant moi et j’ai dû m’arrêter. C’est dommage car c’est là que j’ai perdu quelques secondes et que Zach m’a doublé et ensuite, vu que j’étais plus rapide dans le sable, j’avais décidé que ça allait être l’endroit pour tenter mon attaque sur Zach dans le dernier tour mais Marvin est sorti de nulle part et a totalement changé la donne, je ne savais pas qu’il était aussi proche. Marvin m’a bloqué, et je me suis dit « j’ai mené des tours pour l’équipe, c’est cool, je vais terminer 3eme ». Ce sera cool de rouler la semaine prochaine – espérons-le sur un terrain sec – pour voir ou j’en suis et où la moto en est dans ces conditions et on avisera à partir de là. […]

J’ai signé un holeshot, j’ai mené des tours, c’est un premier accomplissement. Je ne suis pas stupide pour autant, je sais que les conditions étaient différentes, difficiles, et que c’était plus adapté pour un style Européen. Je n’ai pas de problèmes avec la boue. Si on m’avait dit il y a deux semaines que j’allais finir troisième d’une manche dans la boue j’aurais été plutôt surpris, et plutôt content. C’est difficile pour moi de me situer quand je roule à l’entraînement à Glen Helen ou Pala, car je suis en train de faire du testing avec l’équipe car il faut rappeler que le team n’a jamais roulé sur l’outdoor auparavant. Si c’est sec la semaine prochaine, alors on va voir où on en est réellement. Je suis content de la position dans laquelle je suis pour l’instant. […]


Je ne suis pas aussi rapide que l’an dernier lors de mes derniers grands-prix quand j’ai gagné à Lommel, mais ça, ce n’est qu’à cause du physique, de mon pied. Ça fait 8 mois, et le médecin m’a dit que tout serait de retour à la normale à partir du 12ème mois. Aujourd’hui, c’était la pire journée pour mon pied, il fallait compenser partout car on perdait l’équilibre, en plus, je n’ai roulé que sur des circuits durs. Je ne suis pas encore à 100% mais ça va s’améliorer, on va améliorer la moto, l’idée c’est de continuer à s’améliorer chaque semaine. La saison est courte, plus on apprendra vite, mieux ce sera. Je suis content d’être présent devant, j’aurais pu arriver à la première épreuve et me rendre compte que je me battais en dehors du top 20.  […]

J’ai vécu en Belgique ces 4 ou 5 dernières années et c’est bien plus cool de vivre en Californie, je peux vous le garantir. Je veux être ici. J’ai eu de belles opportunités en grand prix, mais quand j’étais gamin, j’ai toujours été entraîné pour un jour venir rouler aux USA. J’ai débuté ma carrière ici en 2009 avec KTM avant de rouler pour Star Racing en 2010 à l’âge de 16 ans. J’ai eu l’opportunité de revenir ici cette année, et peu de personnes se voient offrir cette chance. Tout le monde me disait que j’étais trop vieux, « va rouler en 250, les pilotes 450 ne font pas ce genre de choses ». J’ai regardé quelles étaient mes options en Europe et je me suis dit que si je ne tentais pas ma chance aux USA je le regretterais. Je ne connaissais pas grand-chose à propos du team, je suis venu, j’ai testé la moto, malheureusement je me suis blessé avant la saison de Supercross – même si je préfère commencer ma saison avec l’outdoor de toute façon … Je veux rester aux USA, bien sûr, on est en train de travailler là-dessus. Je veux rouler en Supercross la saison prochaine, je veux voir où je vais me situer même si je sais que ce ne sera pas simple. Je préfère être ici qu’en Europe pour l’instant. […] »

Images: HEP Suzuki

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