Fondée en 2025 par Zhang Xue après son départ de Kove, ZXMOTO n’a pas tardé à frapper fort. Dès sa première saison en compétition, la marque chinoise a remporté six épreuves du championnat du monde Supersport 2026 avec Valentin Debise, et terminait vice-championne du monde. En 2027, ZXMOTO s’attaque à un nouveau défi de taille : le MXGP, avec le team JM Racing et deux pilotes. Ambitions, développement de la 450cc et vision du motocross mondial : Zhang Xue nous dévoile les coulisses de ce projet ambitieux. Micro.
Gatedrop: Zhang, ZXMOTO disputera le championnat du monde MXGP en 2027. Quand avez-vous pris la décision de vous lancer ?
Dès la création de la marque, en 2025, on avait déjà confirmé notre intention de participer au mondial MXGP. Alors que notre moto de MX était encore au stade du prototype, on avait commencé à chercher une équipe partout où cela était possible. On a désormais signé avec notre équipe actuelle, JM Racing, et on travaille actuellement à l’optimisation de notre moto de course, qui devrait être prête d’ici la fin de l’année.
Gatedrop: Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours ? Vous êtes le fondateur de Kove, mais vous avez quitté Kove en 2024 pour lancer ZXMOTO.
Comme certains ont pu le lire en ligne, j’avais à l’époque des divergences de vision avec mes associés chez Kove. Je ne vais pas revenir ici sur les raisons de ma décision, mais j’ai finalement décidé de créer ma propre marque, ZXMOTO, et d’en faire le projet de toute une vie. Désormais, chacun avance de son côté et suit sa propre voie.
Gatedrop: Vous étiez présent lors du GP de Chine l’an dernier. Comment c’était, de votre point de vue ?
Je ne sais pas vraiment comment transcrire précisément mon ressenti, si ce n’est que l’ambiance sur place, pendant la course, était tout simplement incroyable. Et maintenant qu’on se lance dans la compétition, on veut évidemment obtenir de meilleurs résultats. En 2027, je serai présent sur l’ensemble de la saison. Personnellement, je n’ai encore jamais assisté à un GP en Europe ! Je serai présent dès l’ouverture du championnat.
Gatedrop: Vous avez rencontré David Luongo. De quoi avez-vous discuté avec lui ?
Il nous soutient énormément dans notre arrivée en MXGP. On a également pu échanger quelques idées concernant les pilotes et les équipes.
Gatedrop: Du testing est actuellement mené en Europe avec la moto. Comment se déroulent-ils jusqu’à présent ?
Les pilotes qui ont pu tester la 450cc avant sa dernière évolution nous ont indiqué que son comportement était excellent, mais qu’elle manquait encore un peu de puissance. Depuis, on a donc optimisé la puissance et, désormais, les performances du moteur sont pratiquement au niveau de celles de nos concurrents.
DailyMX: Quelle est, selon vous, la principale différence entre la manière dont vous développez une moto en Chine et l’approche des constructeurs européens ou japonais ?
Je pense que notre approche actuelle est assez proche de celle des Européens. Les constructeurs chinois traditionnels ont tendance à être plus prudents et moins audacieux. Ils privilégient probablement davantage l’aspect pratique, sans chercher à réaliser de grandes avancées en matière de comportement et de réduction du poids de la moto.
Gatedrop: Pour 2027, prévoyez-vous d’engager deux pilotes sur le championnat du monde MXGP ? Et pourquoi choisir le MXGP plutôt qu’un championnat national pour vos débuts ?
Oui, deux pilotes [NDLR: seul Oriol Oliver aurait été signé à l’heure de ces lignes]. Et si on se lance, autant le faire au plus haut niveau.
DailyMX: Votre arrivée en MXGP est-elle également une occasion de faire évoluer la perception des motos chinoises à l’international ? Au vu des tarifs annoncés, les gens sont curieux des performances et de la fiabilité de vos motos…
Bien sûr. En matière de fiabilité, la 250 a déjà été largement reconnue par des milliers de pilotes et clients à travers le monde. La 450 ne sera pas en reste.
DailyMX: Vous avez déjà une 250cc. Pourquoi avoir décidé de lancer une équipe en championnat du monde MXGP avant de créer une structure en championnat d’Europe, ou sur le mondial MX2 ?
Parce que je considère que la catégorie reine, le MXGP, a davantage de poids et de prestige.
Gatedrop: Envisagez-vous également de faire évoluer ZXMOTO sur les championnats d’Europe et en MX2 à l’avenir ?
On pourrait se lancer en mondial MX2, mais uniquement à condition que notre programme MXGP fonctionne parfaitement et qu’on ait d’abord remporté au moins un titre.
DailyMX: La saison prochaine, les ambitions sportives iront de pair avec les objectifs techniques. Que faudra-t-il parvenir à cocher pour être satisfait de la saison 2027 ?
En premier lieu, la moto de course devra être développée suffisamment pour atteindre un niveau qui lui permettra d’être compétitif et de répondre à toutes les exigences du sport. Le comportement, les performances, la stabilité et tous les autres aspects devront être au rendez-vous. Si on a l’occasion de monter sur le podium, on dépassera déjà nos attentes. J’espère vraiment qu’on pourra monter dessus. L’objectif est de viser la plus haute marche d’ici deux à trois ans.
Gatedrop: On a vu ce que Triumph a fait en seulement trois ans, en MX2. Est-ce que ça vous conforte dans votre capacité à atteindre un tel niveau d’ici quelques années ?
Triumph a réalisé un travail remarquable et ses résultats parlent d’eux-mêmes. Je pense que nous aussi, on peut viser à atteindre ce niveau.
DailyMX: Les constructeurs déjà établis disposent de plusieurs décennies de développement, de données, de retours de pilotes et d’expérience en compétition. Comment comptez-vous combler cet écart ?
Même si ZXMOTO est une nouvelle marque, on possède une solide expérience dans la compréhension des motos de course. C’est pourquoi on va chercher à travailler avec des pilotes plus expérimentés qui travaillerons pour faire avancer le développement de nos motos, et l’équipe avec laquelle on collabore actuellement possède elle aussi une vaste expérience du sport.
DailyMX: Kove s’est également lancé dans le motocross, tout comme ZXMOTO. Pourquoi pensez-vous que les marques chinoises manifestent soudainement un tel intérêt pour cette discipline ?
Je pense que les marques chinoises ont atteint un stade où elles commencent progressivement à rejoindre le cercle des constructeurs internationaux dits haut de gamme. Naturellement, pour y parvenir, on se doit de faire nos preuves sur des championnats prestigieux de tout premier plan et montrer aux pilotes du monde entier ce dont on est capables. Pour nous, c’est une opportunité formidable.
















