Thibault Benistant effectuait ce dimanche à Pernes-les-Fontaines sa première sortie de la saison sous ses nouvelles couleurs, celles du team Honda SR Motoblouz. Champion d’Europe 125 et 250, vainqueur de Grands Prix en MX2, le pilote français s’apprête à franchir un cap en 2026 en montant en catégorie reine, au guidon d’une toute nouvelle machine : la Honda.
Dans des conditions rendues délicates par la météo, Thibault a signé une prestation solide tout au long de la journée à Pernes, concluant l’épreuve à la quatrième place, dans le sillage de Renaux, Febvre et Jonass. De bon augure pour la suite.
« Je fais trois manches régulières. Ce n’était pas facile avec la météo », nous explique-t-il. « J’ai pris de bons départs, mis à part le dernier où je me suis un peu loupé et où j’ai eu un petit souci avec le bloc fourche. Mais dans l’ensemble, ce n’était pas trop mal. La vitesse est plus ou moins là. Il va quand même falloir que j’améliore mes séances chrono. Celle-là, je ne l’ai pas bien gérée et je n’ai pas été très à l’aise. Après, sur l’ensemble des manches, ce n’était pas trop mal dans la globalité. »

Interrogé sur l’objectif réel de ces courses d’intersaison, Thibault se montre pragmatique. Plus que le résultat brut, il aborde ces rendez-vous comme des tests grandeur nature, utiles pour jauger le travail effectué durant l’hiver et affiner les derniers réglages avant d’entrer dans le vif du sujet : le mondial MXGP.
« Déjà, on vient pour voir les départs », explique le pilote Honda SR Motoblouz. « On vient aussi pour se comparer aux autres, voir si on a travaillé dans le bon sens sur les motos. On veut voir si on part bien, s’il faut retravailler les départs, si c’est un sujet plus ou moins acquis et qu’on a juste à l’entretenir. C’est plus comme ça. Dans un week-end comme celui-ci, on n’apprend pas forcément beaucoup de choses. On a appris un peu, on prend ce qu’il y a à prendre. »
En 2026, fini le statut de pilote d’usine pour Thibault Benistant, un rôle qu’il avait endossé chez Yamaha durant ses saisons en championnat du monde MX2. Désormais coéquipier de Kevin Horgmo au sein du team Honda SR Motoblouz, le Français sait, pour l’avoir vécu, que l’étiquette « factory » n’est pas systématiquement synonyme de performance, ni de réussite.
« Des fois, on se rend compte que du team Factory au team non-Factory, la différence n’est pas spécialement énorme », analyse Thibault, après une année 2025 à lutter avec un manque de puissance sur la 250 YZ-F. « Ça doit dépendre de chaque team, bien sûr, ce n’est pas une généralité. Mais l’an dernier, on a eu du mal avec les motos, et ce n’est pas parce qu’on était un team factory qu’on a réussi à trouver une solution aux problèmes. Là, avec la Honda, on a une moto qui, de base, est déjà plutôt compétitive, et on arrive à s’aligner face aux pilotes Factory. On voit par exemple Kevin [Horgmo] qui part deux fois devant ce week-end. Il n’y a pas spécialement besoin du statut de pilote Factory pour être performant. »

Concernant son intersaison, Thibault Benistant n’évoque pas de changement radical, et mise plutôt sur la continuité. De nouveau sous la coupe d’Yves Demaria, le pilote français a tablé sur la stabilité, tout en s’attachant à effectuer une transition réussie sur la 450 C-RF.
« En soi, la préparation n’a pas réellement changé », admet-il. « Je m’entraînais avec Yves l’année dernière, et on a repris plus ou moins le même entraînement, juste avec une moto différente. On a attaqué sur une moto standard, et petit à petit, on a rajouté les pièces pour trouver le bon compromis, et ça s’est franchement bien passé. Je me sens bien sur la moto. Je me suis bien senti dessus dès le début sur la 450. »
À l’aube de la saison 2026, Thibault Benistant n’est pas sous le feu des projecteurs. Les montées de Kay de Wolf et Andrea Adamo — champions du monde MX2 2023 et 2024 — ainsi que les nombreux transferts d’intersaison, notamment ceux de Jeffrey Herlings et Tim Gajser, captent l’essentiel de l’attention. Une relative discrétion qui n’est pas pour déplaire au pilote français, bien au contraire.
« Est-ce que ça me dérange ? Non. J’aime bien être dans l’ombre, travailler dans l’oubli des gens, c’est mieux pour moi. On se dit qu’on peut les surprendre, qu’ils vont peut-être se dire « putain, on n’y croyait pas » ou « on l’a oublié ». J’aime bien être dans cette position. »
En cinq saisons sur le mondial MX2, Thibault Benistant n’a jamais pu mener une campagne complète et sait que la régularité sera l’un des facteurs déterminants pour réussir sa transition en 2026.
« Il faudra prendre de bons départs, et rouler libéré. Là, il faut juste continuer à rouler, à passer des heures sur la moto. L’objectif sera de finir la saison. Si on part bien et qu’on roule libéré, je pense que les résultats ne seront pas mauvais. »
Thibault Benistant sera présent à Sommières le 22 février prochain pour effectuer une seconde course de préparation.










