Vainqueur en Argentine, second en Espagne, Jeffrey Herlings réalise de solides débuts sur la Honda HRC, mais le pilote néerlandais a connu deux manches qualificatives difficiles à Bariloche comme à Almonte, en loupant le top 10 – et donc les points – à deux reprises le samedi. Le voilà second du championnat, à 8 points de la plaque rouge désormais détenue par Lucas Coenen après l’Espagne.
« Le samedi, j’étais tout à l’intérieur lors de la manche qualificative », explique Jeffrey Herlings à propos de la première journée d’Almonte. « C’était assez mou et je me suis fait catapulter au bout de la ligne droite de départ. Je me suis fait bien mal au dos et à la nuque. Rien de cassé, mais j’ai pris un bon tampon parce que je suis tombé sur le dos et que la tête a bien tapé. J’étais froissé. J’ai continué, mais je n’ai pas marqué de points. Les manches qualificatives me pénalisent lors de ces deux premiers rounds. J’étais hors des points le samedi en Argentine, et de nouveau ce week-end. Mais le dimanche, je suis là. »
Mais malgré ce samedi compliqué, Jeffrey Herlings a su redresser la barre le dimanche au Grand Prix d’Espagne en ramenant un 2-2 derrière un intouchable Lucas Coenen. Auteur de deux bons départs et présent dans le groupe de tête dès les premiers mètres, l’officiel Honda HRC s’est rapidement emparé de la seconde place dans chaque débat, mais Coenen évoluait un ton au-dessus et ne sera pas repris.
« Le dimanche, je prends souvent de meilleurs départs et je suis présent », relativise Jeffrey. « Aux deux départs ce dimanche, j’étais troisième. J’étais derrière Lucas et Tom en première manche, puis derrière Lucas et Oriol dans la seconde. Un week-end correct avec un 2-2 en manche, même si j’ai perdu pas mal de points. Mais il reste encore 17 épreuves, donc 51 manches à disputer. Il peut se passer beaucoup de choses, surtout que le plateau est relevé. Beaucoup de gars vont être en mesure de jouer la gagne, de monter sur le podium, etc. Je pense que la saison va être vraiment intéressante, surtout que la jeunesse arrive. Moi, Tim, Romain, on fait partie des anciens. Il y a Kay qui arrive, Lucas, Tom, etc. Mais on continue de se donner, je suis toujours aussi motivé et j’ai toujours faim de victoires. Je n’aime pas me faire botter le cul comme ce week-end, donc je vais faire en sorte d’être plus proche de la victoire la semaine prochaine. »
Jeffrey Herlings n’a pas cherché d’excuses au moment d’analyser ses performances sur un circuit qui semblait taillé pour lui. Lucide, le Néerlandais reconnaît la supériorité de Lucas Coenen en Espagne ce week-end ; à charge de revanche.
« J’étais rapide, mais après ma chute de samedi, j’étais vraiment raide et j’avais pas mal de douleurs. Mais ce ne sont pas des excuses. Sans ça, j’aurais peut-être été un peu plus proche de Lucas, mais je me dois d’être fair-play. Il a été vraiment très bon ce week-end, très rapide, et je n’ai rien pu faire pour aller le chercher. J’étais à 15 secondes de lui dans chaque manche. Il était en rythme de croisière, et j’ai fini par faire de même parce que, de toute façon, je ne le voyais plus devant moi. Lucas était juste meilleur que nous ce week-end. J’étais le meilleur en Argentine, et peut-être qu’un autre sera meilleur que nous en Suisse le week-end prochain. On verra. »
Nouvelle addition au calendrier MXGP, Almonte semble faire l’unanimité auprès des pilotes. Un circuit rapide, technique, piégeux. Peu retouché par l’organisation durant le week-end, le tracé espagnol a permis de la séparation entre les pilotes.
« Ce tracé d’Almonte m’a rappelé Eersel. C’était assez similaire. C’est un peu délicat parce qu’en finalité, ce n’était pas du sable profond, mais ce n’était pas du dur pour autant. J’ai aimé la piste, ils l’ont laissée se détériorer sans la refaire, et ça a vraiment permis de faire des dépassements. Ce n’est pas tous les jours que je dis que les organisateurs ont bien préparé la piste, mais là, ils ont vraiment fait du beau boulot en la laissant telle qu’elle, bien défoncée. C’est ce qui permet de voir de belles courses, de voir des dépassements, et c’est là que les meilleurs roulent devant. »
Après 17 ans passés au sein du groupe KTM, et donc sur des WP, Jeffrey Herlings est passé chez Honda et évolue désormais sur des suspensions KYB, quand Tom Vialle roule sur des Showa.
« Pour être très franc, je n’ai même pas essayé les Showa », explique Jeffrey en évoquant son choix de suspensions pour sa transition en rouge. « Chez Kayaba, c’est un ami à moi qui fait les suspensions. Mais en dehors de ça, et purement du côté business, Honda voulait aussi avoir un pilote sur des Showa et un autre sur les Kayaba. J’ai rapidement été très content des Kayaba. Bien sûr, il va nous falloir un peu de temps pour nous adapter et régler, car la Honda et la KTM sont deux motos très différentes. La KTM est plus équilibrée sur l’arrière, tandis que la Honda est plus équilibrée sur l’avant », continue-t-il. « Ça a ses avantages et ses inconvénients selon les terrains. Les deux motos ont beaucoup de potentiel. On sait que la KTM est une bonne moto, tout comme la Honda. Ce sont deux motos qui ont gagné des titres. Ce week-end, ce n’était pas une question de moto, c’était simplement une question d’être le meilleur pilote. À notre niveau, je dirais que toutes les motos sont bonnes. »
Encore en phase d’adaptation avec sa nouvelle Honda, Jeffrey Herlings sait qu’il dispose d’une marge de progression importante en ce début de saison. Compte tenu des échéances contractuelles, le pilote néerlandais a peu roulé sur la Honda avant le début de saison. Jeffrey évoque notamment des axes de travail précis et se montre confiant quant au potentiel de développement de la 450 CR-F.
« La plus grosse marge de progrès, c’est dans le sable. Je l’ai senti tout de suite dès le premier jour », conclut-il. « Je pense qu’on pourrait améliorer la moto dans le sable. Elle a été principalement développée pour la terre, quand c’est béton, dur. C’est comme ça que je l’ai ressenti immédiatement. Heureusement, on va disputer 15 courses dans la terre cette année, donc c’est plutôt une bonne chose. Mais dès les premiers jours, on a dû chercher certaines petites choses. Notre base est bonne, très bonne même, mais il faut toujours chercher à s’améliorer. La base de Lucas est également très bonne, et je le sais parce que j’ai roulé avec sa moto, j’ai roulé pour KTM pendant 17 ans. Disons que je sais sur quoi on doit travailler, mais tout ça demande de prendre un peu de temps. Ce temps, c’est ce qu’on n’avait pas vraiment durant l’intersaison. Mais on est déjà dans une bonne position. Si j’avais été sur ma KTM de l’an dernier ce week-end, les résultats auraient probablement été les mêmes, ça n’aurait pas changé la finalité du Grand Prix. KTM a une bonne moto, Honda aussi. »










