Face à la domination d’Haiden Deegan, les chances de titre de Levi Kitchen se sont déjà envolés et pour cause : l’officiel Pro Circuit est tombé au départ lors des trois premières finales de la saison, enregistrant notamment un abandon à Anaheim 2. Deuxième à Houston, il décroche son premier podium de l’année et s’offre une bouffée d’oxygène, malgré qu’il accuse un retard conséquent de 37 points sur la plaque rouge. Micro.
Levi, un premier podium cette saison. Ta vitesse n’est pas à remettre en cause, mais tu as connu un début de saison plutôt… compliqué. Tu as changé ta façon de travailler avant Houston, ou c’est plus un déclic mental qui t’a permis d’aller chercher ce résultat ?
Honnêtement, je n’ai pas vraiment mis l’accent sur quoi que ce soit en particulier, ni changé quoi que ce soit à ma façon de travailler. J’ai fait quelques tests au niveau des départs ; on a surtout bossé pour régler les problèmes que j’avais avec mon kit départ, parce qu’il restait bloqué en bas. On a avancé, mais il faut encore qu’on bosse dessus : il s’est de nouveau bloqué lors des départs ce week-end.
Je ne sais pas trop… Je n’ai rien changé dans mon entraînement. Je savais qu’à un moment donné, il allait bien falloir que j’arrive à prendre le premier virage en restant sur mes roues. C’était une bonne chose d’enfin y arriver et de faire quelques bonnes manches. Le rythme devant est clairement de plus en plus relevé au fur et à mesure que la saison avance, c’est l’impression que j’ai. J’ai encore beaucoup de boulot, mais c’est un bon point de départ.
Qu’est-ce qui a été fait pour régler le problème de kit départ ? Il a été relevé ? La fourche était trop comprimée ?
Peut-être. Je l’ai remonté un peu plus haut sur la fourche avant la dernière manche, mais je n’ai pas fait une très bonne sortie de grille. La limite est vraiment fine. Trop haut, et la roue avant lève en sortie de grille. Je ne sais pas exactement ce qui pose problème de ce côté-là. Au début, je me suis dit que c’était peut-être parce que je roulais avec une fourche très dure, mais en réalité je ne suis pas le pilote qui roule avec la fourche la plus ferme de l’équipe. Du coup, je ne sais pas. Il faudrait peut-être que j’apprenne à le désenclencher moi-même dans le premier virage, en arrivant au bout de la ligne droite. On va continuer à chercher.
Vu qu’il y avait trois manches, et donc trois départs à prendre, ce week-end, tu t’es dû dire que ça allait être chaud, non ?
Oui et non. Je me suis plutôt dit que j’avais trois opportunités de régler ces problèmes une bonne fois pour toutes. Et puis, globalement, j’ai fait une bonne soirée. C’était ma première course à Houston, j’ai bien aimé la piste et la texture était vraiment bonne. Il y a eu de bonnes courses, de belles passe-d’armes. C’est cool.

Dans la deuxième manche, on a eu ce qu’on attendait depuis le début de saison. Tu étais rapide, tu avais Haiden derrière toi. Tu en retiens quoi, malgré qu’il t’ait battu ?
Il y a beaucoup de positif à retenir pour moi de cette soirée. Lors de la deuxième finale, j’étais un peu rouillé mentalement en étant devant. Ça faisait vraiment longtemps que je ne m’étais pas retrouvé en tête d’une course. Du coup, tu as tendance à oublier cette sensation, et il y a la nervosité qui prend le dessus.
J’ai bien roulé pendant les six premiers tours. L’écart était stable. Mais dès que je suis arrivé sur les pilotes retardataires, j’ai commencé à faire des erreurs. J’ai loupé pas mal d’enchaînements, et c’est là où Haiden a été très fort pendant toute la soirée. Il était vraiment rapide dans les enchaînements, et il ne faisait pas d’erreurs dedans. Je dois progresser là-dessus. Le positif ce soir, c’est que j’ai réussi à passer le premier virage trois fois, et le résultat est plutôt correct.
On t’a vu parler à Ken avant la dernière finale, tu lui as dit quoi ? Également, comment tu te défends contre un pilote comme Haiden, sachant que si tu lui laisses une ouverture, il risque de te serrer dans les ballots de paille ?
Concernant la discussion avec Kenny, je lui ai juste souhaité bon courage pour sa manche, à Chase aussi d’ailleurs, à mes potes, quoi. Je leur ai aussi parlé de quelques portions un peu piégeuses, parce que je veux qu’ils restent entiers. Je leur ai donné deux ou trois conseils et principalement souhaité bonne chance pour leur course.
Pour Haiden, je sais très bien qu’il va venir au contact s’il en a l’occasion. Je vais faire exactement la même chose avec lui. Je ne sais pas exactement comment m’y préparer ou comment aborder ce type de scénario. J’ai besoin d’acquérir plus d’expérience dans ce genre de situation. Mais c’est fun, j’aime ce type de pilotage. Même avec Cameron, dans la dernière manche, on s’est bien battus. J’aime quand il y a de l’agressivité en piste, et je m’attends à ce qu’on soit agressifs avec moi en retour.
Tu as tenté de plonger à l’intérieur d’Haiden dans le premier tour après la ligne d’arrivée lors de la dernière finale. Tu en retiens quoi ?
Ouais, j’ai voulu plonger à l’intérieur pour le pousser au maximum. Je pensais que j’avais réussi, mais il a recoupé très rapidement, et c’est lui qui a fini par me serrer contre les ballots de paille. Je ne sais pas vraiment ce que j’aurais pu faire différemment. C’est compliqué, car sur la piste, tu n’as pas des yeux derrière la tête pour voir ce qu’il se passe. Mais plus je serai confronté à ce genre de situations, plus je m’améliorerai, et ce sera probablement pareil pour Haiden.
Tu as l’air d’être de nature très calme. C’est difficile de faire abstraction de tout le bruit autour de toi, du trash talk, et compagnie ?
Franchement, non. Au début de ma carrière, je ne jouais même pas les avant-postes de toute façon, donc je n’y étais pas vraiment confronté. Puis après, je me suis tout simplement habitué au trash talk. J’ai connu une carrière compliquée jusqu’à présent. Une bonne carrière, mais avec beaucoup de hauts et de bas, contrairement à d’autres pilotes contre qui je roule, qui ont eu des parcours un peu plus simples. Quand je rentre chez moi, je n’écoute pas vraiment ce que les gens disent, sauf si ce sont mes amis, la famille ou des personnes qui comptent pour moi. Je vis ma vie et j’essaie de profiter des bonnes choses en dehors des courses, honnêtement.










