La saison 2026 s’annonce cruciale pour Alexis Fueri, qui aborde sa dernière année d’éligibilité au championnat d’Europe 250. Désormais au sein de la structure MRT Beta et encadré par Jacky Vimond, le pilote français a mis les bouchées doubles durant l’intersaison pour viser le titre européen. Quatrième à Sommières face à des pilotes de GP, il dresse un premier bilan avant de se lancer dans le grand bain de l’Elite à Castelnau, pour enchaîner avec l’ouverture de l’Europe en Espagne. Micro.
Alexis, c’était une belle journée pour toi à Sommières. Tu fais 4ème en MX2 en te battant avec des pilotes du mondial. Bilan ?
Si on regarde en arrière, c’est positif. Il faut que je le prenne positivement parce que j’ai assez bien roulé. Les résultats sont bons; les résultats sont corrects. Mais pour rester objectif avec moi-même, j’ai profité de petites circonstances de course, etc. Et le roulage n’est pas encore top. Je reviens de tout un hiver dans le sable donc repartir dans la terre, c’est un peu compliqué. Il y a du progrès, mais le roulage n’était pas top, les sensations n’étaient pas les meilleures. Donc on va se remettre au boulot.
Il faut voir le positif, je finis premier pilote de l’Europe si on enlève les gars du Mondial. Et l’objectif, c’est l’Europe, c’est de me batailler pour le titre. Mais je suis arrivé ici en voulant battre des mecs de Grand Prix, et ça n’a pas trop été le cas. Donc on va se remettre au boulot. Il y a Castelnau la semaine prochaine ; je vais faire tout l’Élite cette année. L’objectif, c’est de se battre pour le titre sur l’Élite et sur l’Europe.
Pour résumer, ça a été une bonne course de préparation. On a bien bossé cet hiver avec Jacky, avec Tom [Vialle]. J’ai fait un super hiver et maintenant, il faut continuer ; la saison sera longue.
Tu viens quand même à bout de Karlis Reisulis en première manche. Il est officiel Yamaha, il joue le top 10 en mondial. J’imagine qu’il doit y avoir une certaine satisfaction de ce côté-là quand même ?
Oui. Ça, c’est top. Je crois qu’il était devant avec Mathis, puis il est tombé. En fait, quand il s’est relevé, il est reparti 5 secondes devant moi. Je suis remonté petit à petit, mais j’ai fait des erreurs. J’ai mis longtemps à me mettre dans le rythme en première manche. C’est ce que je regrette un peu toute la journée, j’ai été un peu trop passif.
Je n’étais pas trop dedans, honnêtement, et j’étais un peu crispé. Mais en fin de première manche, je me suis mis dans le rythme, je suis revenu, je lui ai mis la pression et je l’ai passé. Donc j’étais assez surpris, mais d’un côté, je regarde les courses et je sais qu’il y a des moments où il a tendance à lâcher un petit peu, je ne sais pas s’il rencontre des problèmes ou quoi, mais ça lui arrive de faire des courses pas top, et de lâcher comme ça. Donc je ne dis pas que ce n’est pas un objectif, mais je ne suis pas là à me dire : « ouais, j’ai passé Karlis Reisulis, incroyable ». C’est cool, c’est bon pour le moral, mais j’aurais aimé passer son petit frère à la place [rires].
Qu’est-ce qui s’est passé pendant la Superpole ? Il va falloir que tu m’en parles. Je sais que Beta fait de l’enduro. Mais là, j’ai eu l’impression que tu t’étais cru sur une spéciale [rires].
Ouais, la Superpole, honnêtement, je n’étais pas dedans. La piste, elle a un petit peu séché. Et en fait, pendant le tour de reconnaissance, je n’ai pas réussi à être sûr dans mon choix de traces dans lesquelles j’allais me lancer. Ce n’est pas comme une manche où tu commences, tu t’adaptes, tu cherches et tu changes. Il faut être au top direct. J’ai fait une énorme erreur dans une descente, j’ai dû perdre une seconde facile à ce moment-là. Sur le reste de la piste, je n’étais pas assez incisif, pas assez en mode « chronos ». Je ne sais pas si c’est dû à la pression d’être tout seul devant tout le monde sur la piste, mais ce n’était pas terrible comparé à la séance chronos. Il va falloir que je bosse ça, je ne sais pas trop, il va peut-être falloir que j’aille prendre des cours avec Aranda !

Le camel en montée … Qu’est-ce qui s’est passé Alexis ? Tu as été l’un des seuls pilotes de devant à arrêter de l’envoyer.
Je ne suis pas frileux avec les sauts ; je les envoie. C’est juste qu’on a un petit peu galéré ce matin et en première manche au niveau de la carburation. J’étais un poil riche à haut régime. Je ne le sentais pas sur tout le terrain. Mais à cet endroit-là, parce que t’es en charge juste avant le saut, j’étais un poil riche. En première manche, je tapais court à chaque fois. On a changé pour la seconde manche, et ça allait mieux. Le problème, c’est que ça vient de moi. Je le prenais trop à droite et l’appel était un peu moins haut de ce côté-là. Après, j’ai compris qu’il fallait aller au milieu dans les ornières. C’est vrai que j’ai été très irrégulier sur ce point-là, et ça m’a coûté quelques bons tours lors des manches.
Tu as pensé quoi du tracé ? Quand je pars de Sommières, à chaque fois, je me dis que c’est vraiment chaud de rouler ici. Des rails de partout, profonds, des sauts à l’aveugle. Une grosse piste. D’ailleurs, je pense qu’il m’impressionne plus que certains tracés de GP.
Honnêtement, les seules pistes qui sont comme ça selon moi, c’est peut-être du côté de la Suisse, ou à Ernée quand il pleut, tu vois ? Mais c’est une piste top pour l’entraînement, avec de gros rails. Moi, j’habite à trois heures de route, mais va savoir pourquoi je n’étais jamais venu ici; donc c’était une découverte. Mais franchement, c’est top. Des beaux sauts, une belle texture. Je dirais juste qu’ils ont été un peu optimistes sur l’arrosage à certains endroits.
Vuillemin, il en parle souvent aussi aux USA. Parfois, ils arrosent et labourent trop. C’est bien, mais quand ça sèche, il n’y a qu’une seule trace qui sèche, et il n’y a qu’une bonne trace toute la journée. Alors que si tu arroses un peu moins et que tu gardes la piste bien toute la journée, tu peux un peu plus naviguer. Là, les rails étaient trop gros, tu ne pouvais pas essayer de recouper, ni faire quoi que ce soit.
Il y a ce point-là, mais je ne critique pas la piste, elle était top pour l’entraînement. Ça a permis de voir où en était la moto, où est-ce que j’en suis. Il va falloir que je re-bouffe des rails dans la terre, comme ça.
Tu as roulé sur l’International d’Italie. Là, tu fais Sommières. C’est quoi le prochain axe de travail ?
On va bosser sur la vitesse en début de manche. La vitesse tout court d’ailleurs. Pour être objectif, je pense qu’il m’en manque un peu. Il faut que je bouffe un peu de terre et des longues ornières. J’étais un peu à contre-épaule parfois, je perdais un peu l’équilibre. Ce n’était pas aussi propre que je l’aurais voulu. Peut-être que l’hiver dans le sable a joué, et que ça fait que je manque un peu de précision dans la terre.
Mais il va falloir bosser un peu, reprendre du rythme. Et je pense qu’il y a un gros travail de confiance et de mental aussi. Des fois, quand tu fais des contre-épaules dans les ornières, c’est parce que tu ne crois pas en toi. Tu ne te jettes pas vraiment dedans ; voilà.

Loin de moi l’envie de te mettre la pression. Parce que je pense que tu te la mets assez toi-même. Mais on doit être conscient que 2026, c’est l’année ou jamais.
C’est ça. Pour moi, c’est l’année ou jamais. Et même si c’est l’année parfaite, je suis conscient que ça va être compliqué de monter en Grand Prix avec une moto performante parce que j’ai 21 ans, et que les teams regardent beaucoup l’âge. J’ai perdu deux années. Donc je suis conscient que si je veux vraiment avoir une moto qui marche, il faut que je domine l’Europe. Et c’est l’objectif.
Est-ce qu’on a le sentiment qu’avec ce programme MRT Beta, on est dans la meilleure position depuis toutes ces années sur l’Europe ?
Honnêtement, c’est le meilleur hiver que j’ai fait. C’est la meilleure structure que j’ai eue. En parlant de MRT, mais surtout de Beta, à l’usine, ils sont top. Je les remercie d’ailleurs. Ils sont à l’écoute. Je ne suis pas un pilote très exigeant. Je veux juste une moto d’entraînement et moi, je roule. Mais j’ai tout ce qu’il faut pour m’entraîner. Honnêtement, je suis dans de très bonnes conditions. Il n’y a pas de raison que ça ne marche pas. Maintenant, c’est à moi de bosser. Je sais que j’ai perdu du temps ces deux dernières années. Donc, c’est dur de rattraper le temps. Mais je pense qu’on peut faire quelque chose de bien cette année avec eux.
Comment ça se passe, avec Jacky Vimond ?
Jacky, c’est top. Je le remercie énormément de me prendre un petit peu sous son aile. J’ai passé tout le mois de novembre avec lui, dans le même appartement. On est tous les jours au téléphone. On s’envoie des messages tous les jours. Honnêtement, il m’a intégré en janvier avec son groupe, avec Tom, alors qu’il n’était pas obligé. Il n’en avait peut-être même pas le droit en soi. Honnêtement, c’est super.
Il m’apporte beaucoup sur la moto techniquement, mais aussi mentalement, dans sa vision de voir les choses, etc. C’est top. À côté de ça, je suis encore en contact et, quand je suis en France, je vais m’entraîner avec Quentin [Thomas]. Donc les deux se complètent. J’ai appris beaucoup de choses avec Quentin. Mais Jacky m’en apprend d’autres. Donc je mixe les deux. Et honnêtement, quand je monte sur la moto, je suis au top. Il me met dans de très bonnes conditions mentales. Et je le remercie beaucoup.
Parce que Jacky… je ne sais pas comment l’expliquer. C’est Jacky. Je pense que c’est l’un des meilleurs entraîneurs du monde. Parce que quand on voit qu’il y a des étrangers qui ont été entraînés par Jacky, ce n’est pas pour rien. Et Tom, en revenant des US, s’il a choisi Jacky, ce n’est pas pour rien non plus.









