Mitchell Oldenburg “Je savais que personne n’allait me signer”

“À ce moment-là, tout s’effondre autour de moi, je m’effondre en pleurs dans le cabinet du médecin car je venais de comprendre que c’était terminé pour moi, je savais que personne n’allait me signer pour 2020 si je loupais toute la saison d’outdoor.”

À la fin de la saison 2019, Mitchell Oldenburg s’est retrouvé sans guidon suite à deux saisons blanches.

Deux saisons, c’est le temps qu’aura été donné à Mitchell Oldenburg pour faire ses preuves chez Star Racing Yamaha, en vain. Souvent à terre et souvent blessé, le Texan n’aura pas fait mieux qu’une 14ème position lors de l’outdoor 250 cette saison après avoir subi une greffe de peau suite à une grave brûlure à la cuisse survenue à Las Vegas. Vu les résultats de Mitchell lors de son retour en compétition, pas de quoi affoler les stylos des équipes US à l’intersaison 2019/2020.

Foutu pour foutu, Mitchell s’est envolé pour l’Australie pour rouler sur le championnat national pour le compte de l’équipe Penrite Honda. Opération plus que fructueuse car ce dernier s’est imposé à plusieurs reprises et a finalement signé un contrat avec l’équipe Australienne pour rouler en championnat de Supercross US en 2020, sur la côte Ouest.

Mitchell revient sur sa saison 2019, son aventure en Australie, sa blessure et ses objectifs pour 2020 lors du dernier podcast de SwapMotoLive

Mitchell Oldenburg

“2019 a été une année difficile pour moi, mentalement, ce n’était pas ça. Beaucoup de choses que j’attendais avec impatience ne sont jamais arrivées, le guidon n’a pas été prolongé, j’ai fini par déprimer, je ne savais pas ce que j’allais faire, ce qui m’attendait, j’ai dû faire face à la réalité, je me suis dit que c’était peut-être la fin de ma carrière en Motocross.

Je parlais avec ma femme et mon entraîneur, Gareth Swanepoel, et on s’est dit qu’on pouvait tenter l’Australie, pour voir. On s’est dit que tant qu’à raccrocher, autant finir ma carrière à l’étranger. En Australie, on pouvait rouler, voyager, voir du pays, et on s’est dit qu’en rentrant, je trouverais un boulot pour la suite.

La dernière solution, c’était de bien rouler en Australie et de recevoir une offre pour rouler. Le but, c’était avant tout de prendre du plaisir. Je suis allé en Australie pour rouler, pour gagner, c’est certain, mais le but, c’était aussi de profiter.

En Australie, les organisateurs travaillent dur pour que le championnat de Supercross se rapproche au maximum de celui des USA. Beaucoup d’Australiens ne savent pas ce qu’est réellement un Supercross Américain car ils ne sont jamais allés aux USA et tout ce qu’ils connaissent, c’est ce qu’ils voient à la télévision.

C’était ma première année en Australie donc je ne sais pas trop comment se déroulait leur championnat avant ça. Ils étaient au top sur certains aspects, et pouvaient mieux faire sur d’autres. J’ai adoré mon expérience en Australie, je ne me suis pas mis trop de pression, c’était une bonne expérience pour moi.

Je me suis fait avoir aussi, il y avait des soirées au format triple crown, et ils ne nous ont pas dit que si on prenait une grille pour la première finale, on devait prendre la même pour les trois finales. Ils font des progrès, ça va dans la bonne direction et je pense que dans les prochaines années, le Supercross Australien va se rapprocher du Supercross Américain. 

Pour la première épreuve, la course se déroulait sur un circuit encore plus petit que ceux qu’on peut retrouver en Arenacross aux USA, je me suis demandé dans quoi je m’étais lancé …. On roulait en 21 secondes au tour, c’était dingue. On a fait 2 finales de 10 tours, donc une finale durait moins de 3 minutes. Tu ne peux pas faire grand-chose sur un circuit de 20 secondes si tu pars mal, si tu tombes … La seconde épreuve, on avait affaire avec un vrai terrain de supercross, un tour de 45 secondes, c’était totalement différent. Ce tracé était cool, fun, vraiment ressemblant aux circuits aux USA. […]

Pour Penrite Honda, le but était de pouvoir être présent aux USA en 2021. Finalement, les choses se sont déroulées bien plus vite que prévu pour Yarrive Konsky, le propriétaire de l’équipe. Luke Clout voulait venir aux USA mais au début, il ne devait faire que 2 ou 3 épreuves, et finalement, il fait les 6 premières. Tout s’est bien goupillé, les sponsors sont excités, les fans aussi, l’équipe aussi. On va essayer de bosser pour faire en sorte qu’une nouvelle équipe voit le jour aux USA avec Penrite Honda. J’ai hâte, un nouveau challenge. […]

Chez Star Yamaha, j’ai passé de bons moments. Ils ont pris soin de moi, c’était comme une famille pour moi, c’est comme ça que tu es censé te sentir dans une équipe. C’est juste dommage que je me sois blessé, j’ai galéré mentalement, j’ai eu de mauvais résultats, ça ne fonctionnait pas, mais au final, c’est de ma faute. Si je devais le refaire avec eux, je le referais, je n’ai que du bien à dire d’eux. […]


Concernant ma seconde blessure l’an dernier, c’était à Las Vegas … À Las Vegas, je me brûle avec le pot d’échappement. Je n’avais même pas mal, je me disais que ce n’était pas grand-chose et que je pourrais rouler assez vite.

Le lundi après Las Vegas, je vais voir le médecin pour vérifier que ma tête va bien, car j’avais aussi eu un traumatisme crânien. Ce médecin demande à voir ma brûlure car il avait vu la chute. Il me dit que ça a l’air d’aller, il me conseille de désinfecter, couvrir, et me dit que ça devrait guérir assez vite. Ça avait quand même une sale tronche, pire que ce à quoi je m’attendais. Je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir un spécialiste.

Je me suis entraîné pendant le reste de la semaine et le mardi suivant, j’ai été voir un spécialiste des brûlures. Le matin même, je faisais une sortie à vélo pour m’entraîner, faire du physique. Le docteur me dit que ça ne va pas guérir tout seul, qu’il faut faire très attention car si ça s’infecte, on pourrait bien devoir me couper la jambe, dans le pire des cas …  Mais j’étais encore loin d’en arriver là.


Hangtown, c’était une semaine plus tard, le docteur voulait essayer plusieurs options avant la greffe de peau, mais je n’avais pas le temps pour ça, et j’ai décidé de passer directement par la case greffe de peau pour être sûr de guérir vite et bien. Je me fais opérer le plus vite possible mais le médecin me prévient qu’il faudra probablement attendre 2 mois pour pouvoir refaire de la moto. À ce moment-là, tout s’effondre autour de moi, je m’effondre en pleurs dans le cabinet du médecin car je venais de comprendre que c’était terminé pour moi, je savais que personne n’allait me signer pour 2020 si je loupais toute la saison d’outdoor.

Ils me font la greffe de peau, et me disent de rester dans le lit jusqu’à ce que je commence à guérir car il ne fallait pas que la peau se déchire, la peau greffée est très fine, il faut faire attention. Ils ont pris la peau de ma cuisse pour me la greffer sur la hanche. J’avais un ventilateur qui soufflait H24 sur moi pour sécher la peau le plus vite possible.

Je devais rester sur le canapé, ne rien faire, alors qu’en réalité, je me devais de préparer Hangtown, j’avais fourni tout le travail pour rien car dans ces conditions, je ne pouvais même pas garder la forme physique. On avait fait 28 manches d’entraînement de 30 minutes avant Hangtown, et j’allais louper l’ouverture de l’outdoor. Je n’ai rien pu faire pendant 4 semaines, c’était dur à avaler. Une histoire stupide, je n’avais même pas mal, je pouvais toujours entrainement, mais il fallait que je prenne le temps de me soigner et de guérir. […]

Je pense que je peux encore gagner en 250, pour les premières épreuves de la saison, je vais viser un top 5. Je pense que je ne suis pas plus lent, moins préparé que l’an dernier, au contraire, donc je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas reprendre les choses là où je les ai laissées l’an dernier. J’ai été le pilote le plus rapide aux essais à Las Vegas l’an dernier donc je pense que je peux gagner.

J’ai confiance en moi, en la moto. Le but sera d’être dans le top 5 chaque semaine, de monter sur le podium, d’en gagner une, c’est le but, et je pense que c’est jouable.  Tout le monde se concentre sur Anaheim 1, pas besoin de faire des folies à Anaheim 1, il faut être là sur la distance.”

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