Après un début de saison 2026 marqué par les contre-performances, Cooper Webb a enfin inversé la tendance à Houston. Le champion en titre l’emporte à la régularité et reprend confiance en se relançant dans la course au titre. Entre frustration et doutes, Cooper Webb revient sur sa première victoire de la saison; une victoire importante sur de nombreux points. Micro.
Cooper, ce n’était qu’une question de temps… le contraste avec Anaheim 2 est énorme. On t’a vu assis sur la piste, en train d’encaisser le coup. Là, c’est différent. Mentalement, dans quel état d’esprit as-tu abordé Houston ?
Ça a été un mois particulièrement marqué par les émotions, et la semaine dernière a été particulièrement difficile, comme celle d’avant. Quand tu enchaînes trois mauvais rounds consécutifs, ça te met forcément un coup au moral.
À Houston, c’était tout l’inverse. J’ai l’impression d’être un gamin de nouveau, j’ai pu de nouveau goûter à ce que ça faisait de gagner. Je n’ai pas remporté de finales — ce qui est un peu particulier — mais je prends cette victoire quand même. Une victoire, c’est une victoire. C’était de la folie.
On se donne pour gagner depuis longtemps, et rien n’allait dans notre sens depuis le début de l’année. Que ça puisse enfin se goupiller correctement pour moi ce soir, c’est incroyable.
On se rapproche des tracés de la côte Est, ça s’est défoncé, il y avait des ornières. Tu étais plus à l’aise dans ces conditions, ou c’est juste que la chance a enfin tourné ?
Je pense qu’il y a eu pas mal de circonstances particulières lors des premières épreuves. Le drapeau rouge, ma chute à Anaheim 1, mes chutes en heat, je me suis fait sortir à San Diego.. Je suis aussi tombé à Anaheim 2 en fin de finale alors que je roulais vraiment bien. Il s’est passé pas mal de choses dernièrement
Cette fois, il était question d’être régulier. J’ai signé ma meilleure séance chrono de l’année à Houston, j’étais bien placé d’entrée de jeu. La vitesse était là aussi. J’ai pris des départs corrects, pas incroyables, mais corrects. J’étais vers le top 5 à chaque fois. Évidemment, il faut bosser sur les départs.
Mais avec ce type de format, il faut être dans le coup à chaque fois, et c’est ce que j’ai fait. Je suis fier d’y être arrivé ce soir, et surtout de ma dernière finale. Je me suis fait une énorme frayeur dans le premier tour en sautant en dehors de la piste et j’ai perdu pas mal de places. J’ai dû mettre la tête dans le guidon, revenir, et j’ai tout fait pour accrocher une position qui me permettait de remporter la soirée. Ce n’est pas simple compte tenu du niveau affiché cette année. Donc je suis fier de cette victoire. Gagner, c’était une obligation pour garder des espoirs de titre.
Tu devais aussi avoir des attentes vis-à-vis des autres pilotes, de tes concurrents. Que ce soit Eli, Chase, Ken. Est-ce qu’ils sont là où tu les attendais ou certains t’ont surpris en ce début de saison ?
Ils sont très forts. Ils l’ont toujours été, ce sont les meilleurs pilotes en Supercross. Pour moi, c’était frustrant parce que j’avais vraiment l’impression d’avoir fait une préparation hivernale parfaite. Je n’ai pas manqué un seul jour à l’entraînement, et j’ai bossé plus dur que jamais cet hiver. Je me suis vraiment mis dans le rouge pendant le testing, à l’entraînement, etc.
J’avais vraiment de grosses attentes en début de saison. Peut-être même de trop grosses attentes. Je voulais gagner Anaheim, prouver que c’était moi le champion, montrer que j’étais toujours le patron. C’était peut-être trop de pression sur mes épaules.
Les grands pilotes restent de grands pilotes. Bien sûr, il y a toujours quelques interrogations quand certains changent d’équipe, mais on sait qu’ils seront présents quand même. Ken, Eli, Chase, ils seront là. On voit aussi qu’Hunter commence à répondre présent. Je n’ai jamais sous-estimé personne.
C’est juste compliqué d’accepter de se faire démonter sur les épreuves, alors que tu as l’impression d’avoir tout fait parfaitement.
Comment parviens-tu à rester positif quand le doute commence à s’installer ?
Il faut garder le cap. Tu ne souris plus, tu ne prends pas beaucoup de plaisir. Il y a énormément de pression sur mes épaules. Performer, gagner.
J’accepte cette pression, mais quand tu bosses dur, que tu t’entraînes bien, que tu fais de bonnes semaines et que les résultats ne suivent pas, c’est difficile. Il y a la pression des médias, des fans, de l’équipe, de tout le monde qui attend que tu gagnes.
Je suis mon plus grand critique. J’ai fait pas mal de nuits blanches ces derniers temps, à me demander pourquoi j’étais encore là, pourquoi je faisais encore tout ça. Ma femme m’a énormément aidé à garder la tête froide. Elle m’a dit : « Si ce n’est pas ton année, ce n’est pas ton année. Ça arrive, c’est comme ça. »
Quand le doute s’installe, tu as l’impression que tu ne gagneras plus jamais. Là, c’est un énorme déclic. Je reprends confiance : oui, ça peut encore être mon année. C’est énorme, vraiment.
Avec Ken et Eli, tu fais partie des anciens, vous faites face à la nouvelle génération. C’est comment de continuer à te battre contre ces mecs-là aujourd’hui ? Tu t’es battu contre eux toute ta vie, finalement.
C’est incroyable, vraiment. Je pense que notre génération est l’une des meilleures que ce sport ait connues. Regarde les statistiques, le nombre de victoires qu’on a accumulées… et on est encore là. On gagne encore.
C’est inspirant. Tout le monde sait que c’est un sport de jeunes. Mais Eli est encore là, Ken aussi, moi aussi. J’ai 30 ans maintenant, et ça booste la confiance de se dire que j’ai affronté les meilleurs pilotes durant toute ma carrière.
Il y a évidemment de jeunes pilotes très talentueux qui arrivent et qui vont gagner des titres. Mais pour l’instant, c’est cool de voir qu’on est toujours là, ensemble, au sommet du sport. Et honnêtement, nous trois, on se bat encore pour ce titre… exactement comme il y a dix ans.










