Mathis Valin a ouvert sa saison 2026 à Pernes-les-Fontaines ce dimanche, face à une poignée de cadors du mondial MXGP. Une première mise en jambe pour l’officiel Kawasaki, qui a affiché une belle vitesse de pointe sur une piste difficile. Contraint à l’abandon en seconde manche, le résultat final ne reflète pas la forme du pilote français. Mais la première pierre de la saison 2026 est posée, et les objectifs sont clairement affichés : le titre. Micro.
Mathis, journée mitigée, conditions compliquées, un abandon en seconde manche. Je te vois boîter, il s’est passé quoi ?
Pas grand-chose, j’ai juste pris une béquille. Ça fait un peu mal aux muscles, mais rien de très grave. C’est vrai que j’ai connu une seconde manche un peu compliquée. Déjà, c’est dur de bien partir avec un 250 parmi les 450, et encore plus avec la boue qu’on a eue. Au premier virage, Tonus a freiné de peur qu’un mec de devant ne tombe. Je n’ai rien pu faire. Je me le suis pris et je suis tombé. Ça commençait bien… Après, j’ai eu quelques problèmes avec les lunettes. Il y avait beaucoup de cailloux, et j’ai cassé le film du roll-off. Ensuite, je suis tombé une deuxième fois et je me suis fait la fameuse béquille… De là, je me suis dit que ça ne servait à rien de continuer. C’est une course de préparation, on n’a rien à jouer. Je voulais juste me préparer pour la dernière manche.
Il y a quand même un gros point positif ce week-end : un gros chrono face aux 450.
Oui, c’est sûr. Ce matin, je me sentais vraiment à l’aise, quand la piste était encore à peu près sèche, on va dire. J’avais vraiment une bonne vitesse. Ça, c’est bien un point positif, c’était super. J’aurais aimé que la piste reste comme ça dans l’après-midi. On aurait pu voir ce qu’on était en mesure de faire. Mais bon, on va sûrement devoir disputer des courses dans la boue cette année. Donc, il faut aussi s’entraîner dans ces conditions-là.

Vous faites des courses de préparation pour vous préparer. Concrètement, c’est quoi ce qu’on recherche: un feeling, des données, des réponses ? C’est quoi le but de ces courses d’intersaison, sans enjeu ?
Oui, c’est ça. Il n’y a pas d’enjeu. On vient là surtout pour se préparer. On a fait un break de 3-4 mois sans course durant l’hiver, donc déjà c’est pour se remettre en jambe petit à petit ; c’est le premier point.
Ensuite, on vient faire des courses de préparation pour voir où on en est au niveau des départs, voir ce qui marche, ce qui ne marche pas, si on a évolué ou pas du tout. Malheureusement, il n’y avait pas de grille de départ en métal ce week-end.
Après, on vient aussi surtout pour voir tout ce qui est suspension en condition de course. C’est toujours différent par rapport à l’entraînement. Et puis, on vient prendre un peu de data avec la moto, pour voir ce qui va, ce qui ne va pas, pour tester les nouvelles pièces qu’on a changées, qui vont ou qui ne vont pas, etc.
Du coup, le debrief à chaud ce soir, qu’est-ce qu’il faudrait changer sur la KF-X ?
Je ne le dirais pas, forcément [rires].
Il fallait bien que tente ! Tu as fait ta première saison en MX2 l’an dernier, avec un point final aux Nations. Une longue saison, et tu t’apprêtes à réattaquer. Ça doit te changer de tes années Europe. Est-ce qu’on a changé sa façon d’aborder l’intersaison, est-ce qu’on a fait un plus gros break, des ajustements ?
Non, on va dire que l’intersaison, le break en lui-même, est à peu près le même qu’avant. Ce sont juste les dates qui changent un peu chaque année.
Niveau préparation, j’avais déjà fait pas mal de changements à ce niveau-là l’an dernier. J’ai fait la même préparation que l’an dernier, à peu près, on va dire. Disons que ça se rejoint. Bien sûr, c’est quand même plus intensif parce qu’on a fait beaucoup plus de roulage sur la moto de manière générale.

Tu as dû tirer des enseignements de cette saison 2025. On a mis le doigt sur un point à travailler en particulier ?
Oui, j’ai appris beaucoup de choses en 2025. On a mis le doigt sur un point, et c’est surtout d’essayer de faire de bons départs, de partir devant, parce que c’est ce qui compte le plus en MX2. Après, je dirais que j’ai un peu appris de toutes les conneries que j’ai pu faire : la précipitation, où essayer de ne pas tomber. On a bossé sur pas mal de trucs, et on essaye aussi de venir voir si ça a payé sur ce type de course d’intersaison.
En général, on est son plus gros critique. Quel aurait été ton plus gros point faible en 2025, avec le recul ?
Je dirais que c’était le début de saison, avec toutes ces chutes. Je pense que c’est ce qui a un peu impacté toute mon année 2025 : mes chutes. Je me suis blessé d’entrée de jeu, et ça m’a pas mal refroidi. Après ça, j’ai quand même eu du mal à revenir. Donc je dirais que c’est surtout dû au problème de la précipitation.
La KX-F, elle a beaucoup évolué par rapport à l’an dernier ?
Évidemment, chaque année, on essaye d’aller dans la bonne direction avec la moto. Même si ce n’est pas super simple. On a évolué sur pas mal de points, mais il y a encore des choses à revoir, comme toujours. Comme je le dis souvent, ce n’est jamais parfait, que ce soit moi ou la moto : rien n’est parfait, il y a toujours matière à améliorer. Mais l’important, c’est d’essayer de s’en rapprocher.
Tu restes le seul pilote en MX2 chez Kawasaki depuis le retour du programme officiel dans la catégorie l’an dernier. Ne pas avoir de teammate pour partager, aider dans le testing et la mise au point – comme peuvent par exemple le faire Pauls et Romain – c’est quelque chose qui te complique la tâche ?
Non, honnêtement, ça va. J’arrive quand même à assez bien régler la moto, je trouve. On a trouvé pas mal de petits trucs cet hiver. En fait, c’est même quelque chose que je trouve plutôt bien d’être le seul pilote 250 de l’équipe. Au moins, je sais que tout le budget et les ressources sont mis dans la moto. S’il y avait un autre pilote, ce serait peut-être un peu différent. Avec Kawasaki, on essaye de concurrencer un maximum les autres motos, ce qui n’est pas simple parce que ça fait longtemps qu’ils sont sur le marché. Et nous, ça ne fait vraiment pas longtemps. Pour Kawasaki, ce n’est pas facile mais au moins, ils y mettent les moyens ! Après, il faut qu’on se sorte les doigts !
Deuxième année en MX2 en 2026. On ne parle plus de saison d’apprentissage. C’est plus de pression parce qu’il y a plus d’attentes, ou au contraire c’est moins de pression parce que tu as désormais l’expérience du championnat et de la catégorie ?
Non, ce n’est pas plus de pression. Je me dis que j’aurai plus d’expérience, et que ça devrait bien se passer. Après, on va disputer une saison sur 20 Grands Prix. C’est un vrai marathon. Déjà, il ne faudra pas se blesser, rester entier, rester sur ses roues. Et puis de là, on verra.
Quels sont les objectifs pour la saison 2026 ?
Les objectifs ? C’est d’être champion du monde, très concrètement.









