Romain Febvre signe son cinquième podium de la saison en Afrique du Sud, le deuxième consécutif après sa troisième place accrochée au Portugal. Si le champion du monde MXGP en titre continue de faire son maximum pour se rapprocher du duo de tête, l’écart reste encore à combler pour l’officiel Kawasaki, qui repart néanmoins de Terra Topia avec un bilan positif. Et les chronos viennent confirmer cette progression.
Lors de la manche qualificative du samedi, Romain Febvre et Lucas Coenen ont signé exactement le même meilleur temps (1:55.618) sur le tracé sud-africain. Le dimanche, le Français a encore haussé le ton en deuxième manche, en réalisant le tour le plus rapide de la course: il sera le le seul à passer sous la barre des 1’54. Un pas après l’autre.
« Je me suis bien senti tout le week-end, et la vitesse était là » explique Romain Febvre après sa troisième place au GP d’Afrique du Sud. « J’ai pris de bons départs également, ce qui était important sur ce type de tracé. J’ai aussi bien roulé lors de la manche qualificative du samedi. En première manche le dimanche, j’ai perdu beaucoup de temps en cherchant à doubler Tom Vialle, mais j’ai réussi à remonter à la troisième place. J’ai essayé de rester au contact des deux autres. Ils étaient plus rapides que moi et ont été capables d’ajuster leurs trajectoires, alors que moi, je n’y arrivais pas. J’ai perdu du temps. Mais tous les trois, non était quand même loin devant les autres. Je me rapproche. Comme je l’ai dit au Portugal la semaine dernière, ça ne va pas s’inverser en une semaine : tu ne peux pas combler l’écart comme ça. J’étais présent le week-end dernier à Agueda, mais ils étaient bien plus rapides que moi. Ils étaient loin devant. Cette fois-ci, j’ai pu tenir un peu plus longtemps avec eux. En deuxième manche, j’étais dans le rythme et j’ai pu m’accrocher à Jeffrey pendant 20 minutes. Petit à petit, je me rapproche. Je suis satisfait, mais je ne suis pas premier. Et si je ne gagne pas, je suis forcément un peu déçu. Mais je progresse chaque week-end, et c’est l’objectif. »
Depuis l’ouverture du championnat, Romain Febvre a avant tout travaillé sur lui-même, cherchant à gagner en explosivité tout en améliorant sa vitesse pure pour combler l’écart avec Lucas Coenen et Jeffrey Herlings qui se sont clairement imposés comme les deux hommes forts du championnat. Le pilote Français a ciblé ses points faibles, et reste conscient que ses départs sont encore à travailler.
« Depuis le début de l’année, on a principalement changé deux choses. D’abord, on a travaillé sur ma vitesse sur un tour. Il me manquait cette capacité à être très rapide sur un tour. Ces dernières semaines, j’ai vraiment travaillé là-dessus : ma vitesse sur un tour, deux tours, trois tours. En manche, je sentais bien que je pouvais tenir le rythme, mais la vitesse pure n’était pas encore là. Donc on a amélioré ce point. Et, comme toujours, il y a les départs. Aujourd’hui, si tu pars dixième, c’est impossible de revenir troisième. On travaille donc aussi là-dessus, car les départs sont vraiment importants. »
Pour son grand retour en Afrique du Sud, le MXGP avait misé sur un nouveau tracé avec Terra Topia. Mais si le tracé a séduit la majorité par son potentiel, certains choix opérés durant le week-end ont laissé les pilotes sur leur faim. Romain Febvre, comme Jeffrey Herlings avant lui, estime notamment que la piste aurait pu être mieux préparée.
« Le tracé était plutôt sympa, vraiment large. Le samedi, après la manche qualificative, ils sont venus me demander ce que j’en pensais et ce qu’ils devaient faire. Je leur ai demandé de le laisser tel quel, de ne pas trop intervenir, car il était vraiment plat et surtout, il n’y avait que deux catégories sur tout le week-end, avec 22 pilotes dans chacune d’elles. La piste n’allait donc pas beaucoup se détruire. Je leur ai dit : « Laissez la piste comme ça, ne l’arrosez pas trop. » Et je suis arrivé le dimanche matin : tout était plat, tout avait été refait. Je me suis vraiment demandé pourquoi ils nous demandaient notre avis, du coup. C’est dommage car, comme Jeffrey l’a dit, les opportunités de dépassement ne sont pas vraiment présentes si tu arrives à afficher une bonne vitesse. Avec un terrain plus défoncé, davantage de trajectoires se seraient développées dans les virages, et ça aurait été bien mieux. Mais c’est comme ça. »













