Après deux épreuves sans podium, Chase Sexton avait de quoi commencer à désespérer face à ses erreurs à répétition. Mais le nouvel officiel Monster Energy Kawasaki a remis les pendules à l’heure à Anaheim 2 en s’adjugeant une nette victoire, sa première en vert. Un succès qui fait du bien au pilote, comme à l’équipe: en effet, Kawasaki n’avait plus remporté de Supercross en catégorie reine depuis 2022 … Micro.
Chase, félicitations. C’est une victoire importante pour toi. Tu es passé par pas mal d’émotions tout au long de la journée… C’était comment ?
C’est clair. J’ai signé la pole lors des essais, mais je n’ai pas pu terminer la deuxième séance. Dommage que je sois tombé dans les whoops, j’étais vraiment énervé contre moi-même. Je n’ai pas pu finir la séance parce que mon guidon était tordu, alors je suis simplement retourné au camion. La manche qualificative se passait bien, puis je suis de nouveau tombé. Je n’arrivais pas à y croire, je me suis dit : « C’est pas possible… ». J’ai vraiment l’impression de me battre à contre-courant depuis le championnat SuperMotocross.
Cette victoire fait du bien, car j’ai vraiment le sentiment que je n’ai pas gagné depuis super longtemps. C’est bon de pouvoir décrocher la première victoire pour l’équipe, car ils se donnent à fond. Ils ont bien bossé, et on a fait de bons changements sur la moto. Après la heat, je leur ai dit qu’il fallait changer certaines choses, mais je ne savais pas vraiment dans quelle direction aller ni quoi faire. Ils ont pris les devants, et j’étais bien plus à l’aise dans les virages et les whoops lors de la finale. Ça fait du bien d’en gagner enfin une…
Cette victoire, c’est un soulagement pour toi ? Dès la journée de presse du vendredi, tu semblais être déterminé à la gagner, celle-là.
On a fait une bonne journée à l’entraînement mercredi, et tout le team a fait un énorme travail cette semaine avec le testing. J’ai enfin trouvé les sensations que je cherchais depuis un moment sur la moto, depuis que je suis monté dessus pour la première fois en fait. Je me suis enfin senti libéré, je pouvais mettre la moto où je voulais. Dès la journée de presse du vendredi, je sentais que j’étais redevenu moi-même, que je pouvais rouler comme je le voulais, et ça s’est traduit sur la piste pour l’épreuve.
J’avais une bonne vitesse, peut-être même que j’en donnais un peu trop lors des premières épreuves. Je voulais tellement gagner que je forçais un peu. Pour la finale cette fois-ci, je me suis dit que j’allais simplement me pointer, prendre un rythme tranquille, trouver le flow et voir comment ça allait se goupiller pour moi. Je savais que je pouvais gagner sans avoir à rouler à 100 %, parce que ma vitesse était bonne.
La piste, elle, était vraiment piégeuse. Truffée d’ornières, c’était dingue. J’avais l’impression d’être à Détroit, sur une course de la côte Est. C’était vraiment mou dans les transitions, et dur dans les virages. La piste était difficile, et quand je suis passé en tête, j’ai juste géré mes tours, j’ai gardé un œil sur le panneautage, et j’ai roulé tranquillement jusqu’au bout.

C’est difficile pour toi de devoir te freiner un peu pour ne pas en faire trop et risquer de partir à la faute ? Rester concentré quand on roule à 80 %, ça ne doit pas être évident…
J’avais compris que j’avais un avantage en vitesse pure, dès les essais et en manche qualificative. J’étais vraiment beaucoup plus rapide en heat, mais là encore je n’ai pas gagné… Je savais que si je prenais un bon départ en finale, ce serait assez facile pour moi de faire des dépassements car j’avais vraiment la vitesse pour, et j’arrivais à garder beaucoup de rythme dans les enchaînements ; c’était important. Il fallait juste trouver ses marques. C’était compliqué d’être devant sur cette piste, c’était mou, on s’enfonçait, puis ça devenait dur… Honnêtement, on n’avait pas l’impression d’être en Californie, ça n’avait rien à voir avec Anaheim 1 deux semaines plus tôt où c’était sec, poussiéreux, glissant.
Mais j’ai fait une finale solide, c’est comme ça que j’aime gagner. Disons que quand tu ne pars pas de la 8e place, la tâche devient beaucoup plus simple. Je crois qu’au départ, j’étais second. J’ai fait le job.
Dans un team factory, il y a beaucoup de personnes qui bossent, mais il y a toujours un gars avec qui chaque pilote entretient une relation particulière : son mécanicien. Tu travailles avec Rango cette année, c’est nouveau pour toi. Il avait l’air ému à l’arrivée, toi aussi. Tu ne l’as pas ménagé depuis ton arrivée chez Kawasaki. Raconte.
Rango, je le connais depuis l’époque où j’ai roulé chez James [Stewart], entre 2020 et 2022, c’était le mécanicien de Malcolm. Donc j’ai appris à le connaître là-bas. Quand je suis arrivé chez Kawasaki, il était là, et j’étais à l’aise avec lui d’entrée de jeu. On a fait beaucoup de testing, énormément de changements. On a tout changé, les suspensions plein de fois, etc. Il s’est vraiment donné à fond. Je n’avais d’ailleurs même pas testé ma moto de course avant Anaheim 1 car ils ont bouclé les tests en Floride une semaine avant. Rango a dû me préparer ma moto de course au dernier moment, sans que je puisse rouler dessus avant la première épreuve : c’est Brock Tickle qui l’a rodée pour moi [rires]. C’était un peu à l’arrache, à la dernière minute. C’était cool de voir qu’il était vraiment ému après la course, ça montrait que ça représentait beaucoup pour lui. C’est vraiment cool. J’en ai eu des frissons, et ça m’a presque fait monter les larmes. Gagner, c’est toujours le top, mais quand tu vois que ça signifie autant pour quelqu’un d’autre, c’est encore plus spécial. Celle-là, elle signifie beaucoup pour moi, pour lui, pour l’équipe. C’est top de remettre Kawasaki sur le haut de la boîte de nouveau. L’objectif est d’y rester. Ils le méritent, c’est un team qui travaille vraiment dur.








