Ivano Van Erp n’a pas eu le loisir de faire ses débuts en championnat du monde en 2026. Après sept années passées chez Yamaha, le pilote néerlandais avait monté un programme pour évoluer sur une KTM afin de réaliser un rêve de longue date : s’attaquer au mondial MX2. Un rêve qui s’est rapidement envolé à la suite d’une terrible chute lors d’une course de préparation aux Pays-Bas, qui a laissé Ivano entre la vie et la mort.
Au lieu de prendre le départ du Grand Prix d’Espagne à Almonte, Ivano Van Erp s’est retrouvé dans une unité de soins intensifs à se battre pour récupérer après sa terrible chute. Et, quatre mois après son accident, le pilote Néerlandais revient sur la gravité de ses blessures, sa longue rééducation, son départ de Yamaha et les nombreuses incertitudes qui entourent encore son avenir dans le sport à ce jour.
Devant la gravité de ses blessures subies à Oss, Ivano Van Erp admet n’avoir que très peu de souvenirs de l’accident aujourd’hui. « Lors de ma chute, j’ai subi une rupture de l’aorte et j’ai fait un pneumothorax. En plus de ça, je me suis fracturé l’omoplate, la clavicule et le sternum. La récupération va actuellement dans le bon sens. J’ai été opéré de la clavicule il y a deux semaines parce qu’elle ne consolidait pas correctement. Maintenant, tout est réparé et je peux reprendre progressivement le travail avec le kiné. Pour moi, tout est assez flou. Je ne sais pas comment je suis tombé ni ce qu’il s’est passé ensuite. J’ai un trou de mémoire de trois jours. Heureusement dans un sens, car j’ai le sentiment de ne pas avoir ressenti toute la douleur sur le moment, même si j’ai forcément beaucoup souffert. »
S’il n’est jamais facile pour un compétiteur de la trempe d’Ivano d’être cantonné au rang de spectateur depuis sa chute, le pilote Néerlandais fait preuve de patience pendant sa convalescence. « Je suis allé regarder à quelques épreuves du Dutch Masters, mais je ne ressens pas encore de frustration à l’idée de ne pas pouvoir rouler. Tout se fait étape par étape » explique Ivano Van Erp.
Le timing de cette chute la rend d’autant plus difficile à accepter. Après des années de travail sur l’Europe 125 puis 250 dans l’espoir de décrocher un guidon pour monter sur le championnat du monde MX2, tous les préparatifs étaient finalement bouclés avant que le destin ne vienne en décider autrement. « C’était un rêve de gosse de pouvoir me battre devant en championnat du monde MX2. J’avais une superbe opportunité de travailler avec mes propres partenaires et les personnes en qui j’ai confiance. Tout se passait très bien. J’étais en confiance, je me sentais bien sur la moto et je l’avais montré à Oss lors de cette course de préparation. C’est vraiment dommage que tout ait si mal tourné, surtout parce qu’il s’agissait de la dernière course de préparation avant mon premier Grand Prix de la saison, en Espagne. »
Malgré tout, Ivano Van Erp ne regrette aucune des décisions prises ces dernières années. Malgré les nombreux changements d’équipe et les difficultés rencontrées lors de ses années sur l’Europe 250 – et notamment les blessures. « Avec le recul, je ne changerais rien. En 2022, j’ai remporté le titre mondial en 125cc – mon second chez les Juniors – et c’est quelque chose que je n’oublierai jamais. En 2023, j’ai rejoint Hutten Metaal Yamaha comme rookie sur l’Europe 250 et je m’y sentais vraiment bien. La stabilité au sein de l’équipe était au top. Ensuite, en 2024, Hutten Metaal est devenu une équipe de mondial MX2, et Yamaha souhaitait absolument que je reste une année supplémentaire sur l’Europe pour viser le titre. Ils ont donc cherché une nouvelle équipe pour moi, et j’ai été placé chez VRT. Là-bas, il a été difficile de trouver de la stabilité. Malgré tout, j’ai réussi à décrocher trois podiums en 2024 et à terminer quatrième du championnat. En 2025, nouveau changement d’équipe avec une transition chez VHR. Il a encore fallu s’adapter, alors que ce n’est évidemment pas l’idéal quand on cherche à trouver de la stabilité. Au final, 2025 a également été la saison où je me suis le plus blessé. »
Après une longue collaboration avec Yamaha, Ivano Van Erp s’est séparé des bleus fin 2025 – une séparation que le Néerlandais avoue ne pas avoir bien vécu. « Après sept ans avec Yamaha, on a pris des chemins différents. Ce n’est jamais le scénario souhaité, mais ça faisait déjà quelque temps que les choses ne se passaient plus très bien entre Yamaha et moi. La manière dont ça s’est terminé n’a pas été très correcte non plus, mais j’ai tourné la page et ça m’a permis d’ouvrir un nouveau chapitre par la suite. J’ai effectué la transition sur la KTM après ma chute en Suède, en 2025. J’ai dû observer six semaines de repos avant de commencer à rouler avec la KTM. J’ai disputé quelques courses avec la SX-F, et je me suis tout de suite senti bien. »
Aujourd’hui, quatre mois après son accident, Ivano Van Erp se reconstruit progressivement physiquement, loin des circuits. Son avenir en compétition reste encore en suspens, et dépend toujours d’un éventuel feu vert des médecins. « Quatre mois se sont écoulés depuis ma chute et je vais bien. Je suis heureux de pouvoir reprendre doucement l’entraînement, à vélo, en course à pied et en natation. Ces quatre derniers mois ont été très longs, mais plus que tout, je suis juste heureux d’être encore là. Dans deux mois, je dois revoir le médecin et c’est à ce moment-là que je saurai si je serai autorisé à reprendre la compétition un jour, ou non. »
Même s’il passe beaucoup moins de temps dans le paddock aujourd’hui, le Néerlandais reste reconnaissant envers les personnes qui l’ont soutenu pendant cette épreuve. La suite de sa carrière, elle, dépendra du prochain verdict médical. « J’ai toujours des amis sur les circuits et dans le paddock, et je les garderai toujours, même si je vais moins souvent sur les courses désormais. Les vrais amis du motocross resteront présents, que je roule ou non. C’est sûr que beaucoup de gens dans le milieu ont une mémoire très courte et t’oublient rapidement. Pour le moment, je n’ai aucun plan. Comme je l’ai dit, je reverrai le médecin dans deux mois et c’est à ce moment-là que je saurai si je pourrai de nouveau rouler un jour. Ensuite, on verra bien ce que l’avenir me réserve. »















