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Martine Hughes, une pépite Norvégienne chez Honda 114 Motorsports

Martine Hughes, une pépite Norvégienne chez Honda 114 Motorsports

Elle est jeune, elle est Norvégienne, et Livia Lancelot a fait le pari de miser sur son talent cette saison; pari (de nouveau) payant. Retenez bien le nom de Martine Hughes qui, du haut de ses 17 ans, a surpris tout le monde s’adjugeant un podium de mondial WMX, dès sa première tentative …

Malgré son inexpérience de la catégorie, Martine Hughes a joué des coudes avec les meilleures pilotes féminines dans les deux manches de l’ouverture du mondial féminin à Mantova ce week-end. La pilote Norvégienne n’a pas courbé l’échine face à Courtney Duncan, Nancy Van de Ven ou encore Larissa Papenmeier. Martine a rapporté un premier podium en mondial féminin (3e) à l’équipe Honda 114 Motorsports, qui développe seulement son programme féminin depuis la saison dernière. La structure affiche désormais une line-up capable d’aller rivaliser avec n’importe quel pilote Factory en 2022 avec Ruben Fernandez (MXGP), Hakon Fredriksen (MX2), Martine Hughes et Tahlia O’Hare (WMX).

Une première douche de champagne sur un podium de mondial pour Martine Hughes (à droite)

Intégrée à l’équipe Honda 114 Motorsports à l’intersaison pour évoluer aux côtés de l’Australienne Tahlia O’Hare, Martine Hughes était pour le moins inconnue du grand public avant ce week-end, et pour cause: l’espoir Norvégienne n’avait jamais roulé sur une épreuve de rang mondial avant Mantova. Elle ramène au passage le premier podium de la marque Honda en mondial Féminin depuis le 26 juin 2016.

“J’ai eu ma première moto grâce à mon père à l’âge de 4 ans” nous raconte Martine. “J’ai commencé en roulant derrière la maison jusqu’à ce que je devienne licenciée au motoclub d’Elgane à 5 ans. J’ai roulé sur les courses locales en Norvège, les courses de la zone Ouest, ou en championnat Norvégien. À 13 ans, j’ai commencé à concourir sur des épreuves internationales pour la première fois. J’ai roulé sur quelques épreuves au Danemark, sur une épreuve de l’Europe 85 et sur quelques épreuves du championnat Nordique. Trois ans plus tard, me voilà à réaliser ma première saison sur le mondial féminin.”

“Avoir l’opportunité de signer avec l’équipe Honda 114 Motorsports a été énorme pour moi. C’est sûr que c’est un tournant dans ma carrière. Début 2021, mon entraîneur (Espen Blikstad – entraîneur de l’équipe de Norvège) m’a demandé si rejoindre une équipe était une option pour moi, malgré l’école. J’ai dit oui. Quand il est allé sur les Grands Prix pour voir rouler les pilotes Norvégiens, il a parlé à diverses équipes pour moi, c’est comme ça qu’on est entré en contact avec Livia. En décembre, je suis allé en France avec ma mère pour un week-end, afin de rencontrer Livia Lancelot et l’équipe. Fin 2021, j’ai signé un contrat d’un an avec eux.”

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Avoir une mentore expérimentée qui répond au nom de Livia Lancelot, what else ?

Finis la Norvège pour l’instant; Martine réside désormais en France avec sa coéquipière Australienne Tahlia O’Hare, qui réalise pour sa part sa seconde saison sur le mondial féminin sous l’oeil avisé de Livia Lancelot. Pour la pilote Norvégienne, intégrer une équipe de rang mondial est un changement de taille, et surtout, une opportunité saisie à bras le corps.

“La préparation à la saison 2022 avec l’équipe Honda 114 Motorsports a été très différente de mes anciennes préparations. Avec Honda 114, on roule 4 fois par semaine, et on s’entraîne physiquement 3 fois par semaine. Notre entraînement physique est géré par un entraîneur professionnel, et Livia s’occupe de notre programme d’entraînement. Tout est très équilibré. Avant de signer avec 114, je faisais toutes mes préparations hivernales en Norvège, en plus de quelques semaines d’entraînement en Espagne ou en Italie. En hiver, les terrains gèlent en Norvège, donc quand ces derniers fermaient, je faisais beaucoup de préparation physique.”

On entend dire qu’elle marche fort, cette 250 CRF sortie des ateliers Honda 114 Motorsports. La preuve.

Le quotidien de Martine Hughes a pour le moins changé ces derniers mois. Martine a troqué les bancs de l’école la semaine pour la routine rythmée d’une pilote de GP, en vue de se donner les moyens de performer au niveau mondial. Pour autant, cette dernière n’a pas délaissé ses études école de mécanique, qu’elle continue de suivre avec l’aide de ses professeurs Norvégiens, malgré la distance.

“Je vis désormais dans un appartement avec TJ O’Hare et un de nos mécaniciens, Antoine. On habite à 5 minutes de l’atelier de l’équipe. Quand on s’entraîne, Livia choisit le terrain sur lequel on va rouler, et a quelle heure on doit partir. On se rend tous ensemble à l’entraînement, d’habitude, avec 2 vans/voitures et on retrouve Livia sur place. Les mécaniciens s’occupent de nos motos, et tout ce que j’ai à faire, c’est de rouler et m’occuper de mes tenues. Quand je rentre à l’atelier, je nettoie mon équipement, je fais de la récupération, je mange et je me détends. J’étudie un peu, mais pas toujours.”

Le mondial féminin, un rêve touché du doigt pour la première fois ce week-end à Mantova, et une première expérience marquée par une entrée en matière fracassante. De la débrouillardise familiale aux podiums du mondial, il n’y a parfois, qu’un petit pas …

“Quand on allait sur les épreuves avec mon père, on y allait avec notre van aménagé. On y avait construit deux lits et un plan de travail pour la cuisine, c’était assez miteux. On empilait tout comme on pouvait pour aller sur les courses. Au fond du van, il restait juste assez de place pour ma moto et quelques outils. On l’avait recouvert de sponsors qui me soutenaient; tout le monde savait qui arrivait sur les terrains ! Ce week-end à Mantova, on a dormi à l’hôtel, et je pouvais me changer et me détendre dans le camion de l’équipe, on était garé juste à côté de la ligne de départ ! Il y avait des fruits et de l’eau à volonté. Le plus cool, c’est qu’on a pu manger le midi et le soir, et la nourriture était vraiment bonne. Avec mon père, on a fait griller notre nourriture sur notre barbecue Weber.”

Après la surprise, la joie. Père (Glyn Peter Hughes) et fille savourent un podium décroché grâce à un excellent coup de gachette

“J’ai essayé de ne pas trop avoir de trop grosses attentes pour Mantova; mais j’espérais être proche du top 5. Je rêvais d’un podium, vers la fin de saison. Visiblement, je n’ai pas eu à attendre jusque-là ! Dès les essais chronos, j’ai montré une belle vitesse en signant le second temps, mais je sais que la qualification et la course sont deux choses différentes. Finir troisième du général ce week-end, c’était une grosse surprise pour moi. Sur la route pour l’épreuve, mon père m’a demandé ce que j’espérais en terme de résultat pour le week-end. J’ai dit faire un top 5, il m’a répondu que les chances étaient plutôt minces. On n’avait aucune idée de ce qu’il allait se passer.”

“Ce week-end a été une grosse expérience pour moi. Désormais, je sais à quoi m’attendre pour les prochaines courses et je sais comment une journée de course fonctionne. C’est plus rassurant de savoir comment se déroule une journée, et voir comment le tracé se développe au fur et à mesure de la journée a aussi été une grosse expérience. Pour être encore plus proche des avant-postes, je pense qu’il me faut passer plus d’heures sur la moto, c’est la clef pour moi pour l’instant, et continuer d’attaquer, mais intelligemment.”

“Je suis très reconnaissante d’avoir cette opportunité. Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir intégrer une grande équipe comme celle de Livia Lancelot. Les gens qui composent l’équipe, et l’état d’esprit sont le plus important pour moi. Si je n’étais pas bien avec l’équipe, alors ça ne fonctionnerait pas !”

Prochaine épreuve à Agueda (Portugal) le 3 avril prochain

Images: Thibault Gastal – Honda 114 Motorsports

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