Douze Daytona, onze podiums dont huit victoires. Eli Tomac défie encore la chronique à Daytona ce samedi en s’adjugeant un nouveau succès sur le mythique speedway. Après y avoir gagné sur Kawasaki et Yamaha, Eli fait triompher KTM — qui ne comptait jusqu’alors qu’un seul succès sur l’épreuve, celui de Ryan Dungey en 2015, depuis la création de la course en 1974 — et reprend 3 points à Hunter Lawrence dans la course au titre. Une victoire de plus, une dent en moins. Micro.
Eli, félicitations pour cette nouvelle victoire à Daytona. Tu t’es senti comment aujourd’hui, et durant la finale ?
J’ai vu que tout se goupillait bien pour moi une fois que la soirée a commencé. J’étais bien lors des essais, mais pas franchement à mon meilleur niveau — ça passait. C’est en manche qualificative que j’ai senti que j’étais vraiment en forme et que j’allais pouvoir me battre pour la victoire en finale. J’étais donc dans une super position. Les traces en sortie de grille étaient vraiment, vraiment mauvaises. Ce sont probablement les pires que j’aie jamais vues. C’était vraiment l’aspect le plus technique de la finale. J’ai fait un départ moyen, j’ai dû faire quelques dépassements pour passer en tête, mais le bon côté de Daytona, c’est qu’il y a toujours des opportunités pour doubler, des portions pour reprendre du temps, essayer différentes trajectoires et recouper. Le sable était vraiment chaud, et les doubles trajectoires offraient aussi des opportunités de tenter des choses et de faire des dépassements. Et puis, nous y voilà : huit victoires à Daytona désormais !
Huit victoires en douze départs, avec trois constructeurs différents. Tu dis beaucoup de bien de ton team et de la moto. Comment c’était ce soir, avec la KTM à Daytona, par rapport aux autres motos sur lesquelles tu as déjà roulé ici ?
Elle réagissait vraiment super bien dans le sable. Je sentais que la moto était stable dans le sable et que je pouvais l’exploiter comme je le voulais. J’avais remis le pneu sable, forcément, mais la moto était vraiment stable, et j’avais un feeling très différent par rapport aux autres motos que j’ai déjà pilotées ici auparavant.

On sait qu’il est encore trop tôt pour prendre une décision, mais quand on voit les fans crier « une année de plus » devant le podium, on se demande comment tu te sens à l’idée de continuer après 2026.
Je ne fais pas de commentaire à ce sujet pour le moment. L’horloge tourne, et le temps passe. Je roule toujours bien, c’est sûr. Mais je ne sais pas encore, je ne suis pas encore fixé. C’est encore un peu tôt pour parler de ça.
Après le saut d’arrivée, il y avait un wall jump et tu faisais triple-double en atterrissant quasiment dans le virage suivant, avant les whoops. Tu semblais gagner du temps sur Hunter et Ken grâce à ça. C’était difficile de faire cet enchaînement à chaque tour ?
En fait, j’ai changé ma trajectoire après les essais parce que, plus tôt dans la journée, je ne faisais pas ce fameux triple-double avant les whoops. J’ai vu un pilote 250 le faire pendant une manche qualificative, et je me suis dit : « Wow, il a vraiment gagné du temps en faisant ça. » C’est à ce moment-là que j’ai décidé de changer mon approche et de prendre cet enchaînement. Les autres ne le passaient pas de la même façon, et moi ça m’a permis de garder pas mal de vitesse et surtout d’améliorer mes passages dans les whoops. J’étais un peu à la ramasse dans les whoops lors des essais, et ça se voyait sur les vidéos. J’étais content que cette trajectoire me permette de mieux dribbler les whoops pendant la finale. Ça me permettait vraiment d’entrer dedans avec plus de vitesse.
Ça te fait quoi d’en être à huit victoires à Daytona, et d’être comparé à Richard Petty (pilote de NASCAR) qui a aussi beaucoup gagné ici ?
Je me considère vraiment chanceux d’avoir pu gagner huit fois ici. Huit victoires à Daytona, c’est dur à croire. Pour une raison ou une autre, ce tracé me va vraiment comme un gant, il correspond parfaitement à mon style de pilotage. C’est sûrement dû à la texture de la piste, un peu plus sablonneuse, qui ressemble à ce dans quoi j’ai roulé en grandissant. Je peux ouvrir en grand et défoncer les appuis ! Huit victoires, c’est top. Richard, il en a combien ? Sept ? Alors c’est cool de pouvoir le battre ! Mais apparemment, la huitième victoire débouche sur un cassage de dent. Je me suis explosé une dent en soulevant le trophée, une dent de devant. J’ai l’air d’un bon gars de la campagne maintenant, donc j’essaye de ne pas trop sourire !








