Pour la troisième année de suite, Romain Pape se prépare à traverser l’Atlantique pour effectuer un nouveau mandat sur le sol Américain en participant à l’outdoor 450. Même championnat, même ambitions, mais quelques changements à noter en 2025. Romain délaisse GasGas pour Yamaha cette saison. Il bénéficiera aussi d’un soutien de la famille Verhaeghe, et participera à ses premiers Grand Prix en guise de préparation pour le championnat MX US. On ne l’avait plus croisé depuis le Supercross de Paris. Dis, Romain, quoi de neuf depuis ?
« Après Paris, j’ai bossé un peu et je suis parti en vacances à La Réunion. J’ai été invité pour faire une course sur place, donc j’en ai profité pour rester un peu. » nous explique Romain. « Je suis rentré pour les fêtes, j’ai bossé un peu et je suis parti faire une course au Sénégal; une Endurance sur la plage, comme un mini-Touquet. On m’avait dit que j’allais avoir une moto neuve, et sur place, j’ai récupéré un tréteau [rires]. J’ai explosé le moteur dès la première manche. C’était quand même bien cool. J’ai bossé en rentrant, puis j’ai récupéré ma moto fin janvier, grâce au team VHR. Je suis descendu en Espagne une semaine avant Lacapelle Marival, j’ai fait l’ouverture de l’Elite et je suis resté une semaine supplémentaire en Espagne avec les gars du team, Janis Reisulis et Tom Brunet. »
Pilote Kawasaki en France pendant de nombreuses années, Romain avait fait la transition chez GasGas pour l’outdoor 450 dès 2023. Après deux saisons, il opère un nouveau changement à l’intersaison, pour évoluer sur une 450 YZ-F; une transition facilitée par la famille Verhaeghe. « Le passage sur Yamaha s’est fait assez naturellement. Scotty Verhaeghe était aux US l’an dernier, et on a passé pas mal de temps ensemble. Scotty s’entraînait aussi avec Yannig [Kervella], on est devenus potes, et on s’entraînait vraiment bien ensemble. J’ai du coup aussi passé un peu de temps avec Bruno [Verhaeghe] et là aussi, ça a bien matché. Bruno avait récupéré la gestion du team officiel Yamaha EMX250. Scotty a commencé à rouler avec des Yamaha, et c’était aussi une occasion pour moi de passer sur Yamaha, du coup. Cette année, on va encore être aux US en même temps. Bruno, je pense que ça lui faisait plaisir de me filer un petit coup de main, il voyait que je me démerdais tout seul. En fait, on n’en a jamais vraiment parlé. Ça s’est fait naturellement. Bruno m’avait dit qu’il m’aiderait s’il le pouvait, et il l’a fait. Merci à lui. »
Ce nouveau soutien ne signifie pas une prise en charge totale du programme de Romain, qui continue à travailler pour financer sa nouvelle saison sur le sol Américain. « En soi, ça ne change pas non plus drastiquement les choses parce qu’on va devoir payer nos motos aux US. Il y a le team VHR Yamaha, mais Scotty et moi, on n’a rien à voir avec le team officiel. On est soutenu – en France – par Moindrot Sport Loisir. Aux US, on va payer nos motos. Bruno va me fournir un soutien matériel, avec du soutien dit « annexe » aux USA. Le gros avantage d’être avec Scotty, c’est qu’on va à l’entraînement ensemble, au sport ensemble. C’est plus facile de s’organiser et on se pousse aussi un petit peu au cul. »
En 2023 comme en 2024, Romain Pape avait reçu un coup de pouce de Ted Parks via la structure TPJ Racing, structure visant à aider les pilotes privés à se rendre sur les épreuves, tout en s’occupant de certains aspects logistiques. Ted Parks a cessé son activité au terme de la saison 2024, et la structure TPJ a été rachetée par The Privateer Support Program. Romain, lui, ne rempilera pas avec cette dernière; il sera épaulé par la structure Stan Benson Racing. « La structure qui me filait un coup de main – TPJ – a été rachetée. Nous, on va faire la saison 2025 avec Stan Benson, le team où évolue Harri Kullas. Pour nous, c’est un peu la même chose. Ça va coûter un peu moins cher, mais il n’y a plus de contrat avec Fly, on va devoir payer notre essence, se préparer notre bouffe sur les courses, etc. Scotty avait plus ou moins sa place réservée au sein du team puisqu’il était déjà chez eux l’an dernier. Ils ne voyaient pas d’inconvénients à me filer un coup de main aussi, alors ça s’est fait comme ça. »
Côté préparation, l’adaptation à la 450 YZ-F s’est faite sans pépin pour Romain, qui reconnaît toutefois avoir manqué de condition physique lors de sa première apparition en piste sur la Yamaha à l’occasion de l’ouverture du championnat de France Elite; Romain termine 13ème à Lacapelle Marival. « Je n’ai pas vraiment eu besoin de temps d’adaptation sur la moto. Je me suis directement bien senti sur la 450 YZ-F. Après, disons que je suis allé à Lacapelle parce que j’étais dans le sud, et qu’il faisait beau [rires]. Je n’étais pas particulièrement prêt. J’ai montré une bonne vitesse, j’ai fait un bon temps lors des chronos mais pendant les manches, je n’avais rien dans le sac. Je n’étais pas du tout préparé et physiquement, j’étais cuit. »
Bonne nouvelle, et pour joindre l’utile à l’agréable, Romain a décidé de participer à ses premiers Grands Prix afin de préparer sa saison d’outdoor 2025. Au programme, le GP d’Europe de Saint-Jean-d’Angély et le GP de Suisse à Frauenfeld. « J’ai vraiment repris la moto début février et là; on va commencer à s’entraîner un petit peu plus, même si je n’ai pas forcément le temps avec le boulot. En plus, je me suis lancé un défi cette année: je vais faire le Grand Prix d’Europe à Saint-Jean-d’Angély dans 15 jours, je me suis chauffé. J’ai aussi prévu de faire le GP de Suisse, le 20 avril. En gros, ça va me servir de préparation, ça va me faire prendre quelques départs, faire quelques courses. Les GP vont m’aider à reprendre du rythme avant de partir pour les US; c’est cool. »
Premiers GP, oui, mais sans pression ni attentes particulières pour Romain qui garde en tête son objectif principal: l’outdoor US. « Certes, je suis un compétiteur, mais je ne me prends pas la tête. Je sais comment le sport fonctionne, comment mon corps fonctionne aussi. Pour moi, l’objectif lors de ces grands prix, c’est de me préparer au mieux pour le 25 mai. Je fais ça pour l’expérience, pour cocher une case de plus sur ma ‘to-do list’. Que je fasse 15ème ou 25ème, ça ne va absolument rien changer pour moi. J’y vais pour prendre des infos, pour voir comment la moto se comporte sur des grosses pistes. Je suis plus dans cette optique là. »

Romain a terminé 17ème de l’outdoor US en 2023, et en 2024
À moins de 3 mois de l’ouverture du championnat Américain, Romain s’apprête donc à augmenter le rythme de ses entraînements pour se préparer en bonne et due forme. Un exercice qui n’est pas simple pour le Breton qui doit également concilier ses projets sportifs avec la gestion de son entreprise. « Sur l’outdoor, je récolte un peu plus d’infos chaque année. Le but, c’est de faire de mon mieux, comme d’habitude, de ramener le meilleur résultat possible. C’est sûr que si ça ne tenait qu’à moi, je serais déjà sur place en train de me préparer. Mais j’ai une entreprise ici, que je ne peux pas me permettre de faire couler. Je prépare aussi mon avenir ici. Avec les partenaires que j’ai, je pourrais probablement me permettre de partir demain, car j’aurais le budget pour. Mais j’ai construit une entreprise qui fonctionne bien et je ne peux pas tout lâcher pour une saison de Motocross aux US. »
Jamais rassasié, Romain réfléchi à un projet encore plus ambitieux à l’avenir, et envisage une éventuelle participation au championnat de Supercross US. La légende raconte que le Supercross de Paris a fait germer quelques idées …« Dans un coin de ma tête, j’aimerais vraiment me lancer le challenge de faire une saison de Supercross US en 450, pour faire une fois toutes les épreuves. Le truc, c’est que je suis refroidi quand je vois le nombre de mecs qui se fracassent chaque année [rires]. Quand je vois les résultats d’Harri Kullas cette année, en 250 et qui plus est avant de se blesser, alors que c’est un mec qui a vraiment un gros niveau … Disons que je ne sais pas si c’est la meilleure idée que je pourrais avoir. Refaire un Supercross de Paris, par contre, ça me botterait carrément. Si je peux avoir une place pour le refaire, j’en suis ! »
