Romain Pape “Pas de regrets, j’ai tout donné”

Romain Pape “Pas de regrets, j’ai tout donné”

Second au championnat de France National 250 après l’épreuve de Quinssaines, Romain Pape n’avait que 2 points de déficit sur Hugo Roussaly à l’aube de l’épreuve finale d’Argenton-sur-Creuse ce weekend. Auteur de moins bons départs que ses adversaires principaux dans les deux manches, le pilote Kawasaki a tout donné pour tenter d’aller chercher son second titre sur le National 250, en vain. En forme, Hugo Roussaly s’est adjugé les deux manches alors que Germain Jamet est venu donner du fil a retordre au pilote breton tout le weekend. Romain Pape termine finalement troisième de cette édition 2020. Micro

Romain, aujourd’hui, ce n’était pas pour toi, tu t’es bien battu tout le weekend.

On savait que ça allait être chaud. Le matin, j’ai mal commencé, au premier essai, j’étais souvent par terre, je n’étais pas trop à l’aise. J’étais bien aux chronos, une bonne vitesse, j’étais vraiment bien.

Sur cette piste, on savait qu’il fallait partir devant car c’était compliqué de doubler. En première manche, je pars dans les 5 et j’ai vu Hugo en tête, Germain deuxième, je me suis dit qu’il allait falloir revenir. Je suis bien remonté, il y avait quelques traces pour doubler. Je remonte trois, je parviens à doubler Germain avec une bonne trace et je passe second. Hugo commençait à galérer un peu, je me suis dit que ça allait le faire mais je tombe tout seul dans un virage, petit déséquilibre. Peut-être que j’ai voulu en faire trop. C’est la course, je repars, je m’énerve un petit peu et je termine troisième. J’avais mal aux bras donc je me suis fait distancer.

Troisième, je savais qu’après ça, Hugo avait 7 points d’avance et c’était compromis pour la dernière vu comment il roulait. Je savais qu’il allait encore bien partir. Je voulais gagner la dernière mais une nouvelle fois, je pars 6 ou 7 et on retrouve les mêmes pilotes devant. C’était compliqué mais je n’ai rien lâché. Je savais qu’il fallait finir devant Germain pour faire vice-champion. J’ai réussi à revenir sur lui mais il roulait vraiment bien, il n’a pas fait une seule erreur, moi, j’étais à fond derrière, j’ai tout donné, mais je ne suis pas passé.

C’est comme ça, je refais 3ème. Troisième de la journée, troisième du championnat, on va dire que j’ai été battu.

Pas de regrets car j’ai tout donné, ce n’est pas comme si j’avais baissé les bras, j’étais à l’attaque jusqu’au dernier tour. J’aurais aimé mieux partir; en partant 2 ou 3 dans les manches j’aurais pu jouer la gagne mais les départs font partie de la course.

Qu’est-ce qu’il s’est passé lors des essais libres ? Je t’ai vu tomber, puis retomber dans des virages.

Je suis tombé au bout de la ligne droite de départ, je suis rentré à Mach20 dans l’ornière et il y avait un angle droit dans le virage, je me suis tanqué dedans. Pourtant, le tour d’avant, c’était niquel. Un demi-tour plus tard, je rentre dans un virage et mon frein avant se prend dans un fil de fer, je ne sais pas ce qu’il faisait là. Gros par-devant, deux cabanes en deux tours, je me dis que ça ne sent pas bon et que la journée commence plutôt mal (rires).

J’essaye toujours de faire un petit temps en fin de séance mais je n’avais plus de frein avant donc c’était mort. C’est pour ça que j’étais loin aux essais libres mais en vitesse pure je pense que j’étais le plus rapide ou dans les plus rapides. Mais ce n’est pas toujours le plus rapide qui gagne, Hugo a été le plus régulier, il est champion, et il le mérite.

Départs très importants ce weekend. Hugo et Germain partent devant toi dans les deux manches. Tu doubles Germain dans la première avant de tomber, dans la seconde, tu colles Germain toute la course sans trouver l’ouverture, il t’a manqué quoi ?

Une ligne de départ vraiment hersée, il fallait un peu de chevaux. Je trouvais que je sortais bien de la grille après je n’arrivais pas premier au bout. J’avais qu’à mieux sortir. À partir de là, c’était compliqué, le circuit était plutôt béton, il y avait une trace principale rapide. En deuxième manche, Germain avait les bonnes traces, j’étais derrière et dès que j’essayais de porter une attaque, dès que je changeais de ligne, je me prenais 10m dans la vue. J’ai tout fait pour passer car je savais que c’était pour être vice-champion. Il n’a pas fait d’erreurs, j’ai attaqué mais il était plus fort.

J’ai vu que tu avais un panneauteur ce weekend ? Ta sœur n’avait pas l’air trop stressée pour toi (rires)

La frangine était de la partie, c’est vraiment cool. On était là en famille et c’était sympa; j’aime bien quand elle est là car ça motive. J’aurai aimé gagner, je suis obligé de te dire que je suis un petit peu déçu quand même. Pas de regrets mais un peu déçu, je suis un gagnant, je suis là pour gagner, je fais 3, je suis dégoûté mais c’est comme ça.

Tu buvais une coupe avec Hugo pour fêter le championnat, pas d’animosité, sur le national, ça a l’air d’être une grande famille.

C’est clair. On travaille tous à côté de la moto, moi demain, je retourne en chantiers. Je suis à mon propre compte, je monte des aménagements intérieurs dans des porcheries.

Tu fais un boulot physique !

Disons que je bosse (rires). On aime trop ça la moto, alors, c’est rien le travail ! J’arrive à être en forme le weekend, je ne suis pas sur les rotules. Respect à Hugo, il a gagné les deux manches, ce n’est pas comme s’il avait eu de la chance, il est parti devant, il n’est pas tombé, il gagne.

2021, on remet ça, avec plus d’épreuves ?

C’est clair qu’avec le Covid cette saison était compliquée. Pour 2021, je repars avec Kawasaki, le but, c’est de gagner le titre national, de mettre une Kawasaki devant. Kawasaki a gagné en MX1, en Féminin, moi, je voulais gagner en 250. Je fais 3, je n’ai pas rempli le contrat mais j’espère que Kawasaki va continuer de me faire confiance et je repars avec l’objectif de devenir champion.

Il y a deux ans, j’avais gagné le titre sur le National 250. La saison dernière, j’avais décidé de me consacrer un petit peu plus à la moto, de ne faire que ça, de faire de l’Europe et j’avais fait des bonnes perf’ avec une belle 13ème place en Italie; j’étais content. Je m’étais blessé par la suite.


Cette année, comme je te disais, je suis à mon compte, je travaille, ça ne sert à rien de viser un top 5 à l’Elite quand tu as tout le monde qui ne fait que rouler. Je sais que je suis encore perfomant, j’ai de la technique, du physique, j’aimerais bien performer encore sur l’Elite même si je sais que c’est compliqué de le faire sur un championnat entier car il faut vraiment être dedans tout le temps, présent sur les circuits.

L’année prochaine, on va aller faire tout l’Elite, se faire plaisir, essayer d’aller chercher les bonnes performances et essayer de décrocher ce titre National 250; sur plus que deux épreuves j’espère.

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