Si les premiers tours de roues de Tim Gajser sur Yamaha restent pour l’instant confidentiels, ceux de Jeffrey Herlings sur la 450 CR-F se déroulent sous les projecteurs. Désormais intégré à la structure de Giacomo Gariboldi, le pilote néerlandais est pleinement engagé dans sa préparation pour la saison à venir. Après près de vingt années passées en orange, Jeffrey Herlings découvre une nouvelle machine, non sans quelques surprises. Deux mois s’offrent désormais à lui pour s’adapter à la Honda, tandis que HRC dispose du même laps de temps pour s’ajuster à son nouveau leader.
« Le premier janvier, c’était ma première journée sur la Honda, et c’était vraiment étrange », explique le nouvel officiel HRC dans sa vidéo d’introduction chez Fox Racing. « Après les premiers tours, je me suis dit : “c’est quoi ce bordel ?” Tout était vraiment très différent, c’était vraiment bizarre. Puis j’ai roulé de plus en plus, et ça s’est passé de mieux en mieux. J’ai vu des images et des vidéos des premiers entraînements, et j’étais vraiment à l’arrêt. Mais il faut juste que je m’habitue à la moto. J’ai eu l’occasion de voir Jett, Hunter et Tim rouler sur cette moto. Je savais que la Honda était une très bonne moto, et c’est pourquoi j’ai signé chez eux sans même l’essayer. Je savais que j’allais avoir une bonne moto. Pour l’heure, je n’ai roulé que sur la Honda d’origine ; j’aurai la moto d’usine d’ici quelques jours. Les gens me disent que la moto est puissante, mais pour l’instant, c’est une moto stock, que l’on peut acheter en concession. Il y a juste un échappement, de bonnes suspensions et une biellette différente. J’ai hâte de monter sur la moto factory, car c’est un rêve pour moi. Tout le monde dit que rouler sur une Honda factory, c’est comme rouler pour Ferrari en Formule 1 […] »
Recordman de victoires en GP, Jeffrey Herlings change de team et de constructeur, mais pas d’objectif : un sixième titre mondial, celui qui lui échappe depuis quatre saisons. Malgré les blessures et les GP manqués depuis son dernier sacre décroché en 2021, Jeffrey Herlings reste l’un des pilotes les plus performants. Pour preuve, il s’est imposé à 13 reprises depuis son dernier titre mondial – pour 46 GP participés. Seuls Tim Gajser (19) et Jorge Prado (14) le devancent sur la même période.
« Évidemment, mon objectif est de remporter un nouveau titre. Chaque saison, je me pointe et je me bats pour jouer le titre. Ces dernières années, j’ai quand même remporté beaucoup de courses, mais je n’ai pas été titré depuis plusieurs saisons maintenant. Il y a encore deux ans, j’ai terminé 3e à une cinquantaine de points du titre, ce n’est pas si mal quand on sait que le championnat se joue sur 1 000 points. L’an dernier, je me suis blessé. Quand je suis revenu, j’ai de nouveau gagné, mais ensuite – malheureusement – je me suis fracturé la clavicule. Je suis revenu une nouvelle fois et, lors des dernières épreuves, j’ai gagné trois fois et terminé 2e lors des autres GP. Je me sens toujours capable, au minimum, de me battre pour le titre, et c’est exactement ce que je compte faire cette année […] »
16 ans après ses débuts en championnat du monde MX2, Jeffrey Herlings affiche toujours la même détermination. Pilier du motocross mondial, le Néerlandais n’est pas encore sur le déclin, et sa signature chez Honda HRC le confirme. À 31 ans, « The Bullet » n’a semble-t-il pas pris la moindre ride. Il passe au rouge et entame un nouveau chapitre de sa carrière, probablement le dernier.
« J’ai toujours détesté perdre, même en étant gamin. Quand on jouait à des jeux de société, au Monopoly ou aux cartes, je détestais perdre. Une fois que tu goûtes à la victoire, que ce soit chez les juniors, au niveau européen ou en mondial, tu ne peux plus t’en passer et tu en veux toujours plus. Ce sentiment qui t’envahit quand tu montes sur la plus haute marche du podium, c’est indescriptible. Tu fournis énormément de travail pour y parvenir. Ce n’est pas comme aller bosser de 8 h à 17 h. Ce boulot, c’est 24 h sur 24, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois et année après année. Je n’ai jamais vu ça comme un job pour autant, je l’ai toujours fait par passion. J’aime la compétition, j’aime gagner. Je détiens le record du nombre de victoires en GP, j’ai remporté cinq titres, j’ai signé 150 ou 160 podiums. Ce que j’ai accompli, personne d’autre ne l’a fait en MXGP. Je sais très bien que lorsque je m’aligne derrière une grille de départ, les gens me regardent. Même maintenant, alors que j’ai 31 ans et que certains disent que je vieillis, je sens que je peux encore performer pendant deux saisons. Et ça ne vient pas sans une certaine pression […] »