À moins de s’appeler Herlings ou Gajser, difficile de se faire une place dans l’actualité ces derniers temps. Mais cela n’empêche pas certains garçons de préparer leur montée en mondial MXGP, comme Oriol Oliver. Le pilote espagnol avait débuté la saison 2025 avec BTS Racing avant de prendre la porte après trois GP, faute de moyens. Il sera repêché par Gabriel SS24 KTM, alors team officiel EMX250 de KTM. Prolongé au sein de la structure managée par Shaun Simpson pour 2026 — année de sa montée en MXGP — Oriol Oliver a été la petite surprise de l’ouverture de l’International d’Italie à Alghero, en montant sur le podium de la journée aux côtés de Lucas Coenen et Tim Gajser. Micro avec Andy McKinstry.
Oriol, quel début de saison pour toi à Alghero, avec un podium aux côtés de Lucas et Tim ! Raconte !
J’ai fait une très bonne journée à Alghero. C’était la première course de l’intersaison, et je vais en faire deux cette année. Commencer la saison de cette manière, c’est vraiment positif. On sent que tout le travail effectué pendant l’hiver porte ses fruits, et surtout avec la 450cc, les sensations sont très bonnes. Je pense que je peux vraiment bien figurer en catégorie 450 cette année.
Lors des chronos, je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé, mais je n’ai pas réussi à faire un tour propre et je n’étais que 12ᵉ, assez loin du premier. Mais dans les manches, j’ai pris de très bons départs. C’était vraiment essentiel sur cette piste, et j’avais un bon rythme. J’ai eu mal aux bras en première manche, mais je pense que beaucoup d’autres pilotes ont rencontré le même problème, vu que c’était la première course de la saison. J’ai terminé troisième, et c’était vraiment bien. En deuxième manche, j’ai encore pris un bon départ, mais on m’a doublé. J’ai dû remonter plus de pilotes que dans la première manche, puis certains sont tombés, et j’ai réussi à finir quatrième. Les sensations étaient bonnes, le pilotage était au point.
Je termine troisième du général avec le même nombre de points que Tim Gajser. Je suis vraiment très content, et c’est encore plus spécial de le faire avec le numéro 8, qui a une grande signification pour moi. Je suis content de commencer la saison de cette manière-là.
Tu rouleras en MXGP cette année avec le team Gabriel SS24 KTM. Qu’est-ce que ça fait de savoir que ton guidon est assuré pour 2026 ? Ce n’est jamais chose facile…
Oui. Vraiment, ce n’est pas simple de trouver une équipe pour rouler en championnat du monde. Je suis très reconnaissant de l’opportunité que le team Gabriel SS24 KTM me donne. Je vais donner mon maximum et essayer de faire une bonne saison en tant que rookie de la catégorie MXGP. Monter en catégorie reine, c’est quelque chose de très spécial, surtout quand on a grandi en regardant rouler tous les grands noms du sport contre lesquels je vais maintenant me battre. J’ai vraiment hâte de commencer la saison.
Comment te sens-tu sur la 450 ?
Vraiment bien. Lors des premières journées sur la moto, j’ai vraiment aimé la puissance et la manière dont la 450cc se pilote : plus en douceur, avec des rapports plus longs. C’est fun de sentir que tu vas plus vite partout simplement parce que la moto est plus puissante. Après plusieurs années en championnat du monde MX2, j’avais déjà une bonne base. On va encore faire évoluer les suspensions au fur et à mesure des courses d’intersaison.
Tu es plutôt petit de gabarit. On a envisagé la 350 ?
Non, jamais. Plus il y a de puissance, mieux c’est. J’ai déjà essayé la 350cc et j’ai même disputé quelques courses de l’ADAC, en Allemagne, par le passé. J’aimais bien, mais en MXGP, ce serait encore plus difficile de se battre avec les meilleurs sur une 350cc. La 450cc demande d’adapter un peu son style de pilotage, mais avec ma façon de rouler, je pense que ça me correspond bien.

Qu’est-ce que tu penses de la règle d’éligibilité sur le mondial MX2 ? Sans cette règle, tu serais resté en 250 ?
Quand j’ai bouclé la saison dernière, j’étais un peu triste de voir que mon aventure en championnat du monde MX2 s’arrêtait. Mais une fois que j’ai changé d’état d’esprit et commencé la préparation avec la 450cc, ça m’a fait du bien. Le changement est … stimulant. En MX2, je sentais parfois qu’on manquait de puissance, et c’était un problème par rapport aux motos d’usine. En MXGP, j’ai l’impression que la différence se fera moins sur la puissance pure et davantage sur les réglages de chaque pilote, si je ne me trompe pas. Mais ce serait bien de modifier la règle de l’âge en MX2 et de nous permettre, au moins, de rouler dans la catégorie un an de plus.
Est-ce qu’il y a un domaine dans lequel tu sens que tu vas devoir progresser pour ta montée en MXGP ?
Il va falloir que je devienne plus fort physiquement, et de manière générale. Passer beaucoup d’heures sur la moto pendant l’intersaison, ça va vraiment m’aider, tout comme passer un peu plus de temps à la salle de sport !
Quels sont les objectifs que tu t’es fixés pour ta première saison en 450cc ?
Je veux apprendre le plus possible. Mon objectif est de viser le top 10. Le plateau sera très relevé cette année, donc on prendra les courses les unes après les autres et on essaiera de progresser là où c’est nécessaire. De manière générale, ce serait déjà super de pouvoir me battre dans le groupe de tête. J’ai une bonne équipe derrière moi et on bosse dur. On va aussi bénéficier d’un certain soutien de l’usine, avec un excellent groupe de personnes. Shaun (Simpson) est un bon team manager, avec de l’expérience dans cette catégorie, donc ça rend le projet encore plus intéressant.
L’an dernier, Gabriel SS24 KTM t’a offert une opportunité alors que tu n’avais plus rien. Là, tu vas partir sur le mondial MXGP avec eux. Tu dois vraiment être reconnaissant de ce que le team a fait pour toi…
Bien sûr. J’ai pu rebondir l’an dernier, dans un moment très compliqué où je n’avais plus d’équipe, et aujourd’hui je peux continuer avec eux pour relever le défi de la catégorie MXGP. Je suis vraiment très reconnaissant de cette opportunité offerte par Simon, Shaun et KTM.
Tu participeras aussi de nouveau au championnat britannique. Quel regard portes-tu sur ce dernier ?
Oui, j’ai vraiment hâte. C’est un très bon championnat, avec une belle diversité de terrains, un format sur une journée et de bons pilotes. J’ai envie d’y faire une bonne saison également, et ce sera aussi un excellent entraînement en vue des courses du mondial MXGP.









