Si Jeffrey Herlings s’est facilement imposé lors de la manche qualificative du samedi à Riola Sardo, l’officiel Honda HRC est tombé sur un os le dimanche. Cet os ? Lucas Coenen. Battu à deux reprises par le pilote KTM, Herlings se contente de la seconde marche du podium à Riola Sardo, mais relativise : même en mettant un genou à terre, Lucas Coenen était tout simplement sur un autre rythme ce dimanche.
« Ce week-end, j’ai tout simplement été le deuxième meilleur pilote derrière Lucas. » admet Jeffrey Herlings au soir du quatrième GP de la saison. « Ce n’est pas passé loin en seconde manche. Il avait six secondes d’avance, puis il est tombé. Je suis revenu dans sa roue arrière, et on s’est battus jusqu’au dernier virage. Le finish était vraiment très serré. Mais je me dois d’être honnête : Lucas était meilleur ce week-end. Respect à lui. On continue de se donner, de faire de notre mieux. »
Premier pilote à remporter deux Grands Prix cette saison — en Espagne et en Sardaigne — Lucas Coenen a désormais une cible dans le dos. L’officiel Red Bull KTM ne dispute que sa deuxième saison en MXGP, mais le voilà déjà dans le viseur de tous les vétérans de la catégorie. Après le doublé de Riola Sardo, le jeune pilote belge compte 14 points d’avance au championnat. Spécialiste du sable, Herlings ne tarissait pas d’éloges au sujet de Lucas au soir du GP de Sardaigne.
« À l’heure actuelle, Lucas est l’homme à battre. C’est lui qui a la pression sur ses épaules. En ce moment, il affiche un tel niveau que je pense que même Jett Lawrence — aussi fort soit-il — n’aurait pas pu suivre Lucas aujourd’hui. Pourtant, je suis un grand fan de Jett et je pense que c’est actuellement le pilote le plus rapide sur la planète. Je n’ai aucune honte à terminer deuxième. La concurrence est très relevée en MXGP. Dans le top 10, il y a des athlètes de très haut niveau, avec des équipes au top, des motos performantes, de grosses structures. Ce n’est pas une honte de finir deuxième, même si être deuxième, c’est être le premier perdant. »

Bien que vainqueur de la manche qualificative du samedi, Jeffrey a effectué des changements dans l’espoir de s’améliorer pour les manches du dimanche. La remontée de Lucas Coenen la veille ne laissait aucun doute quant à la tournure des débats, tant les chronos enregistrés par le Belge — parti dernier après une chute dans le premier virage — étaient au-dessus lors de la première journée de course.
« On a fait quelques changements le samedi soir pour le dimanche. Et moi, je suis du genre à tout parier sur la seconde manche, parce que c’est là que se joue la victoire du Grand Prix. Quand j’ai vu Lucas arriver en première manche, je me suis dit que j’allais m’économiser pour la deuxième. Je voulais juste pouvoir rester à son contact. J’aurais aimé la gagner, mais pour moi, pouvoir le suivre était déjà une victoire en soi. En Suisse, je n’ai pas pu rester avec lui alors que j’étais parti à son contact — même si ce n’est pas vraiment le meilleur des circuits. Là, je me suis vraiment battu en seconde manche et je n’étais pas loin. C’est un bon boost pour la confiance. J’ai attaqué autant que j’ai pu et, en fin de manche, je me suis dit : « c’est déjà terminé ? » J’aurais pu continuer comme ça pendant dix minutes de plus, donc je suis en forme physiquement. Il faut encore que je trouve un peu de vitesse. Les départs sont là, les membres du team bossent comme des malades. Maintenant, c’est à moi de faire la différence. »
Encore en phase d’adaptation sur la Honda, les progrès de Jeffrey Herlings sont déjà visibles, et notamment en sortie de grille. Si tout n’a pas été parfait ce week-end, l’officiel HRC est auteur de départs réguliers et surtout dans le groupe de tête. Les ajustements de ces dernières semaines commencent à porter leurs fruits.
« Depuis que je suis monté sur la Honda, les départs se sont améliorés à chaque fois. Mais je me suis retrouvé bloqué en seconde manche. J’ai fait une bonne sortie de grille, mais le pilote à côté de moi n’a pas viré assez tôt, donc je ne pouvais pas tourner. J’étais sixième ou septième, mais j’ai pu faire quelques dépassements rapides pour pointer deuxième au terme du deuxième tour. Pas d’excuses. Mais je dirais qu’on a progressé au niveau des départs en optant pour des techniques différentes. Avant, on optait toujours pour l’intérieur au départ, ça n’a pas toujours marché. Depuis que je suis chez Honda, on s’améliore petit à petit sur ce point ces dernières courses. »









