Après cinq ans chez VRT KTM, puis des passages chez VHR KTM, Fantic Factory Maddii, 737 Performance GasGas et Tech32 Racing, Tom Guyon se lance en privé pour la saison 2026. Une nouvelle aventure qui illustre la capacité à rebondir et à se réinventer du pilote poitevin, qui n’en est pas à son premier coup d’essai.
Intégré à l’équipe Riley Racing — qui devait bénéficier du soutien de Kawasaki — à l’intersaison 2024/2025, Tom Guyon n’a jamais pris part au championnat du monde MX2 l’an dernier, sa dernière année d’éligibilité dans la catégorie. Pour cause : la structure a tout simplement plié boutique à quelques semaines du premier GP, laissant le pilote français et son coéquipier néerlandais, Kay Karssemakers, sur le carreau.
« 2025, c’était la dernière année où j’aurais pu rouler en mondial MX2, donc je comptais bien le faire, » se rappelle Tom Guyon. « Malheureusement, j’ai encore cru à un projet qui est passé à la trappe. Ce n’était pas une période facile. Tu crois en un projet et finalement, ce dernier n’aboutit pas ; c’est assez décevant. C’est difficile de se relancer après ça, parce que tout se passe vraiment sur le tard et tu ne sais pas quoi faire, où aller. »
Le salut de Tom viendra du soutien de la structure Tech32 pour la saison 2025. Passé sur la 450 TF de Triumph pour disputer l’Elite, il effectuera sa transition vers la catégorie reine de façon anticipée.
« J’ai rebondi chez Tech32, j’avais contacté quelques partenaires personnels pour me filer un coup de main, » explique-t-il. « Ça s’est fait assez naturellement avec le team. Ils m’ont proposé de m’aider, bien gentiment. Ça m’a permis de faire une saison dans de bonnes conditions, de faire au mieux pour mon passage en 450cc. Ça n’a pas été facile lors des premières courses, mais j’ai pu montrer que j’étais en forme et que j’avais une belle vitesse sur la suite de la saison de Motocross. Je termine 4ᵉ de l’Elite ; le podium final aurait été faisable, mais vu mon début de saison, c’était limite. »

Onzième à Lacapelle, quatrième à Pernes et Castelnau, Tom est monté en puissance en seconde moitié de saison d’Elite, en enchaînant les podiums. Il terminera second à Gaillac, troisième à Plomion, mais également lors de la finale de Rauville. Il bouclera la moitié (6) des manches sur le podium pour sa première année en MX1.
« Pour aller chercher une victoire, il me manquait pas grand-chose, » admet Tom au sujet de sa saison 2025, bouclée à la quatrième place finale. « Sur certaines épreuves, je ne suis pas passé loin d’aller la chercher. Il y a eu des petites erreurs, un manque d’expérience dans la catégorie, un manque de force aussi. Globalement, un manque de roulage en 450 ; simplement, je dépensais beaucoup d’énergie sur la moto. »
À cinq semaines de l’ouverture de la saison nationale, Tom Guyon a annoncé son départ de l’équipe Tech32. Avec le soutien de partenaires personnels et à la tête de son propre programme privé, il participera cette année aux championnats de France — MX et SX — au guidon d’une Triumph.
« J’ai annoncé que j’arrêtais avec Tech32 pour 2026, assez tardivement. Pour la nouvelle année, je vais partir en pilote privé, 100 % privé, avec mes partenaires. L’objectif est de faire le championnat de France Elite, le SX Tour, le tout en 450. C’est motivant de pouvoir représenter ses partenaires, de rouler pour eux. Dans cette configuration, je roule pour moi : c’est l’avantage de monter ma petite structure. Le truc, c’est que cet hiver, je n’ai pas pu rouler autant que je le voulais à cause de ma blessure contractée avant le Supercross de Paris. Je me suis fracturé le plateau tibial en trois endroits. Mon genou a mis pas mal de temps à récupérer. C’était le genou qui avait déjà passé deux opérations des croisés, donc c’était assez délicat. Le cartilage a pris un bon coup, le genou gonflait assez facilement, et ça m’a empêché de rouler correctement, comme je le voulais. Mais j’ai essayé de bosser un maximum sur le physique à côté. J’ai réellement pu reprendre la moto il y a un mois — fin décembre, début janvier. Donc je n’ai pas pu faire un très gros hiver. »

Attendu dès 2025, le programme officiel MXGP de Triumph a finalement été repoussé à 2027. L’an dernier, Tom Guyon a donc été le premier pilote à aligner une 450 Triumph sur la grille du championnat du monde MXGP, lors de sa pige au Grand Prix d’Europe à Saint-Jean-d’Angély. Un week-end marqué par quelques pépins mécaniques, notamment liés au manque de recul sur la TF450-X.
« La Triumph est une très bonne moto, elle dispose d’une très bonne base. Comme chaque nouvelle moto, il y a forcément eu quelques petits soucis techniques au début. C’est normal, j’ai accepté ça, et je les ai aidés sur quelques points. Mais je suis très content de la moto. On a encore des petites choses à améliorer sur certains points, mais la base est excellente. L’objectif, avec une année de recul, c’est de pouvoir éviter les petites erreurs qu’on a pu faire l’an dernier, et de montrer que la moto est fiable et performante. »
Après plusieurs années sur le circuit mondial, entre pépins physiques et coups d’éclat, Tom ne se projette plus sur les Grands Prix. Son regard se tourne désormais vers les championnats de France et le Supercross, une discipline encore nouvelle pour lui mais porteuse de belles perspectives.
« Est-ce que j’ai pour ambition de retourner en Grand Prix ? Pas spécialement. Le système fait que c’est très compliqué de faire le mondial pour un pilote privé. On ne peut pas gagner sa vie sur les Grands Prix sans être dans une équipe qui nous finance. Pour ma part, je ne me vois pas sur les GP actuellement, parce que je n’ai pas pu avoir les bonnes opportunités. Je m’oriente plus vers les championnats de France et les courses primées. Mes partenaires me demandent de faire ce programme-là. Concernant le Supercross, pourquoi ne pas avoir une vision internationale ? C’est une discipline vers laquelle j’ai très envie de m’orienter, il y a des opportunités financières et médiatiques. Le WSX, par exemple, ça pourrait être intéressant. »
En 2025, Tom Guyon avait également participé à l’EMX Open de Lommel, un championnat disputé sur une seule épreuve. Mais le format va changer cette année: il faudra désormais passer par une épreuve qualificative de zone pour avoir un ticket d’entrée à Lommel.
« J’ai participé à l’EMX Open de Lommel l’an dernier. Le fait qu’il suffisait de s’y inscrire pour participer, je ne trouvais pas ça déconnant. C’est pour ça que l’épreuve réunissait autant de pilotes, je pense. Maintenant, avec les qualifications de zone, je doute que le championnat attire autant de monde. On verra bien. Pour ma part, c’était du ‘one-shot’ pour le plaisir, et je ne pense pas la faire cette année. Aller me qualifier au Portugal ou je ne sais où, pour espérer gagner une coupe, ce n’est pas forcément très intéressant. Je vais vraiment me concentrer sur les épreuves en France, le Supercross, tout ça. »








