Une victoire en heat et une deuxième place en finale : le début de saison 2026 de Ken Roczen rappelle étrangement celui de 2025. Dans son élément à Anaheim 1 ce samedi, l’officiel HEP Suzuki a de nouveau répondu présent dans l’enceinte de l’Angel Stadium pour le premier round du championnat SX US. Auteur du meilleur chrono lors de la finale, l’Allemand confirme une fois de plus qu’il fait partie des pilotes à battre cette saison. Micro.
Ken, une bonne soirée pour toi à Anaheim 1. Une victoire en heat, une seconde place en finale. Quel est le bilan ?
Avec Eli, on est restés assez proches pendant toute la finale, les 20 minutes plus un tour. L’écart oscillait un peu d’une seconde ici et là. Je reprenais un peu de temps, puis il augmentait l’écart. Ça a été comme ça tout du long. C’était un peu frustrant parce qu’à chaque fois que je me rapprochais, j’espérais pouvoir m’accrocher à son rythme et continuer à aller de l’avant, mais ça n’a pas été le cas.
La piste était difficile. Il y avait beaucoup de compressions molles à cause de la pluie. Pourtant, dans l’ensemble, c’était assez béton, avec beaucoup de cailloux. Il fallait être patient. Le trois sur table était vraiment gros, et dans le virage d’après, la terre en haut de l’appui était de pire en pire au fil des tours, et on avait du mal à bien sortir. Il fallait être patient, tout en restant rapide. Chaque petit détail pouvait faire la différence. Je me suis loupé à quelques reprises, mais je me suis un peu rapproché d’Eli en toute fin de manche. Pas de victoire pour moi, mais je suis très heureux de débuter la saison avec un podium à Anaheim 1. Repartir du premier round sur le podium, peu importe la marche, c’est une belle façon de commencer la saison.
C’est probablement l’une des meilleures versions qu’on ait vues de toi depuis un bail. C’était comment de réussir à te remettre dedans après l’incident entre Justin et Malcolm ?
Honnêtement, j’ai vraiment confiance en ma moto. Je sais qu’elle marche parfaitement pour moi, et je pense que le fait de ne pas avoir fait le moindre changement dessus pendant des mois m’a beaucoup aidé. Il peut toujours se passer un truc, tu peux te faire surprendre, tomber, mais je connais ma moto par cœur et je peux vraiment me concentrer sur la course en elle-même. Quand la grille s’abaisse, j’essaie simplement de me battre pour la victoire.
J’étais un peu déçu de voir le drapeau rouge, je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé entre Malcolm et Justin, mais ça n’avait pas l’air beau du tout. C’est toujours un sentiment étrange de revenir sur la grille et de se remettre dedans après ce genre d’incident, mais c’est important de parvenir à mettre tout ça de côté. J’étais aussi un peu frustré, car j’étais super bien parti lors de ce départ, j’avais fait une bonne première ligne droite et j’étais vraiment content de ma position dans le premier tour, mais le drapeau rouge a été sorti. C’est comme ça, et finalement, ça s’est bien passé pour moi par la suite.
Dans les cinq dernières minutes, on voyait bien que tu n’as rien lâché. Est-ce que c’est finalement ce qu’il faudra retenir de cette épreuve ?
C’est sûr. Je ne voulais pas lâcher avant le drapeau à damier. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Il y a les retardataires, tu peux faire une erreur, etc. En un claquement de doigts, tu peux être en mesure de porter une attaque. Donc j’ai attaqué, jusqu’au bout. Le plus difficile, c’était qu’on ne pouvait pas trop attaquer, justement. Tu pouvais facilement dépasser les limites, glisser, perdre de la traction et, de là, tu perdais beaucoup de temps et l’écart était encore plus important. La traction n’était pas assez bonne pour pouvoir vraiment attaquer comme je l’aurais voulu. Il fallait choisir quelle bataille mener. Mais d’un autre côté, il reste 16 épreuves… Je ne voulais pas gâcher ce podium, et j’ai choisi d’être intelligent.
Un truc en particulier qui est toujours difficile pour nous, ce sont ces portions de sable. Tu te dis que tu peux passer à fond, mais tu tombes toujours sur une partie plus dure et tu finis par faire une erreur ou sortir de la piste. C’est le genre de détail qui peut décider une course. Tu peux passer parfaitement un tour, faire la même chose le tour d’après et te retrouver en dehors de la piste, comme ça a été le cas pour moi lors des essais.
Pendant la finale, est-ce que tu sentais qu’il y avait des endroits où tu étais plus rapide qu’Eli, et inversement ?
Franchement, j’ai eu du mal dans les whoops. Je les prenais à gauche, à droite, au milieu… Là où je passais le plus, le deuxième whoops était vraiment défoncé et le troisième était quasi inexistant. Je me suis fait surprendre plusieurs fois. Vers la fin de la finale, je suis revenu du côté droit dans les whoops et, de là, je sentais que je me rapprochais un peu d’Eli parce que j’arrivais à bien prendre le triple suivant. Je l’avais loupé pendant plusieurs tours, tout simplement parce que je passais mal dans les whoops et je n’avais pas la vitesse pour le sauter. C’est probablement là que j’ai perdu le plus de temps sur Eli pendant la finale. Je voyais bien qu’il parvenait à le faire à chaque tour, et qu’il creusait l’écart à cet endroit. Il faudrait que je regarde la course pour vraiment pouvoir me prononcer.
Certains virages semblaient vraiment vous poser des problèmes, notamment celui après le triple où Justin et Malcolm se sont accrochés. C’était dû à quoi ?
Franchement, tous les virages étaient bizarres. Les ornières étaient ridicules. Si tu les prenais bien, tu t’en sortais bien, mais si tu rentrais dedans trop fort, tu pouvais perdre l’avant ou l’arrière. Certains appels étaient également vicieux. Tu n’avais pas vraiment de belle ornière sur laquelle tu pouvais vraiment compter. Il fallait vraiment rester vigilant du début à la fin.
Tu as roulé sur le WSX durant l’intersaison, ta moto est probablement déjà au point. Est-ce que tu as fait des changements majeurs ces derniers temps ?
Honnêtement, je n’ai pas touché un seul réglage sur ma moto depuis – à vue d’œil – Daytona l’an dernier. Je n’ai pas fait de testing, j’ai un peu peur de tout gâcher. Je connais très bien ma Suzuki. On a envisagé de tester certaines choses, mais j’ai toujours dit non parce que j’ai roulé sur toutes les surfaces, je connais ma moto, et elle me convient très bien comme ça. Bien sûr, il y aurait des choses qui pourraient être améliorées ici et là, peut-être, mais j’ai un peu peur de régresser sur certains aspects en essayant de gagner sur d’autres. Et je pense que je montre que la moto est largement assez bonne pour être sur le podium.
En 2026, Eli Tomac et Ken Roczen se battent toujours pour les victoires. C’est dingue !
On est de la vieille école. C’est la puissance des mecs vintage ! [rires] Je ne sais pas trop quoi dire… ça montre juste qu’on s’amuse toujours autant et qu’on est encore en forme. Tant que ce sera le cas, alors on sera là.
