Ces dernières années, le Brésil s’est peu à peu invité dans l’actualité européenne, en accueillant sur ses championnats nationaux quelques pilotes venus du vieux continent. Stephen Rubini, Grégory Aranda, Jeremy Van Horebeek, et plus récemment Glenn Coldenhoff, ont tous eu des opportunités de faire le déplacement pour s’aligner sur les championnats nationaux, apportant un souffle international et offrant aux Brésiliens la possibilité de se mesurer à des pilotes d’expérience. De quoi offrir de nouvelles perspectives, tant exotiques que lucratives, pour ceux qui étaient prêts à saisir ces opportunités.
Cette saison, c’est au tour du Brésil de renvoyer l’ascenseur avec une pépite venue de ses rangs : Bernardo Tiburcio. Champion du Brésil en MX2, le jeune Brésilien a fait un choix audacieux : délaisser Honda, puis quitter son pays natal pour tenter sa chance sur le championnat d’Europe 250 au sein de la nouvelle structure Yamaha 115 M78 dirigée par l’ancien pilote de GP Carlos Campano. Une décision à contre-courant de la tendance actuelle, mais qui reflète sa volonté de progresser dans un environnement plus exigeant et compétitif.
Bernardo Tiburcio n’arrive pas en terrain inconnu : l’an dernier, il avait déjà fait parler de lui en épaulant Fabio Santos et Enzo Lopes au Motocross des Nations d’Ironman. Le trio brésilien avait alors offert à son pays le meilleur résultat de l’équipe, terminant 12ᵉ au classement par équipes et devançant des nations comme l’Estonie, l’Afrique du Sud ou encore l’Allemagne. Une première démonstration que Bernardo Tiburcio n’était pas seulement un espoir, mais un garçon ayant les épaules pour se faire une place sur la scène internationale.

Le Brésilien a pris ses marques en Europe dès l’intersaison, participant aux deux premières épreuves du championnat national espagnol; il terminera quatrième à Catalayud – face notamment aux frères Reisulis – puis troisième à Malpartida. À Almonte, pour sa première épreuve en championnat d’Europe 250 — et en même temps que son homologue Enzo Lopes en MXGP — Bernardo Tiburcio a immédiatement attiré l’attention. Parti en fond de top 15 dans le premier débat, le Brésilien est remonté jusqu’à la cinquième place avant de subir une lourde chute qui le relèguera en 31ème position. Touché mais pas coulé, il ne tardera pas à se rattraper : dans la seconde manche, le Brésilien signera une superbe troisième place, derrière le duo Garcia – Faure, confirmant qu’il faudra compter sur lui cette année.
Ce week-end, et dans la boue piégeuse de Frauenfeld, Bernardo Tiburcio a une nouvelle fois répondu présent. Malgré des envols encore timides — aux alentours de la 10e place — le pilote Yamaha 115 M78 a su remonter à chaque fois pour signer un beau 5-4 en manches. Une prestation solide… qui le voit terminer à un tout petit point du podium, dont la troisième marche reviendra à l’Australien Jake Cannon. Un week-end qui vient confirmer le potentiel du garçon, qui compte déjà trois top 5 lors des quatre premières manches de la saison. Sans son abandon à Almonte, Bernardo serait d’ailleurs bien plus proche de la plaque rouge que ces 46 points de retard ne le laissent penser.
Depuis la création du championnat d’Europe 250, aucun Brésilien n’avait encore inscrit son nom au classement… jusqu’à l’arrivée de Bernardo Tiburcio. Et l’intéressé n’a clairement pas traversé l’Atlantique pour faire de la figuration. Après seulement deux épreuves, il pointe déjà troisième du championnat, derrière Francisco Garcia et Jake Cannon. Alors que les deux pilotes Bud Racing Kawasaki étaient donnés favoris cette saison, Bernardo Tiburcio s’impose comme la belle surprise du début de saison, devançant même les officiels Yamaha du team VHR, Mano Faure et Jarne Bervoets, au classement provisoire.
Bernardo Tiburcio est désormais un garçon à suivre, et un profil à découvrir.








