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Matt Moss « J’ai eu l’impression d’être de retour en championnat AMA »

Bientôt sept ans que Matt Moss n’avait plus roulé en Supercross.  Dix ans plus tôt, le pilote Australien terminait 6ème du championnat SX US 250 sur la côte Ouest en présence d’Eli Tomac, Dean Wilson, Marvin Musquin, Jason Anderson & Cole Seely après avoir ramené le tout premier podium de l’Australie au Motocross des nations avec Chad Reed & Brett Metcalfe. On avait depuis déjà pas mal d’années perdu la trace de Matt Moss, mais ce dernier a fait son retour en piste à l’occasion du mondial de Supercross à Cardiff, avec l’équipe Bud Racing Kawasaki. Dixième à Cardiff (3-DNF-11), l’Australien s’est prêté au jeu de l’interview. Micro

Matt, ça fait un bail qu’on ne t’a pas vu. Est-ce que tu te souviens de la dernière fois que tu as roulé hors Australie ?

Oh, ça doit être quelque chose comme 2015, ou peut-être bien 2014, en France. Il doit bien y avoir 7 ans.

On te retrouve sur le World Supercross avec une équipe Francaise, Bud Racing. Comment est-ce que c’est arrivé ?

Tout a commencé avec un message sur Instagram. J’ai vu que l’équipe était sélectionnée pour le World Supercross et je leur ai envoyé un message sur Instagram en leur disant que j’étais à la recherche d’une opportunité pour rouler sur le championnat. Evidemment, je voulais rouler en 450 car je pense être un meilleur pilote 450 que 250 mais la 250 était la seule option pour moi donc, me voilà !

Tu connaissais l’équipe Bud Racing Kawasaki avant ça ?

Oui, j’ai rencontré Stéphane à Paris puis ensuite à Dortmund à l’époque. Je l’ai rencontré quelques fois et j’ai vu qu’il avait monté un bon programme au fil des ans et j’avais espoir de peut-être pouvoir intégrer le team et ça s’est fait. C’est sur que c’était un test mais pour l’instant, tout se passe bien.

À l’époque, tu as roulé sur le Supercross US, tu roules également en Australie. Quand tu es rentré dans le stadium de Cardiff et que tu as vu la piste, tu t’es dit quoi ?

Que c’était un terrain de classe mondiale. Même nous en Australie on ne roule pas sur des terrains comme ça; j’ai eu l’impression d’être de retour en championnat AMA. Les gars qui mettent en place ce World Supercross ont fait un job incroyable. Toute l’organisation est vraiment professionnelle, avec tous les teams, avec le tracé proposé. J’ai vraiment hâte de disputer tout ce championnat. Pour nous, les pilotes un peu plus âgés, c’est une belle opportunité car si l’on veut continuer à rouler, le Supercross est la meilleure option car c’est quand même moins exigeant physiquement.

Quand tu as entendu parler de ce championnat, qu’est-ce qui t’a fait te dire « je veux le faire » ?

Le Supercross, j’aime vraiment ça et je suis meilleur en Supercross même si je n’ai plus roulé en Supercross depuis 6 ans et demi … ça commence à faire mais je m’y remets à cette occasion ! Je ne sais pas trop quoi espérer en terme de résultats, mais j’aimerais bien viser le top 5 final. Je pense que quand je serais un peu moins rouillé ça ira mieux et je pense qu’on sera en mesure d’aller prétendre à la victoire.

Avant de signer avec Bud, tu roulais en 450 YZF et il me semble que tu as un contrat pour faire le SX Australien en 450 également. Jongler entre deux cylindrées et deux marques, ça ne te pose pas trop de problèmes ?

En fait, l’équipe Bud Racing & Kawasaki Europe sont super avec moi, mais Kawasaki Australie m’a mis sur liste noire. Ils ne veulent pas entendre parler de moi. Je ne pense même pas que ça vienne de Kawasaki directement, c’est plus personnel, c’est un gars qui s’appelle Bob Walker qui ne peut pas me sentir, je ne sais pas trop pourquoi. Du coup, je ne vais pas faire la promotion – en Australie – d’une marque qui ne veut pas me soutenir ou promouvoir le sport. Je vais donc retourner sur Yamaha après le World Supercross. J’apprécie vraiment l’équipe pour qui je roule, c’est notre structure, j’aime cet esprit de famille sur les épreuves. Après ce World SX, on va se préparer pour rouler en 450 en Australie car on aura des gars de la trempe de Luke Clout, Dean Wilson, Justin Brayton & Co qui vont rouler avec nous, et je pourrais me mesurer avec eux en 450 car ici je suis en 250. J’ai hâte.

Désormais, l’Australie va avoir le droit à son épreuve de mondial de Supercross, c’est important pour les pilotes Australiens ?

C’est énorme. En plus, ce sera la finale et j’ai quand même une fanbase en Australie même si les Chad Reed et les Ken Roczen resteront les favoris. J’ai des fans loyaux et j’ai vraiment hâte d’y être car je pourrais être avec mon fils, ma femme. Comme je l’ai dit plus tôt, je n’ai pas roulé en SX en Australie pendant 6 ans et demi alors j’ai vraiment hâte. Le World SX passera à Melbourne et il y a quelques années, ils ont organisé l’AUSX Open là-bas, c’était vraiment sympa mais je pense que cette épreuve du mondial de Supercross va surpasser tout ce qu’on a jamais eu l’occasion de voir en Australie. De ce que je sais, ils planifient déjà de retourner à Melbourne pour une épreuve l’an prochain et pour nous, c’est vraiment quelque chose d’énorme.

Du coup, à quoi ressemblait ta vie ces dernières années ?

C’était … différent. Mais c’était vraiment une bénédiction du ciel. J’ai appris ce que c’était que d’avoir un job normal de 9h à 17h pour subvenir aux besoins de ma famille sans avoir ces rentrées d’argent en provenance du Motocross ou du Supercross. C’était un ajustement un peu difficile. L’an prochain sera probablement ma dernière année, qui sait, mais je veux vraiment décrocher des résultats en Supercross, ceux que je sais être en mesure de décrocher et ensuite on raccrochera les bottes.

As-tu des plans pour la saison 2023 ?

Non, pas du tout. Je voudrais rouler sur le Mondial de Supercross en 450 l’an prochain mais s’il le faut, je roulerais de nouveau en 250. J’ai vraiment envie d’essayer de dégoter un guidon en 450, de me donner à fond et de me préparer comme il le faut. Evidemment, c’est difficile pour moi en Australie à cause de cette histoire avec Kawasaki; ça jouera probablement un rôle important en 2023.

On va retourner 11 ans dans le passé. Avec Reed et Metcalfe, tu avais décroché le premier podium de l’Australie au Motocross des nations, en 2011. Cette année, l’Australie a signé son second podium aux nations. Tu te souviens de cette épreuve ?

Chad et Brett ont incroyablement bien roulé. De souvenir, je crois que j’ai terminé 12ème de ma première manche et quand je me suis aligné pour la seconde manche, ma moto a rendu l’âme et je n’ai pas pu rouler. On a dû supprimer mon résultat donc avec le recul, on aurait peut-être pu monter sur une plus haute marche du podium mais avec les frères Lawrence et Mitch Evans, je pense qu’ils vont rapidement balayer notre performance, je pense qu’ils sont plutôt bien partis pour aller chercher une médaille d’or ou d’argent prochainement. Partager ce podium aux nations avec Chad Reed et Brett Metcalfe, c’était l’un des moments les plus forts de ma carrière et être en mesure de dire qu’on est les premiers à avoir pu décrocher un podium et une médaille aux nations pour l’Australie, c’est plutôt cool.

Et 11 ans plus tard, Chad est toujours dans le paddock, et toi aussi !

C’est drôle. J’ai discuté avec Chad Aujourd’hui et c’est dingue à quel point nos vies sont différentes maintenant. On a des enfants, on ne pense plus seulement à rouler mais aussi à la famille et tout ce qui va avec, c’est cool de le voir de retour en piste.

Ces dernières années, on a vu une vague de pilotes Australiens débarquer un peu partout, sur les GP, aux USA. Le sport semble prendre de l’ampleur en Australie, et les pilotes Australiens décrochent de plus en plus d’opportunité pour rouler hors de leurs frontières.

Oui et en réalité, je pense même que le Covid a aidé notre sport en Australie. Tout le monde s’est acheté une moto car c’était la seule chose qu’il était encore possible de faire. Les gens sont resté enfermés pendant presque 2 ans et quand ils ont pu sortir, ils ont voulu explorer et en ce moment, le Motocross prend de l’ampleur en Australie. On a de très bons – jeunes – pilotes qui s’y sont mis car ils ont vu Mitch Evans, les frères Lawrence – et Chad Reed avant eux – parvenir à réussir à l’étranger et désormais, les Australiens se disent que c’est possible, qu’eux aussi peuvent y arriver. C’est un autre aspect de cette progression. On a eu Chad, et beaucoup de pilotes qui ont voulu être comme Chad, comme Metty et moi, ou d’autres mecs même si on n’a jamais réussi à arriver au même niveau que lui. Là, on voit les frères Lawrence débarquer et ils sont aussi bons que Chad à l’époque, si ce n’est meilleur ? Difficile à dire. Ils sont encore très jeunes et Jett est juste un monstre; les jeunes en Australie voient ça et se disent que c’est une voie qu’ils veulent suivre. « S’ils peuvent le faire, on peut le faire » et je pense que les frères Lawrence ne seront pas les derniers à réussir en dehors de nos frontières même s’il va falloir être patient avant de voir un autre Hunter ou un autre Jett mais on ne sait jamais. On pensait que personne ne réussirait aussi bien que Chad, et voilà que Jett & Hunter débarquent.

Matt Moss « J’ai eu l’impression d’être de retour en championnat AMA »
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