Onze. C’est le nombre de points que Jeffrey Herlings a concédés dans sa lutte pour le titre face à Lucas Coenen en Afrique du Sud. Intouchable ce week-end, l’officiel De Carli KTM n’a été inquiété par personne, pas même par l’ogre Néerlandais. Sixième le samedi après un choix de grille discutable lors de la manche qualificative, Jeffrey Herlings a ensuite terminé deux fois deuxième derrière le Belge le dimanche. Il repart du onzième rendez-vous de la saison avec un retard désormais porté à 68 points au championnat. Une tendance qu’il va falloir rapidement inverser, à 8 GP du tombé de rideau final.
« Dommage pour cette chute en première manche » admet Jeffrey en Afrique du Sud. « Comme Lucas l’a dit, si j’avais signé les deux holeshots et qu’il était sorti cinquième aux départs, les résultats auraient été inversés. On avait de nouveau plus ou moins la même vitesse, mais il a pris de meilleurs départs tout le week-end. Le samedi, j’ai pris une décision stupide en tentant de partir de l’extérieur. Sur le coup, ça n’avait vraiment aucun sens… C’est probablement la chose la plus stupide que j’aie jamais faite [rires]. Mais je suis revenu de la 15e à la 6e place, et il y avait déjà pas mal de zones d’ombre sur la piste. Ce n’était pas un tracé évident pour doubler. De plus, le samedi, tout le monde est encore frais. Les manches du dimanche sont plus importantes aussi, donc je me suis dit que j’allais me décaler d’une trentaine de mètres vers la droite sur la grille pour les manches… »
En première manche, Jeffrey Herlings a bien tenté son traditionnel forcing de fin de course pour revenir sur le leader. Mais alors qu’il se rapprochait de Lucas Coenen, le Néerlandais est parti à la faute, avant de devoir ensuite contenir le retour de Romain Febvre.
« Je suis parti aux alentours de la cinquième place à chaque fois. Mais Lucas s’est retrouvé en tête dès le premier tour des deux manches. Et quand tu affiches à peu près la même vitesse, faire la différence est difficile. En première manche, je suis revenu sur lui puis je suis tombé. J’ai perdu l’arrière dans une réception, j’ai failli me prendre un high-side mais j’ai finalement juste glissé. J’ai eu de la chance… Romain arrivait, je l’ai vu sur le saut derrière moi, alors je suis reparti le plus vite possible devant lui. »

Le temps de remonter à la deuxième place en seconde manche, Lucas Coenen avait – une nouvelle fois – une longueur d’avance en tête de course. Et, après une grosse frayeur au contact de Romain Febvre, le pilote Honda HRC a finalement levé le pied pour assurer une deuxième place en Afrique du Sud.
« En seconde manche, je me suis fait une énorme chaleur après avoir doublé Romain. Il y avait un on-off suivi d’un triple, et j’ai amorti tellement fort que mon pied a tapé le sol… J’ai vu Jésus. Je n’ai aucune idée de comment j’ai réussi à rester debout, mais j’ai réussi. De là, je me suis dit que j’allais essayer de rester au contact de Lucas, mais je savais que j’avais utilisé mon quota de chance pour le week-end, il était vide [rires]. L’objectif était de rentrer à la maison entier. On ne peut pas toujours gagner, mais j’ai quand même essayé. »
Jonché à plus de 1 600 mètres d’altitude, le tracé du Grand Prix d’Afrique du Sud a imposé plusieurs ajustements aux teams, notamment pour les départs. Peu habitué à ces conditions avec la Honda, Jeffrey Herlings a reconnu avoir tâtonné tout au long du week-end pour trouver le meilleur compromis.
« On est parti en première tout le week-end, ce n’est pas un secret. Je pense que tout le paddock est parti en première. C’est vraiment le seul changement qu’on a fait. C’est difficile car on n’a pas d’expérience — je n’ai pas d’expérience — avec la Honda en altitude. Avec la KTM, j’avais pas mal de données des années précédentes, je savais quelle couronne utiliser, quel régime viser. Là, j’ai dû deviner ce qui allait fonctionner. C’est dommage que le départ soit si important de nos jours. »
Pour conclure, Jeffrey Herlings analyse le circuit sud-africain de Terra Topia, qui avait des airs de tracés US ce week-end. Si la piste a globalement séduit le paddock, le Néerlandais pointe encore du doigt la préparation de la piste et un manque de possibilités de dépassement qui, selon lui, ont entaché le spectacle ce week-end.
« Le tracé était magnifique, c’est l’un des plus beaux du calendrier cette année. Mais si on compare à Red Bud, ça n’a rien à voir. Ils avaient dix traces dans chaque virage, ils pouvaient doubler à gauche, à droite. Pour une raison qui m’échappe, ils n’arrivent pas à préparer les tracés comme les Américains, et celui-ci était vraiment typé US : très large, mais beaucoup trop rapide. Ils devraient vraiment travailler sur cet aspect pour permettre plus de dépassements. Quand on va à Arco, ils sont très limités par la taille de la piste et ne peuvent pas vraiment faire grand-chose. Là, j’ai le sentiment qu’ils auraient pu mieux faire. »













