Michael Mosiman incarne la résilience. Le garçon a frôlé la fin de sa carrière en 2023 après une grave blessure. Lâché par son équipe, Michael sera sauvé in extremis par Star Racing Yamaha. Les ennuis ne s’arrêteront pas là pour autant : après un début de saison 2024 retardé par des problèmes de dos, Michael se fera atterrir dessus dès sa seconde sortie en bleu. Après une période de pause, il se blessera aux vertèbres avant l’outdoor et jettera l’éponge pour la saison 2024.
Malgré tout, les bleus ne l’ont pas lâché. Après une année 2025 consacrée à sa reconstruction, Michael Mosiman pointe désormais second du championnat SX US 250 sur la côte Ouest après trois rounds et deux podiums. À Anaheim 2, Michael a mené 11 tours en finale avant d’être dépassé par Haiden Deegan. Il termine second – son meilleur résultat en 4 ans. Une véritable renaissance…
Michael, tu signes ton 12e podium de carrière en 250 ce week-end. Encore un pas dans la bonne direction. Depuis Anaheim 1, on sent une progression constante chez toi. Est-ce que tu as l’impression d’avoir franchi un cap ?
Je dirais que oui. Clairement. Prendre un très bon départ en finale, mener pendant plusieurs tours et parvenir à tenir un très bon rythme, c’est clairement un grand pas en avant et dans la bonne direction. C’est vraiment top de voir que tout se met en place et, et de voir que je continue à progresser.
Mentalement, c’était comment de gérer cette finale ? Tu aurais pu gagner à Anaheim 2.
Oui, j’aurais pu. Je ne savais pas qui était derrière moi, en fait. Je savais juste que j’avais creusé un petit écart assez rapidement en début de finale. Ensuite, je devais juste me concentrer sur moi-même, enchaîner mes tours. Je devais éviter de me préoccuper du reste, de vouloir savoir qui était derrière moi. Il fallait que je reste concentré sur ce que je faisais. Je me répétais en boucle « tu peux le faire Michael, tu peux le faire. »
Mais d’un autre côté, je devais éviter de me laisser emporter et me dire « Bordel, je vais aller la gagner. » Il fallait rester concentré. Je me suis dit que j’allais rouler de mon mieux et que si ça débouchait sur une victoire, c’était tant mieux, et que si ça débouchait sur une seconde ou une troisième place, c’était très bien aussi. On avance dans la bonne direction, on marque de gros points.
Je pense que le fait de ne pas avoir désespérément voulu m’accrocher à une victoire pour booster mon égo ou mes chances de titre, ça m’a permis de rouler plus librement.

Tout au long de ta carrière, tu as su te réinventer. Te voilà parmi les prétendants au titre aujourd’hui. Ce soir, tu as montré que tu étais l’un des rares à pouvoir rouler avec Haiden, devant. Ça te fait quoi ?
Oui, mais il ne faut pas trop le crier sur les toîts. Je veux rester sous les radars. Haiden, sache que je ne suis pas deuxième du championnat; je n’ai pas besoin d’avoir une cible dans le dos [rires]. Moi, j’essaye juste de ramener des résultats solides. Je ne cherche pas à faire quoi que ce soit de dingue. Je me concentre sur mes épreuves, je fais mes tours, et ça fait du bien.
Dans ma carrière, je suis tombé très bas. Avoir pu me réinventer comme tu l’as dit, c’est incroyable. Ça a demandé énormément de travail, de prise en confiance. Pour donner un exemple, je me suis blessé en 2023, et j’ai manqué pas mal de courses. On m’a retiré mon salaire, et l’équipe a fini par me dire « on ne va pas te conserver pour l’année prochaine. »
J’étais blessé, je devais me faire opérer, je ne gagnais plus un rond et je n’avais plus de guidon. Un soir, avec ma femme, on a réalisé que plus rien ne nous retenait là où on était. Alors on est partis pour la Floride. Ma femme a trouvé un travail pour essayer de joindre les deux bouts. Il y a eu l’opération et malgré tout ça, malgré le fait que je ne savais même pas si j’allais pouvoir re-rouler au niveau professionnel, je n’ai manqué que trois jours de sport. Je n’ai jamais arrêté de m’entraîner physiquement, et de travailler vers mes objectifs, sans même savoir si j’en avais encore vraiment.
Aujourd’hui, la boucle est bouclée. Je suis bien positionné au championnat après trois épreuves. J’ai signé trois résultats solides, je n’ai pas rencontré de problèmes lors des finales. Ça fait vraiment du bien.
Au plus bas, tu songeais donc à tirer un traît sur ta carrière ?
Oui, clairement. Ça a été largement médiatisé à l’époque. J’ai même organisé une soirée pour fêter la fin de ma carrière. Les médecins m’ont conseillé de raccrocher les gants. Et ils l’ont formulé de manière assez crue, honnêtement. Je ne vais pas répéter ce qu’ils ont dit, mais c’était du genre: “Michael, tu devrais probablement arrêter”.
Du coup, je me suis dit que si les risques étaient trop importants et que ça devait s’arrêter là, alors ça s’arrêterait là … Puis on a fait d’autres examens. Je suis retourné voir le médecin une fois de plus, et cette fois j’étais dans un esprit différent. Je lui ai dit que je voulais continuer ma carrière, continuer de rouler. Il a regardé les examens, et il m’a simplement dit « D’accord. Ecoute, ça a l’air d’aller, peut-être que tu peux continuer après tout ». Voilà … les médecins, quoi … Donc me retrouver dans cette situation, etre bien installé dans ce championnat, ça fait vraiment beaucoup de bien.









