À mesure que les rumeurs d’un départ de Cooper Webb du team Star Racing Yamaha à l’issue de la saison 2026 prennent de l’ampleur, l’intéressé a lui-même alimenté les spéculations. Le triple champion du Supercross US 450 a récemment annoncé que 2026 marquerait sa dernière saison complète sur les championnats AMA, avant de basculer vers un programme “Supercross only” dès 2027.
« Cette année sera ma dernière année sur le championnat Pro Motocross. Je roulerai sur le championnat de Supercross US et le SMX en 2027 et 2028, c’est certain. Je pense que le fait de faire uniquement du Supercross permettra à mon corps et à mon esprit de bénéficier de la coupure dont ils ont besoin durant l’été, afin de recharger les batteries pour le SMX et potentiellement d’autres championnats de Supercross. »
Troisième du championnat de Supercross 450 cette année, Cooper Webb semble déjà avoir amorcé la réflexion autour de l’après. À 30 ans, le pilote Yamaha voit une nouvelle génération frapper à la porte : Haiden Deegan est appelé à devenir le futur visage du team Star Racing Yamaha en catégorie reine, tandis que Cole Davies pourrait lui aussi rejoindre les gros bras d’ici 2028. Dans ce contexte, voir Cooper Webb tourner la page Yamaha après quatre saisons de collaboration — pour son deuxième passage au sein de la structure — n’aurait finalement rien d’étonnant.
Et les rumeurs venues des États-Unis l’envoient désormais vers une destination inattendue : le team Tedder Racing.
Sur le papier, le choix peut surprendre. Pourtant, la structure qui aligne actuellement Justin Hill en Supercross possède les ressources nécessaires pour attirer un pilote du calibre de Cooper Webb. La famille Tedder dirige en effet l’entreprise Hampton Tedder Electric, une société (plus que) florissante basée en Californie, tandis que l’équipe bénéficie du soutien de Monster Energy. Surtout, ce bruit de paddock colle avec les ambitions grandissantes de Tedder Racing, qui envisagerait de franchir un cap dès l’an prochain en s’offrant un top pilote pour le championnat SX US.
Et ce projet pourrait notamment s’articuler autour d’un rapprochement avec Husqvarna, sinon un soutien du groupe Autrichien via son programme de leasing qui permet aux teams privés d’accédre à du matériel d’usine. Pour rappel, Husqvarna mettra un terme à son programme Factory en 2027, tout en conservant une implication auprès d’équipes privées qui seront maîtres de leurs choix techniques: un détail loin d’être anodin lorsque l’on se souvient des difficultés rencontrées par Cooper Webb avec les suspensions de sa 450 SX-F lors de sa dernière saison chez Red Bull KTM.

Sans réel attachement avec un constructeur, Cooper Webb pourrait ainsi se concocter un programme taillé sur mesure autour du Supercross US, du SMX et du World Supercross – qu’il découvrait la saison passée. Une orientation finalement logique pour un pilote qui, depuis son arrivée en 450 en 2017, n’a jamais réellement brillé en motocross. Son meilleur résultat final sur le championnat Pro Motocross 450 reste une quatrième place finale en 2021, tandis qu’il ne compte qu’une seule victoire d’épreuve dans la catégorie: Spring Creek 2019.
Signer Cooper Webb, c’est donc faire un choix clair : s’offrir un pilote capable de jouer un titre en Supercross chaque saison, tout en sachant que le haut du tableau en Motocross est hors de portée.
À l’image de Ken Roczen, Joey Savatgy, Christian Craig, Justin Hill ou encore Shane McElrath, Cooper Webb semble ainsi se diriger vers une fin de carrière recentrée sur le Supercross. Et il pourrait ne pas être le dernier. Malcolm Stewart ou même Eli Tomac pourraient eux aussi suivre cette trajectoire dans les années à venir, et d’ailleurs dès 2027.
Une évolution qui ferait évidemment les affaires du World Supercross, toujours désireux d’attirer les grandes stars américaines pour renforcer son plateau. L’an dernier, d’ailleurs, le WSX a déjà réussi à attirer ponctuellement des gros poissons en provenance du pays de l’oncle Sam, comme Haiden Deegan, Cooper Webb, Eli Tomac, Jason Anderson ou encore Justin Cooper. Une dynamique qui pourrait se renforcer dès 2026.
Reste désormais à savoir quelle sera la prochaine réponse des Américains pour tenter d’enrayer l’exode progressif de leurs stars — certes plus proches de la fin de carrière que de leurs débuts. Car il ne faut pas oublier qu’en premier lieu, le championnat SuperMotocross est né en réaction directe à l’arrivée du World Supercross. Le problème, c’est que certains pilotes peuvent aujourd’hui faire l’impasse sur l’outdoor, puis revenir encaisser les gros chèques promis lors des finales du SMX en fin de saison… Une situation qui ne fait évidemment pas les affaires du promoteur du championnat Pro Motocross, MX Sports Pro Racing.









