Axel Louis « J’avais besoin de changer d’air »

Axel Louis « J’avais besoin de changer d’air »

Axel Louis ouvre un nouveau chapitre en 2021. Petit protégé de Livia Lancelot ces 5 dernières saisons, le jeune pilote Français vient tout juste d’annoncer son départ de l’équipe Honda 114 Motorsports pour rejoindre la structure VRT KTM. À l’intersaison 2018/2019 Axel Louis avait fait le pari de délaisser la 85 pour évoluer directement en 250; c’est donc en 2019 que ce dernier réalisait sa première saison en championnat d’Europe 250, à 15 ans seulement. Après deux saisons d’expérience et un premier top 10 de manche en Espagne la saison passée, Axel Louis s’apprête à débuter sa troisième saison dans la catégorie avec des objectifs revus à la hausse malgré une blessure au pied survenue à l’intersaison. On s’est entretenu avec le nouveau pilote VRT KTM Nordpesca Holland en long, en large, et en travers. Micro.

Axel, j’ai commencé à te suivre avec assiduité en 2019 lors de ton arrivée en Europe 250; tu étais un très bon pilote de 85 auparavant. Rafraîchit nous la mémoire, c’est quoi ton parcours jusque ici ?

J’ai commencé à l’âge de 3 ans sur un PW 50, assez classique. C’est venu de mon père qui roulait à l’époque, et mon frère roulait également en 65.

J’ai fait toutes les étapes, le 50, j’ai commencé les courses très jeune en régional en 65. Ensuite, je suis parti sur le Minivert, très tôt. J’ai fait tout le minivert jusqu’à mes 10 ans, c’était ma dernière année en 65. J’ai terminé 5ème de la saison en gagnant une course à Brigueuil.

Je suis passé en 85 Cadet en 2015 à l’âge de 11 ans car le Minivert 85 avait été annulé cette saison-là. Je me battais pour la qualif’, mais ça passait. Cette année-là, j’ai fait un stage de détection lors duquel j’ai été pris en collectif équipe de Franc et dans le team de Livia Lancelot.

En 2016, pour ma première année avec Livia, j’ai roulé sur le Minivert et le championnat de France Espoirs, qui était le championnat de France Cadet avant. J’ai terminé second du Minivert derrière Quentin Prugnières et en Espoirs, j’ai fait quelques top 10.

En 2017, j’ai fait le championnat de France de Motocross et de Supercross en 85. En Motocross, beaucoup de chutes et j’ai terminé loin au championnat. En Supercross, j’ai décroché le titre en Espoirs. J’ai commencé à faire quelques courses d’Europe 85 dans ma zone cette année-là, mais je ne me suis pas qualifié pour la finale.

L’année d’après, en 2018, il y a eu le changement puisque Livia est passé chez Honda. J’étais un peu plus à part, pilote satellite. J’étais toujours suivi par Livia mais c’était un peu différent des autres saisons. On roulait chez Kawasaki auparavant, et là, on avait pris des KTM vu qu’il n’y avait pas de 85 chez Honda. Cette année-là, ça s’est bien déroulé sur l’Europe, j’ai fait 4 courses en terminant second de ma zone avant de me qualifier pour la finale à Loket, mais je me suis blessé dès les essais. En championnat de France Espoirs, j’ai gagné deux manches et j’ai signé un podium au général, mais le 85, c’était beaucoup de chute et d’irrégularité. Niveau vitesse, j’étais dans les meilleurs, mais aussi souvent par terre.

En fin de saison, on était parti pour faire du 125, mais le problème c’est qu’il était difficile de trouver des KTM, rupture de stock. Du coup j’ai commencé à rouler avec la 250 de mon frère, car j’en avais marre du 85. Finalement, j’ai fait le choix de passer en 250 avec Livia, car c’était plus simple financièrement. C’était un peu un pari, et j’ai tenté ma chance.

La transition en 250 à 15 ans, c’était simplement une question financière ?

J’ai commencé à 14 ans sur la 250, et ma première année de compétition c’était à 15 ans en 2019. Pour le choix de la transition, c’était un peu de tout. Le 85, c’était hors de question car je voulais faire le championnat d’Europe, et à mon âge, je n’avais plus la possibilité de faire l’Europe 85. Il fallait donc partir sur l’Europe 125, suivre les étapes. Problème, on a vraiment tardé pour trouver une 125 et finalement, on a fait ce choix car j’étais vraiment à l’aise sur la 250 de mon frère. J’ai roulé avec une 250CRF un mois après, j’étais encore plus à l’aise dessus et j’ai fait le choix de monter en catégorie. Financièrement, c’était plus simple, mais ce n’était pas le facteur principal.

Je ne sais pas exactement comment ça se serait passé si on était parti sur le 125, mais on aurait dû se rapprocher de concessionnaires pour acheter nos propres motos, comme on avait fait en 85; il fallait travailler avec les concessionnaires du coin alors qu’avec Honda et Livia, c’était beaucoup plus simple pour nous.

Tu fais encore des études à côté ?

Oui. Là, je viens de finir une année de seconde générale; j’ai redoublé une fois l’an dernier car je suivais une formation par le CNED que je n’ai pas suivi. Je n’étais pas assez rigoureux, je vivais avec mon frère et j’étais souvent seul à la maison, donc je n’avais pas la rigueur qu’il fallait. Je dormais beaucoup car j’étais crevé de mes entraînements.

Tu suis un programme scolaire aménagé ?

Non, pas du tout, donc c’est un peu compliqué. Là, c’est les vacances scolaires donc ça va mais cet hiver c’était compliqué. J’essayais de suivre en cours car je n’avais pas le temps de trop travailler à la maison, mais c’était serré niveau timing. Le lycée était proche de la maison, donc je pouvais aller m’entraîner après les cours.

Tu as fait du Supercross en 85, et depuis, on ne t’as pas revu faire du Supercross. Tu comptes y revenir ?

Oui, c’est vraiment une discipline que j’aime et sur laquelle je me sens à l’aise. Ça me plaît autant que le Motocross, si ce n’est plus; ça dépend des terrains. Lors de ma dernière année en 85, je n’ai pas fait le championnat de Supercross car j’étais blessé. Pour ma première année en 250, je n’ai pas fait le SX Tour car j’estimais que c’était trop tôt. L’an dernier, j’ai commencé à m’entraîner un peu, mais comme le championnat d’Europe se finissait en Octobre, il n’y avait pas le temps de préparer le Supercross. J’en ai fait un peu, j’ai roulé avec Adrien Lopes, c’est avec lui que j’ai commencé le Supercross en 250. Ça a bien progressé.

Cette année, avec l’Europe, ça va être de nouveau compliqué de faire du Supercross.

Comment as-tu commencé à travailler avec Livia, du coup ?

C’était suite à ce stage de détection, quand j’avais 11 ans, en 2015. J’avais fait ma première année en 85. Sur ce stage, j’avais très bien roulé, et j’avais intégré le collectif de France. Quelques semaines plus tard, Livia m’a contacté pour savoir si j’étais partant pour rejoindre son équipe, si je voulais rouler sur des Kawasaki. J’ai sauté sur l’occasion et je n’ai jamais eu de regrets en 5 ans. C’était un premier rêve qui se réalisait que d’intégrer un team, qui est devenu par la suite un team de GP.

Tu t’entraînais souvent avec les pilotes de GP de 114 Honda ?

Jusqu’à fin 2018 je m’entraînais toujours chez moi avec mon père, car j’allais encore à l’école là-bas. J’ai préparé la saison 2019 différemment en déménageant près du team à Hossegor et j’ai commencé les cours par correspondance. J’ai fini par lâcher les cours cette année-là et j’étais avec Nathan Crawford et Bailey Malkiewicz à l’entraînement. Ça m’avait bien aidé, j’avais commencé à connaître l’entraînement des pilotes de grands prix, avec du sport tous les jours et un seul jour de récupération par semaine. Ça m’a bien changé la vie, c’était vraiment cool.

Une intersaison relativement longue, tu n’as pas pu en profiter pour rouler avec Ruben et Joel ?

Alors non, car du coup, je me suis blessé à la cheville mais je n’avais pas vraiment de raison de trop en parler. Ça m’a pris tout l’hiver. Je me suis blessé fin janvier. De base, c’était une entorse et je me suis refait mal en voulant reprendre trop tôt et je me suis fait une déchirure d’un ligament de la cheville. J’ai été immobilisé plus de deux mois avec le pied dans une botte. Je n’ai repris la moto que deux semaines et demie, trois semaines avant Ernée du coup.

En 2019, tu fais ta première saison en EMX250, tu te qualifies pour les courses de la dernière épreuve. Tu t’attendais à ce que la marche soit aussi difficile à franchir ?

Non. Je ne m’attendais pas à ça, mais je savais que ça n’allait pas être facile. Je m’attendais à me qualifier un peu plus souvent tout en sachant que ce serait juste à chaque fois, mais je ne m’attendais pas à un gap aussi important entre les deux catégories.

Mentalement, comment ça s’est passé cette première saison ? Tu roulais devant en 85, et d’un coup, tu t’es retrouvé à être le plus jeune en 250, à essayer de te qualifier pour les épreuves.

Je pense que mentalement, j’ai toujours été bon sur les années d’avant, et je dirais que ça m’a aidé. 2019, c’était la première fois où je voyais que j’avais du mal, j’étais en perdition par rapport aux autres. Même sur les premières courses de l’Elite, rentrer 28ème sur la grille, ça fait vraiment bizarre. J’ai réussi à m’entraîner en gardant le même objectif, sans baisser les bras. Lors de la dernière course de l’Europe 250 en 2019 [en Suède] j’ai réussi à décrocher la qualification; c’était en fin de saison mais les tops pilotes étaient toujours présents. C’était un soulagement. Toute cette saison 2019 n’était pas simple, c’était dur à encaisser au début.

En 2020 tu as finalement roulé sur le championnat d’Europe des sables [rires].

C’est ça … La discipline que j’adore pour ceux qui me connaissent [rires].

Qui dit Honda 114, dit aussi Magescq et le Bud Racing Training Camp non ? Tu as dû passer du temps dans le sable.

Lors de ma préparation 2019/2020, j’ai passé beaucoup de temps à Magescq. Il faut aussi se dire la vérité, le sable de Magescq n’a rien à voir avec le sable qu’on retrouve ailleurs en Europe. Ça m’a permis de me sentir plus à l’aise, mais c’est quand même très loin de Lommel, de Kegums où ça se défonce, où ça fait des rails. C’est bien différent. Même Mantova, qui n’est pas un circuit très sablonneux, c’est finalement assez loin de Magescq. Magescq, c’est top pour tout ce qui est sable en France, pour préparer Bitche ça me semble pas mal. Pour le championnat Européen, c’est quand même assez éloigné.

Jusqu’à présent, ce n’était pas ma surface favorite mais je suis demandeur, je demandais à Livia de m’entraîner dans le sable, je travaillais dur pour que ça devienne un point fort. Cet hiver je n’ai pas eu l’occasion d’aller rouler en Belgique, mais je vais faire avec.

Ensuite, tu nous sors une super perf’ à Xanadu en Espagne avec un top 10 de manche.

Oui. En première manche, j’ai fait un bon départ et je suis tombé dans le premier tour. J’ai eu un problème de lunettes et je n’avais plus de tear-off; je termine 14ème en première manche malgré tout, et 8ème en seconde manche.

Ce top 10 a dû te booster à bloc, ton objectif c’est de refaire au moins aussi bien cette année ?

C’est bien ça l’objectif. L’an dernier, c’était vraiment un soulagement d’enfin réussir à atteindre les objectifs que je m’étais fixés dans la catégorie. Ça m’a remotivé.

Tu t’es surpris ce jour-là ?

Non, car je savais que dans la terre je pouvais faire quelque chose de mieux. En plus, c’était une grille sur laquelle on pouvait faire un bon départ d’un peu partout, donc j’ai signé deux bons départs. En début de manche, j’étais juste derrière Thibault Benistant et Kay de Wolf. Ce qui m’a étonné, c’est de ne pas me faire distancer plus que ça. Comme je n’étais pas très loin, j’ai réussi à m’accrocher un petit peu au début de la manche. J’ai fait une belle manche aux alentours du top 5 en début de course et j’ai réussi à finir 8, c’était vraiment cool.

Comment on gère une période aussi longue d’intersaison ? Finalement, ça fera 8 ou 9 mois depuis ta dernière course en EMX 250.

Moi, je voulais commencer le plus tôt possible pour faire la meilleure saison 2021. Mais Livia m’a un peu stoppé, pour que je commence ma préparation en Janvier. Malheureusement, je me suis blessé directement, donc c’était compliqué.

Comme c’était censé reprendre en Mars, j’ai voulu reprendre la moto tôt mais je me suis fait mal de nouveau, donc heureusement que le championnat a été reporté et que ce dernier ne commence que fin juin sinon je n’aurais pas été prêt pour le début de saison. Moi, j’avais plutôt dans l’optique de commencer mon intersaison normalement et de voir en fonction du calendrier, quitte à freiner un peu et reprendre un mois avant le championnat. C’est un petit peu ce que le team Honda 114 Motorsports a fait, mais ce n’est pas exactement ce que moi j’avais en tête. Livia sait très bien ce qu’elle fait, les entraineurs aussi. C’était juste un peu frustrant pour moi de savoir que je ne pouvais pas reprendre l’entraînement quand je voulais.

Pourquoi Livia a-t-elle voulu que tu attendes avant de débuter ta préparation ?

Parce qu’elle savait – bien que je ne sache pas si elle en était certaine, ou si elle s’en doutait juste – que le début de saison allait être repoussé. Je ne sais pas comment elle savait ça [rires]. Elle m’a dit que ça ne reprendrait jamais en Mars, et qu’on allait reprendre doucement pour ne pas trop se fatiguer. De son côté, Quentin Prugnières a repris au moment où moi je voulais reprendre, je le voyais s’entraîner et c’était vraiment très frustrant pour moi de ne pas pouvoir rouler.

Finalement, surprise, tu as quitté l’équipe Honda 114 pour rejoindre VRT KTM à quelques semaines de l’ouverture de l’Europe; pourquoi ce choix ?

Ce n’était pas un choix facile, ça m’a fait un peu de mal de partir mais j’avais besoin d’un bol d’air. Il y a eu quelques malentendus avec 114 Motorsports, rien de grave, mais j’avais besoin de changement.

Je me suis dit que quitte à changer, autant avoir le choix et essayer une KTM pour voir si ce qu’on en dit est vrai. J’ai testé, et j’ai vraiment apprécié la 250SXF quand je l’ai essayée. Comme l’occasion de signer avec VRT KTM s’est présentée, j’ai accepté après le premier test.

Ça remonte à quand, ces contacts avec VRT ?

On est en contact depuis longtemps. Pour rouler avec eux, ça fait peut-être un an. Comme on n’habite pas très loin, on se voyait souvent, on les connaissait déjà bien. L’an dernier, on y avait déjà pensé un peu, et ça a fini par se faire cette année.

Est-ce que tu avais une Honda 250 d’origine jusque-là ?

Alors ça, c’était l’un des problèmes. Je ne savais pas ce qu’il y avait dans la moto. Ils ne voulaient pas me le dire; c’était un peu compliqué. Je pense qu’à l’entraînement, j’avais une moto avec quelques petites préparations, mais vraiment pas grand-chose. Ça dépendait des entraînements. Cette année, un peu avant Ernée, je devais tester un boîtier. Jusque-là pas de problèmes, mais vu que le boitier n’était pas au point, ça avait tendance à m’énerver car je revenais de blessure et je perdais du temps avec ça. Ça me foirait mes entraînements. Les années d’avant, j’avais une moto totalement différente des autres pilotes. Je pense que cette année, je partais avec la même moto que Joel Rizzi, mais surement une moto différente de Ruben Fernandez. Ruben a fait plein de testings avec le motoriste, mais nous, on ne l’a pas fait.

Tu avais ton mot à dire au niveau du testing ?

Malheureusement, pas du tout. Dès que je disais quelque chose, on me répondait « Oui, mais toi, tu ne connais pas, bla bla bla […] ». Dès que je disais que je sentais quelque chose, ils n’étaient pas d’accord avec moi. Ce qui explique aussi mon choix de partir.

Alors, cette KTM, en comparaison avec la Honda ?

C’est assez drôle, mais quand j’ai essayé la KTM à Saint Jean d’Angely, sur le sec, j’ai eu l’impression que c’était une 350 [rires]. Je n’y croyais pas trop, je ne savais pas trop quoi penser, je me disais que ce n’était pas une 250. Mais en fait, c’était bien une 250 préparée. La Honda n’était pas mauvaise, mais il y avait une sacrée différence, c’était vraiment choquant.

Du coup, nouveaux changements dans ton programme, nouveau déménagement ?

C’est ça, j’ai de nouveau déménagé, j’habite aux Sables d’Olonne pour l’instant. C’est pratique car mon père n’habite pas loin. Par la suite, c’est prévu que le team se déplace pas mal. Niveau courses, c’est toujours le championnat d’Europe, quelques épreuves du France mais assez peu, car beaucoup sont en même temps que l’Europe. Vu qu’on va souvent bouger pour s’entraîner, je ne sais pas si je pourrais être à toutes les courses.

L’Europe débute dans une semaine, ça ne va pas être un peu short ?

Ça va, je m’y fais vite à cette moto. Après, c’est clair que c’est short au niveau de l’organisation. Livia m’a désinscrit de l’Europe, c’est normal car je ne le fais plus avec elle, donc du coup il faut me réinscrire sachant qu’il y a beaucoup de procédures à faire avec le Covid-19, donc c’est un peu short.

Si on roule sur une moto d’origine, la KTM semble être celle vers laquelle il faut se tourner aujourd’hui.

Oui, même si je ne cache pas que j’ai aussi essayé une Yamaha d’origine d’un ami à moi, et c’est performant aussi; peut-être pas autant que la KTM d’origine, mais ce n’est pas ridicule à côté non plus.

C’était inévitable après 5 ans, de vouloir voler de ses propres ailes ?

J’avais besoin de changer d’air, c’était tout le temps la même chose et je pense que c’est aussi ça qui m’a fait partir. Je n’étais plus aussi à l’aise qu’avant dans l’équipe et je me suis dit que changer d’air, ça allait m’aider.

Tu m’as parlé de ta blessure. Physiquement, tu en es où aujourd’hui ?

Honnêtement, pas totalement prêt. Je n’ai pas fait ma préparation hivernale comme les autres, ou comme j’aurais aimé le faire mais je pense que je pars sur une base plutôt solide. Je n’ai jamais eu trop de problèmes pour finir les manches; à l’heure d’aujourd’hui, j’ai réussi à finir les manches à Ernée même si je n’ai pas décroché les résultats que j’aurais espérés. Si je prends en compte l’hiver que j’ai passé, c’est plutôt positif.

Je comprends mieux pourquoi, à Ernée, on ne t’as pas vraiment retrouvé là où on t’attendait.

Après la blessure, c’était un peu près à ça que je m’attendais, à être en dedans en quelque sorte. C’est sûr que de base, sans cette blessure, l’objectif aurait été totalement différent. Là, c’était surtout faire du roulage en conditions de course pour me sentir le mieux possible lors de l’ouverture de l’Europe à Matterley Basin. Au final, je ne me suis pas refait mal, j’ai fini les courses, j’ai roulé, il y a quand même du positif à en tirer.

Et t’aligner sur une épreuve du mondial MX2, c’est quelque chose qui te titille ?

Alors ça, oui. J’aimerais beaucoup mais ça va dépendre de mes résultats de cette année; on verra bien. Déjà l’année dernière, au début de l’hiver, je m’étais un peu monté la tête parce qu’il n’y avait pas d’épreuve de l’Europe en même temps que le grand prix de France qui était prévu à Saint-Jean d’Angely; comme je suis de là-bas je voulais absolument faire mon premier GP là-bas. Finalement, ça ne s’est pas fait, et de toute façon, je n’étais pas prêt. Sinon, c’est quelque chose que j’ai envie de faire.

Fin 2021, qu’est-ce que tu considéreras avoir été une bonne saison ?

Avoir fait des coups d’éclat en Europe surtout. Pour l’instant les objectifs sont un peu différents de ceux que j’avais en début d’hiver. Ceux du début d’hiver c’était de se rapprocher du top 5 sur des manches, et intégrer le top 10 final. Là, du coup, j’y vais avec une optique différente mais toujours en gardant cet objectif pour la fin de saison. Ce n’est pas parce que je n’étais pas bien en début de saison, que ce sera le cas en fin de saison. Je peux quand même faire un top 10 final. Une bonne saison pour moi, ce serait d’atteindre mes objectifs d’avant blessure.

Finalement, du haut de tes 17 ans et après deux saisons en 250, tu peux encore faire 6 saisons dans la cylindrée. Sur le long terme, ce serait quoi l’objectif ?

Faire des bons coups d’éclat et pouvoir avoir de bonnes opportunités niveau moto. J’aimerais – comme tous les jeunes – aller aux USA, rien que pour le Supercross. C’est vraiment mon rêve. L’Europe, c’est un peu comme un tremplin si je prends exemple sur Dylan Ferrandis. Je suis toutes les épreuves et si l’occasion se présente, je saute dessus.

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