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Jimmy Clochet « Le rêve de mondial était devenu un vrai cauchemar »

Après quelques années à se concentrer sur le Motocross, années durant lesquelles il aura évolué au niveau national, Européen mais également mondial, Jimmy Clochet renoue avec le Supercross. Blessé lors de l’Elite de Gueugnon en début de saison, le pilote Français avait grand besoin d’un changement d’air et pour ce faire, ce dernier s’est engagé sur le SX Tour, le Pro Hexis et quelques Supercross à l’étranger pour le reste de la saison. Autant dire que le programme pour la saison 2022 est bien différent de celui suivi en 2021, saison lors de laquelle Jimmy Clochet s’engageait sur le mondial MXGP avec l’équipe SDM Corse Beta; une collaboration qui n’avait – finalement – rien du rêve annoncé; Micro.

Jimmy, j’aimerais commencer par revenir à la saison 2019. Beaucoup se souviendront de ton passage sur l’Europe 250 avec Bud Racing. Tu te battais avec des Rubini, Moosdijk, Benistant, Hofer, Fernandez & Co avant de tomber malade en Russie et de connaître une fin de saison très difficile. Avec le recul, est-ce que tu te dis que c’était parti pour être ta meilleure saison, et finalement, ça aura été l’une des plus compliquées ?

Je ne dirais pas ça, avec le recul car ça a été une saison vraiment enrichissante, j’ai fait 3 championnats dans la saison: l’EMX250, le National 450 et l’Elite MX1. J’ai enchaîné 22 courses dès le mois de mars sans m’arrêter en switchant de catégorie, de la 250 à la 450. Ça a été enrichissant car j’ai pu prendre beaucoup d’expérience, je ne me suis pas blessé, et j’étais aux avant-postes sur l’Europe dès les premières épreuves; j’avais travaillé pendant des années pour arriver à ce niveau. C’est vrai que ça avait très bien commencé, avant que je ne finisse la saison sur les rotules; malheureusement après l’intoxication alimentaire en Russie j’ai dû me dépasser pour rouler car j’étais dans les 5 de l’Europe, et ça m’a finalement ruiné ma fin de saison, j’étais complètement vidé physiquement. C’est vrai que sur le papier, ça fait chier, mais je dirais que j’ai fait une saison enrichissante. J’analyse tout ça saison par saison, afin d’essayer de progresser.

En 2019, Jimmy réalisait un gros début de saison sur l’Europe 250 avec Bud Racing

En 2020 tu décroches le titre sur le National 450. Tu fais trois épreuves de l’EMX Open et tu en gagnes deux. Tu fais 7 de l’Elite mais on t’a retrouvé sur un programme perso après ta belle saison 2019. C’était difficile à comprendre; on peut revenir là-dessus ?

Après 2019, j’avais des propositions pour intégrer des structures sur l’Europe et même en mondial. Malheureusement, tout ça a été géré par les mauvaises personnes et je me suis retrouvé en octobre / novembre 2019 dans la merde, tout seul, et sans rien. Avec mon père, on a dû remettre en place la structure familiale pour la saison 2020 et se débrouiller. À l’époque, j’ai fait confiance et au final … Si les choses s’étaient passées différemment, je serais peut-être ailleurs aujourd’hui. J’ai des regrets, et je suis un peu déçu à cause de ça. Mais bon, on a remonté la structure familiale; j’ai participé à l’ADAC Supercross en Allemagne pendant l’hiver et j’ai déclenché le syndrome des loges, j’ai dû me faire opérer deux fois car le premier chirurgien n’avait pas fait le nécessaire. J’ai perdu 1 mois et demi sur les deux opérations et quand on a enfin attaqué la saison 2020, il y a eu le Covid, le confinement, et l’Elite s’est très mal passé pour moi. En Mars, j’avais gagné l’international de Sommières devant les tops de l’Elite et j’avais des attentes sur les trois courses de ce championnat.

J’ai pris une bonne claque cette saison-là, et quand on est rentré de Rauville après la finale de l’Elite on a pris le calendrier MXGP avec mon père, on a vu qu’on pouvait faire les trois dernières épreuves de l’EMX Open à Arco Di Trento. J’avais un mois et demi devant moi pour m’entraîner, alors on a recadré le programme avec mon père et un ami médecin qui me suit depuis des années. J’ai bossé fort et j’ai gagné 2 des 3 épreuves de l’Europe, j’avais bien remonté la pente et j’étais content.

En 2021, tu signes avec SDM Corse Beta après avoir bien roulé sur l’EMX Open fin 2020, c’est ça ?

Oui. L’avantage que j’ai eu, c’est qu’avec le Covid, l’EMX Open roulait le samedi et le MXGP le dimanche. Du coup, tous les entraîneurs, pilotes, team-manager étaient tranquilles le samedi et venaient regarder les courses de l’Europe. J’ai eu de la chance car j’ai été vu par beaucoup de monde à Trentino et 15 jours après la dernière épreuve de l’Europe, j’ai eu un coup de fil de l’usine Beta pour me proposer de venir essayer la moto.

Pour 2021, Jimmy Clochet signe son contrat avec SDM Corse Beta pour faire une saison de mondial MXGP

Tu signes au sein d’une équipe usine pour évoluer sur les épreuves Européennes du mondial MXGP, aux côtés de Van Horebeek. Sur le papier, c’était le rêve, mais tout n’a pas été aussi rose qu’espéré pour toi, malheureusement.

Quand j’ai signé, Jeremy m’a rassuré en me disant « On est avec l’usine, ça réagit vite quand il y a un problème, ne t’inquiète pas« . Le premier souci – qui est largement pardonné – c’est que quand tu arrives en MXGP la première année avec une moto d’Enduro, quand tu vois contre quoi et qui tu roules, tu sais que tu ne peux pas faire des exploits.

Moi, je n’avais pas les dernières évolutions, que Jeremy avait. On a beaucoup pêché au niveau du moteur même si la moto avait un bon châssis, elle était cool à piloter. On était un bon cran, voire deux en dessous des autres au niveau du moteur. Lors des départs, dans le sable, face aux autres c’était très dur.

Par-dessus ça, j’ai roulé les 7 grands prix avec des suspensions d’enduro. Je n’ai pas pu avoir de bonnes suspensions de Motocross et à côté de ça, je devais aussi aider à développer la moto. Le problème, c’est que je prenais énormément de risques, je suis tombé beaucoup de fois, je me suis retrouvé à l’hôpital beaucoup trop de fois et c’est ce qui m’a fait prendre la décision de mettre un terme à ma saison avec Beta. Le rêve de mondial était devenu un vrai cauchemart. Monter en mondial, c’est le rêve de beaucoup de pilotes, je me suis donné la peine de m’entraîner fort sur la moto, physiquement, au niveau des testings et au final, le patron n’était pas d’accord pour me fournir du meilleur matériel. Je prenais trop de risques et les pistes MXGP ne sont pas faites pour des suspensions d’Enduro. De son côté, Jeremy gérait les suspensions avec son propre sponsor, et de par son nom et son expérience dans le milieu, c’était plus simple pour lui d’imposer certaines choses. Moi, on me disait « mets du gaz, et on verra » [rires].

J’ai roulé en Allemagne pour mon dernier GP; je suis vraiment tombé fort dans une descente. Vu comment j’avais bossé, j’estimais quand même pouvoir aller chercher un top 20/25 et pouvoir me battre avec les 5 derniers de la catégorie, qui restent des gros poissons avec un bien meilleur palmarès que moi. Devoir me battre pour être dernier, je m’en foutais, je voulais accrocher ces mecs-là et je savais que j’en étais capable même si le MXGP, c’est la guerre. Le problème, c’est qu’au bout de 2 tours, j’étais complètement largué. J’avais du mal à piloter la moto, elle me promenait dans tous les sens, elle me fatiguait. Je devais forcer et en Allemagne, j’ai pris une dernière boîte après m’être fait malmener par la moto. Je suis rentré et j’ai dit « j’arrête, ça va mal se terminer pour moi, je vais finir par me faire vraiment mal« . J’ai dû me prendre 15 boites de malade en un hiver, et 7 GP. C’était infernal.

Derrière, on devait aller au grand prix de France. C’était très dur pour moi de refuser. Le rêve de gamin qui s’envole. Tu es pilote usine en MXGP, tu as un coéquipier au top, une moto toute belle qui t’attend pour le GP de France mais j’ai décliné ça, car l’image que je donnais sur la moto, ce n’était pas la mienne. Je ne voulais pas rouler en France devant 25.000 spectateurs à me retrouver tout seul sur le terrain, bon dernier, à ne rien pouvoir faire parce que je n’y arrivais pas avec cette moto.

Aujourd’hui, je connais mon potentiel, je sais ce dont je suis capable, mais avec cette moto; je ne pouvais pas m’exprimer et c’était dur à accepter.

Une expérience difficile tant mentalement que physiquement; Jimmy arrêtera sa collaboration avec Beta après l’Allemagne

Si tu avais pris cette moto pour t’aligner sur l’EMX Open, sur lequel tu gagnais des manches en 2020, tu aurais gagné également avec la Beta ?

[rires] Ah, on me l’a posée cette question ! Réellement ? Quand j’ai regardé les manches de l’EMX Open en 2021, il y avait tout le temps 40 mecs derrière la grille. Nous, en 2020, on était dans les 25; et entre un départ à 25 pilotes et un départ à 40 pilotes, l’histoire est bien différente. Concrètement, avec la Beta, je ne pense pas que j’aurais pu gagner une manche ou un général sur l’Europe. Rien que dès le départ, je n’aurais pas eu les chevaux suffisants pour arriver devant au bout de la ligne droite et on sait que les départs sont très importants, surtout que le niveau était un peu plus homogène en 2021.

Fin 2021, tu intègres la structure de Florent Richier – FR 25. Tu en fais toujours partie ?

Non, malheureusement. Ce n’était pas de notre bon vouloir; on s’entendait très bien avec Florent depuis des années. Quand je l’ai contacté pour savoir s’il était intéressé, il m’a dit oui tout de suite. Tout se passait très bien mais vu que je me suis blessé à Gueugnon, tout a déraillé. Florent avait besoin de résultats, moi aussi, et ma blessure est arrivé au mauvais moment. J’ai tout fait pour revenir le plus vite possible en Supercross mais le team avait perdu des partenaires entre-temps et ça commençait à devenir compliqué pour me fournir du matériel. On a convenu de se séparer en bons termes et avec mon père, on a remonté la structure familiale avec nos contacts. Hormis mes périodes au sein de teams, c’est toujours mon père qui a géré la structure, on a l’habitude, donc on s’est retourné assez rapidement.

Une mauvaise chute à Gueugnon, et c’est toute la saison d’Elite qui passe à l’as. @kevinfrancoisphoto

Tu avais quels objectifs sur l’Elite cette année ? Tu avais une revanche à prendre après 2020, tu as roulé sur le mondial en 2021, j’imagine que tu avais en tête d’aller faire une belle saison d’Elite en 2022.

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que ce n’est pas parce que tu fais du mondial que tu vas fracasser tout le monde quand tu reviens en championnat de France. En plus de ça, sur le mondial, je terminais une manche sur deux et je ne me battais pas à mon niveau. Je n’ai pas l’impression d’avoir pris une vitesse de dingue mais par contre, j’ai pris de l’expérience et de l’assurance car j’ai pu rouler avec des pilotes bien plus costauds.

Pour cette saison d’Elite, je voulais me relancer. La saison de mondial 2021 avait été la plus difficile mentalement; le rêve était devenu un cauchemar, ça m’avait détruit mentalement et j’ai eu du mal à me relever. J’ai pensé à arrêter la moto tellement ça avait été compliqué pour moi.

Derrière, j’ai décidé de recadrer les choses et avec mon père, on s’est rapproché d’un entraîneur physique – Thierry Tribondeau – qui habite à côté de chez moi. On a fait un bel hiver, une grosse préparation. Je voulais montrer que je faisais partie du top 3/5 régulier sur l’Elite, à pouvoir me battre pour une victoire de manche ou de journée. On a très bien travaillé après une bonne pause de 2 mois après la saison de GP 2021; c’était difficile de repartir, le GP de France m’avait marqué. Je l’avais regardé chez moi, dans mon canapé, dépité. Mentalement, il a fallu repartir mais on a très bien travaillé pendant l’hiver.

L’objectif de l’Elite – malgré le début de saison à Loon …[rires] – c’était d’aller chercher le top 5, top 3 à l’Elite voir mieux. J’étais au top physiquement, j’avais fait un beau cross’ inter à Sommières, la pole à Gueugnon dans la matinée, avant de tomber j’étais parti pour faire quelque chose de bien, mais voilà, la chute est arrivée … Cette année, on était un bon paquet à mettre beaucoup de gaz sur l’Elite, ça aurait pu se passer autrement, mais c’est comme ça.

Tu t’es blessé à la jambe et à l’épaule à Gueugnon.

C’est ça, double fracture du péroné et une épaule déboîtée. Cinq jours après ma chute, on a fait un scanner et j’ai su que j’avais trois fractures au niveau de l’épaule, deux sur l’omoplate et une autre sur le coracoïde. L’opération n’était pas nécessaire mais je suis resté un mois en fauteuil roulant avant de reprendre un peu la mobilité du bras. Deux mois et 9 jours après ma chute, j’ai repris la moto. C’était très court et j’ai travaillé tous les jours pour me soigner et revenir. J’ai repris rapidement mais il fallait faire attention car j’avais encore les traits de fracture à la jambe, et il me manquait quelques degrés d’amplitude au niveau de l’épaule. De là, j’ai préparé le Supercross du mieux que j’ai pu avant Chateauneuf.

Ça faisait un bout de temps que Jimmy n’avait plus fait de Supercross, 2018 pour être précis.

J’ai pu reprendre le physique de bonne heure donc physiquement, je pense que j’ai une bonne base même si je suis loin d’être à 100%. À l’heure où je te parle, j’ai dû faire 5 entraînements en SX, ce qui représente à la louche 10 heures de moto. C’est rien comparé aux autres qui ont 30 ans, de l’expérience, 7 courses d’Elite dans les jambes, des manches de 30 minutes. Aujourd’hui, rouler en SX pour moi c’est presque exceptionnel.

Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de t’avoir vu évoluer en Supercross par le passé; c’est quoi ton expérience dans la discipline, concrètement ?

J’en ai fait en 125, je me battais à l’époque avec Imbert, Houzet, Verhaeghe, on était 4 pilotes à se tirer la bourre.

Jusqu’en 2018, je faisais toujours quelques SX quand je pouvais, type Milan, Turin, voir Genève quand j’avais une wildcard. J’ai fait le SX de Paris en 2017, de souvenir, sur la Suzuki avec des suspensions de Motocross, j’y suis allé à la dernière minute, pour le plaisir [rires].

J’ai toujours fait quelques Supercross sans trop d’entraînement, j’ai quelques facilités dans la discipline, je comprends vite et je m’en sors assez rapidement. En plus, je prends de bons départs donc ça me permet d’accrocher les pilotes plus forts.

Depuis fin 2018, je n’ai plus fait de Supercross. De souvenir, le dernier SX que j’ai fait, c’était celui de Turin, mon premier en 450 avec Brayton, Seely, Stewart et Carmichael. En finale, je suis parti en tête et j’ai terminé 3ème derrière Seely et Brayton, Stewart & Carmichael étaient tombés et j’ai fait podium [rires].

Tu disais vouloir te changer les idées après ta saison d’Elite. Chateauneuf, Agen, Carpi, Fresnes. Comment ça se passe ce retour en Supercross pour toi ?

Vu que ça fait 4 ou 5 ans que je bourrine en Motocross, le changement est cool. Ça fait du bien, c’est un autre travail physique, un entraînement différent, une approche différente et j’aime ça.
Pour les quatre premières épreuves, je suis content car je suis monté en puissance au niveau du maintien des manches, au niveau des chronos, je me suis rapproché des premiers et j’ai vraiment évolué positivement.

J’étais assez stressé à Chateauneuf, j’en ai chié. Il y avait l’appréhension de revenir en compétition, qui plus est sur un Supercross et en plus, je ne me suis pas facilité la tâche car j’ai fait 2 holeshots sur 3 manches et je me suis retrouvé avec les 10 meilleurs du SX Tour dans ma roue. C’était une belle expérience [rires].

On a fait le débrief avec mon coach, et on est content de ce dernier mois, ça progresse, on ne regarde pas forcément le résultat. On regarde plus la manière, la progression. Le but est de sortir grandi, entier, et de progresser. Premier objectif, rester en un seul morceau et progresser à chaque sortie.

De retour avec son programme familial, le Français se relance sur le Supercross pour changer d’air après sa blessure sur l’Elite

Tu vas aller faire des Supercross à l’étranger cet hiver ?

J’ai déjà pas mal de courses de prévues au programme. Il y aura une course au Luxembourg avant la seconde épreuve du SX Tour de Briennon. Mon objectif serait de pouvoir me qualifier pour le Supercross de Paris. De tête, ils prennent d’office les 6 premiers du SX Tour pour participer à Paris. Pour le moment, je suis 9ème et il me reste une seule course – Briennon – pour tenter de me qualifier. Je sais que ça va être compliqué de gravir les échelons, il faut du temps, du travail, tu ne peux pas tout casser d’un coup. Là, je suis en discussion avec des équipes pour participer au championnat de Supercross Allemand, l’ADAC.

Et j’imagine qu’on ne te verra pas sur le GP de France cette année, à St Jean d’Angely ?

J’y ai pensé, mais malheureusement non. Je reste réaliste, même à 100% de nos capacités c’est compliqué de réussir à se battre en mondial MXGP. J’ai arrêté le MX au mois de mars, Saint-Jean c’est dans un mois et il se sera écoulé presque 6 mois entre mon dernier MX et le GP de France. Je n’ai pas fait de Motocross depuis ma blessure, uniquement du SX, pas une seule manche de 30 minutes. Il faut montrer une bonne image pour les partenaires sur le GP de France, donc je ne vais pas aller faire le mondial cette saison. Ça aurait été prévu au programme si je ne m’étais pas blessé, tout comme les épreuves de l’EMX Open.

Tu sais, j’étais en Angleterre pour la première épreuve de la saison, il y avait l’Europe Open ce jour-là. L’épreuve a été décalé d’une semaine à cause de la tempête et moi, je ne pouvais plus être présent car je devais être à Sommières pour les partenaires du team FR 25 et Suttel. J’ai fait un petit aller-retour à Matterley Basin dans le vent, c’est le cas de le dire [rires].

Pour 2023, l’avenir est encore incertain pour Jimmy mais une chose est sûre, le garçon fera son maximum pour retrouver les devants sur l’Elite, et il espère bien pouvoir participer à l’Europe Open, de nouveau

Tu m’as dit que tu voulais retourner sur l’EMX Open en 2023, mais que c’était aussi compliqué car les gens t’oublient vite quand tu ne roules plus. C’est quoi, l’angle d’attaque pour revenir sur l’EMX Open ?

Il faut prendre le camping-car, faire les épreuves les plus proches comme Arco, Mantova, Matterley, les épreuves qui sont faciles d’accès. Il faut performer fort, se faire voir, montrer que tu es tout seul et que tu as besoin d’aide et derrière, espérer qu’on vienne te contacter. Aujourd’hui je n’ai plus d’agent, j’ai arrêté les frais [rires].

Une dernière pour la route. L’an dernier, j’avais demandé l’avis à quelques pilotes concernant la règle d’éligibilité sur le National. Tu es champion National 450 en 2020, la même année tu fais top 10 de l’Elite. Cette nouvelle règle t’empêchait donc de faire le National en 2022. Règle justifiée ?

Oui. On reste sur un championnat de France moins relevé, sur lequel les pilotes qui ont moins de niveau que certains pros’ qui évoluent sur l’Elite vont pour aller chercher un top 5 ou top 3. Si tu fais venir à chaque fois 2/3 gros poissons, tu perds le podium, le top 5. Je comprends même si c’est toujours valorisant pour un championnat National d’avoir quelques pilotes pour relever un peu le niveau; je le vois aussi de cet oeil-là.

Là où c’est plus perturbant, c’est qu’on le fait aussi car nos partenaires nous le demandent. Du coup, ça nous enlève un championnat et donc ça nous enlève du budget. C’est 50/50. Mon opinion, c’est que c’est un championnat moins relevé et il faut laisser aux autres pilotes la chance de s’épanouir et de décrocher leurs premiers résultats sur ces championnats-là.

Jimmy Clochet « Le rêve de mondial était devenu un vrai cauchemar »
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