Les récents résultats de Ken Roczen tombent à point nommé, alors que ses principaux rivaux au championnat – Eli Tomac et Hunter Lawrence – ont connu quelques week‑ends difficiles.
Pourtant, l’épreuve de ce week-end à Saint Louis n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices pour le pilote Suzuki, auteur d’une première séance qualificative compliquée. Mais, resté lucide, Ken Roczen a su surmonter ses difficultés pour inverser la tendance: auteur de la pole, vainqueur de sa heat, vainqueur de la finale, il s’impose pour la troisième fois cette saison : une première depuis 2021.
« Franchement, je n’étais pas super à l’aise en début de programme », admet le pilote HEP Suzuki en conférence de presse. « J’étais plutôt bien partout cette saison, mais pas cette fois, et je ne sais pas trop pourquoi. Je n’étais pas à l’aise lors des essais. Mais ça ne m’a pas affecté. C’est juste que parfois, ça demande un peu plus d’efforts que d’autres. Cette victoire n’a pas été facile à décrocher. Dès la première séance d’essais, c’était compliqué. La piste était piégeuse, longue, avec de gros enchaînements et une terre meuble. J’ai fait quelques tours lors de la première séance et je suis tombé. Je n’avais même pas encore envoyé tous les sauts et il ne restait que quelques minutes. J’ai terminé neuvième. Mais ça ne m’a pas déstabilisé. Après la deuxième séance d’essais, tout a été parfait. J’ai signé la pole, j’ai gagné la manche qualificative et j’ai fait une finale incroyable. Je suis sur un petit nuage. »
Avec cette victoire et la nouvelle contre-performance d’Eli Tomac, Ken Roczen se rapproche à vitesse grand V de la plaque rouge – une première à ce stade de la saison pour le pilote allemand, qui tente – malgré la pression grandissante – de rester concentré sur les épreuves sans se laisser distraire par le classement provisoire. Sur le plan comptable, le pilote HEP Suzuki a repris 26 points à Hunter et 17 points à Eli Tomac en deux rounds. Le voilà à 5 unités des commandes du championnat.
« C’est sûr que ce n’est pas simple de ne pas regarder les points. Mais Larry [Brooks – team manager] n’arrête pas de me dire de ne pas regarder le classement. J’essaie. Je suis hyper reconnaissant d’être dans cette position, car je n’ai jamais été dans cette situation si tard dans un championnat de Supercross. Je profite vraiment de chaque instant et peu importe ce que les gens disent : c’est moi qui roule. Même si ça tourne mal, ça restera une expérience incroyable. »
À presque 32 ans, Ken Roczen n’a toujours pas décroché de titre de champion de Supercross 450, malgré ses 26 victoires dans la catégorie. Voilà déjà neuf ans que le pilote allemand chutait lourdement à Anaheim 2, se blessant grièvement au bras. Une blessure – et ses complications – qui le poursuivront par la suite, laissant alors les doutes s’installer.
« Honnêtement, je n’aurais jamais cru être de nouveau dans cette position. Quand j’ai recommencé à rouler après mes blessures aux bras, je ne me sentais plus le même, physiquement et mentalement. J’ai connu quelques années très dures. Et parfois, quand on est au fond du trou, c’est encore plus difficile de s’en sortir. Vraiment, je n’aurais jamais pensé en arriver là de nouveau, mais une partie de moi y croyait quand même, et j’en suis là aujourd’hui ! C’est un peu nouveau pour moi aussi. Le team a beaucoup bossé, moi aussi personnellement, et je suis très reconnaissant d’être dans cette position aujourd’hui. Et comme je l’ai dit, si ça tourne mal, tant pis. Je n’ai vraiment rien à perdre. »
Interrogé sur la clé de ses performances cette saison, Ken Roczen persiste et signe : le pilote HEP Suzuki ne fait qu’un avec sa 450 RM-Z. Condition physique et force mentale au point, Ken peut également compter sur le soutien de son équipe, qui lui laisse quartier libre. De fait, toutes les pièces du puzzle sont réunies pour que le pilote allemand performe cette année.
« Je suis content de ma moto, je ne cesse de le dire, et c’est simplement la vérité. Je ne change rien dessus », conclut Ken. « J’ai roulé avec sur tellement de pistes différentes, sur des surfaces variées aux quatre coins du monde. Et je pense que tout se résume à la confiance : quand la piste se défonce, je n’ai qu’à m’adapter à la piste, je n’ai pas besoin de m’adapter à la moto en même temps. Après, j’ai bouclé beaucoup de manches ces six derniers mois. Il faut être en forme physiquement et mentalement, être en harmonie avec la moto, satisfait de ce que l’on a et de ce que l’on fait. Et j’ai une super équipe derrière moi : ils me laissent faire ce dont j’ai besoin pour me sentir à l’aise, et ça marche dans les deux sens. Je dirais juste que je me donne autant que l’an dernier, et que je roule vraiment très bien en ce moment. »









