Du haut de ses 28 ans et sur le point de devenir papa, Cameron McAdoo change son approche des compétitions en 2026. Blessé à de nombreuses reprises ces dernières années, l’officiel Kawasaki Pro Circuit se projette désormais sur le long terme et entend jouer la carte de la régularité. 22e à Anaheim 1 après un accrochage avec Haiden Deegan, le pilote Kawasaki a ensuite terminé deuxième à San Diego, quatrième à Anaheim 2 et troisième à Houston. Il revient sur sa quatrième épreuve de la saison.
Cameron, tu avais l’air particulièrement inspiré à Houston. On pourrait presque dire qu’on a senti une nouvelle motivation chez toi ce samedi !
Beaucoup de choses m’ont motivé ce week-end. La première, c’était d’avoir perdu la troisième place à Anaheim 1 à trois tours de l’arrivée. Clairement, je ne me suis pas reconnu. D’ailleurs, je n’ai pas le sentiment d’avoir été moi-même lors des trois premières épreuves de la saison. J’ai fait une bonne course à San Diego. J’ai terminé second, c’était un bon résultat, mais ce n’était toujours pas « moi ». On a travaillé sur certains points la semaine dernière. J’ai même fait venir Mitch [Payton] à l’entraînement. On a bossé sur certains enchaînements, sur certains détails. J’ai travaillé sur moi également.
Sur le plan personnel, ma sœur était en mission loin de nous pendant un moment, sur un porte-avions. J’ai reçu son message juste avant la dernière finale, elle me disait qu’elle venait tout juste de décoller. C’était vraiment cool pour moi. Il se passe pas mal de belles choses dans ma vie en ce moment, et je voulais vraiment faire une bonne soirée à Houston.
Tu dis souvent que tu es différent cette année. Tu n’es peut-être pas aussi rapide que par le passé, mais tu as été solide depuis le début de l’année. Tu es sur le point d’être papa. Il faut aller au bout des courses, faire rentrer de l’argent. C’est important pour toi, l’aspect régularité et tout ce qui va avec compte tenu des changements de vie qui t’attendent ?
Oui. Comme je l’ai souvent dit et répété, je suis vraiment reconnaissant de pouvoir subvenir aux besoins de ma famille grâce à mon sport. En grandissant, je n’aurais jamais imaginé pouvoir un jour devenir pilote professionnel. En être arrivé là aujourd’hui, à l’aube de ces changements dans ma vie avec ma femme, un enfant à venir, ça ouvre clairement d’autres perspectives.
Je n’ai jamais été aussi énervé qu’après l’épreuve d’Anaheim 1, à cause de ce qui est arrivé [Ndlr : son accrochage sur un enchaînement avec Haiden Deegan], parce que j’avais mis ma santé en danger sur cette action. Comme tout le monde le sait, j’ai connu une carrière mouvementée, avec beaucoup de blessures. Aujourd’hui, rester entier, c’est plus important que jamais. Ce que les gens me disaient avant — « attends de grandir, tu verras, tu feras les choses différemment » — ça prend tout son sens maintenant. Même quand je suis sur mon VTT aujourd’hui, je ne fais plus les mêmes choses qu’avant ! Pour la moto, être plus mature, je pense que ça m’aide. Ça m’aide à prendre de meilleures décisions.
Lors des premières épreuves, j’ai quand même été solide même si je ne roulais pas aussi bien qu’espéré. J’ai réussi à traduire un pilotage moyen en résultats plutôt corrects. Je suis un compétiteur, un joueur, un « gamer » comme j’aime le dire. À San Diego, j’ai signé le 10e temps des chronos et pas une seule fois je me suis dit que j’allais terminer 10e de la finale. J’ai pris le départ pour gagner. J’ai terminé second, mais je n’étais pas surpris du tout.Le week-end dernier, j’étais troisième jusqu’à deux tours de la fin. Je m’étais de nouveau qualifié avec le 9e ou le 10e temps. C’est pareil.
Durant la semaine, on a fait des changements sur la moto, changé certaines choses au niveau de mon pilotage. On est revenus à des réglages avec lesquels je suis plus à l’aise. À Houston, j’ai senti que je revenais à mon vrai niveau. Je ne suis pas encore là où je veux être, mais je m’en rapproche.

On peut en savoir plus sur ces fameux changements ? Est-ce que tu as aussi modifié des choses entre les manches, pendant la soirée à Houston ?
Pour la soirée, juste quelques clics sur les suspensions. Mais on a fait de gros changements sur l’arrière de la moto pendant la semaine.
Pendant l’intersaison, j’étais parti dans une certaine direction en pensant que c’était la bonne. À l’entraînement, tout fonctionnait super bien et je me sentais bien. Je pensais être dans une bonne situation, mais en réalité, ce n’était pas le cas. Je pensais aussi être plus affûté physiquement que je ne l’étais vraiment en arrivant à la première épreuve.
Même si j’ai fait une préparation très courte, j’ai probablement eu un peu trop confiance en mes capacités et en mon rythme réel lors des premières épreuves. On a donc effectué quelques changements sur la boucle arrière pour revenir sur une base que je connaissais bien, et ça a fonctionné pour moi.
Le plus gros point faible à Houston, c’est que j’ai raté certains enchaînements. C’était vraiment crucial de ne pas faire ces erreurs. J’en ai loupé plusieurs en seconde manche, et en finale aussi. Il faut que je sois meilleur que ça. C’est pourquoi je dis que je ne me sens toujours pas à mon meilleur niveau, mais on a clairement fait un pas dans la bonne direction. Je suis plus fier de cette troisième place à Houston que je ne l’étais de ma seconde place à San Diego.
Tu as parlé de tes blessures, des hauts et des bas, du fait d’avoir Mitch à tes côtés, de l’aspect familial. Quand tout se goupille bien et que tu montes sur le podium comme ce soir, ça te fait quoi ?
Ça fait du bien. C’était cool d’être sur le podium avec Levi. Je suis resté fidèle à Pro Circuit, et ils me sont restés fidèles en retour malgré tout. On forme une belle équipe, et j’ai énormément de respect pour eux et pour ce que Mitch a construit. C’est vraiment spécial de pouvoir être à ce niveau dans notre sport.
C’est toujours bon d’être sur le podium. J’aurais aimé être sur une plus haute marche, mais c’est comme ça. Je veux pouvoir me battre avec Haiden pour la victoire, mais je suis content de mon pilotage. Je me rapproche du niveau qui me permettra d’être en mesure de le faire prochainement. Lors des premières courses, je savais que j’en étais loin, et je faisais surtout de mon mieux pour gérer la situation sur l’instant T.
On se rapproche de l’objectif. C’est top de pouvoir mettre deux Kawasaki sur le podium à Houston, surtout que l’équipe a connu un début de saison franchement compliqué. Les premiers rounds ont été chaotiques. Ce soir, on a fait le job, c’est top. Mais on en veut encore plus.










