Un laissé pour compte, un de plus. À l’heure où ces lignes sont écrites, David Braceras n’a pas – plus – sa place sur la grille de départ du GP d’Argentine, qui se disputera dans un mois.
Animateur de l’Europe 125 puis 250, le pilote espagnol tente de se frayer une place aux avant-postes du mondial MX2 depuis trois ans. David en avait d’ailleurs surpris plus d’un lors de l’ouverture de la saison 2025 — en Argentine justement — en décrochant une quatrième place sur la 250CR-F de JM Honda lors de la première manche MX2 de la saison. La suite de la saison ne sera pas du même acabit pour le pilote espagnol qui, bien qu’il se battra régulièrement pour intégrer le top 10, verra sa saison compromise en raison de blessures successives : d’abord une fracture du plateau tibial et une entorse du genou, puis une fissure du bassin à Lommel. Cette dernière le contraindra à mettre un terme à sa saison.
Le team de Jacky Martens, concentrant ses efforts sur la catégorie MXGP en 2026 — après avoir repris le programme de Fantic —, a laissé David Braceras sur le marché des transferts cet hiver. Mais alors qu’il pensait avoir un guidon assuré pour la saison 2026, le pilote espagnol a vu ses plans tomber à l’eau à la dernière minute, au pire moment possible.
« Le plan était de faire toute la saison mondiale et ce, depuis fin octobre / début novembre », explique le pilote espagnol à notre confrère Andy McKinstry. « Normalement, j’avais une équipe — elle devait faire son retour en GP —, ils avaient trouvé des sponsors, etc. Ils devaient repartir de zéro. Dès les premiers jours, ils m’ont dit que la saison allait débuter sur le tard, mais qu’elle débuterait. Il était même possible que je loupe le premier round du mondial en Argentine, mais qu’ensuite, on serait présents. Au final, on n’a rien comencé du tout et désormais, je n’ai plus aucune équipe pour rouler en mondial. »

Malgré la déception, David Braceras n’est pas resté les bras croisés. Il a décroché le soutien bienvenu de Triumph Espagne pour disputer le championnat d’Espagne en catégorie MX2, et se tient prêt au cas où une opportunité se présenterait — que cette dernière se présente sous forme d’un contrat de dernière minute en GP, d’un remplacement en cours de saison, ou d’une offre pour découvrir de nouveaux championnats nationaux.
« Heureusement, j’ai le soutien de Triumph Espagne », poursuit-il. « Ils m’ont fait une bonne proposition pour participer au championnat d’Espagne. Au moins, je peux avoir une moto pour m’entraîner et rouler, ce qui me permet de me maintenir en forme afin de pouvoir participer au championnat du monde si j’en ai l’opportunité. Je me sens vraiment bien et je suis très content de la moto. Mes premières impressions sont que le châssis de la Triumph est vraiment bon. La moto m’a assez surpris, je m’y suis adapté très rapidement. Heureusement, ils sont à mes côtés et je peux continuer à m’entraîner, afin d’être prêt si j’ai une opportunité de rouler sur les Grands Prix. »
2026 marque la dernière année d’éligibilité au mondial MX2 pour David Braceras. La situation dans laquelle se retrouve le pilote espagnol n’est pas sans rappeler celle de Tom Guyon lors de l’intersaison précédente. Le pilote français avait en effet signé un contrat avec une structure qui avait fermé boutique quelques semaines avant l’ouverture du championnat du monde, le laissant sur le carreau à la dernière minute — tout comme Kay Karssemakers. Jamais deux sans trois …
« Je veux vraiment faire ma dernière année sur le mondial MX2 » explique David Braceras. « La catégorie MXGP est très relevée, et j’ai le sentiment de pouvoir franchir un cap et de rouler plus souvent aux avant-postes en MX2. C’est pourquoi je veux faire ma dernière année dans cette catégorie, car je sens que j’ai maintenant l’expérience nécessaire. Je suis plus fort qu’avant, j’ai fait des progrès en faisant du Supercross cet hiver, donc j’aimerais vraiment avoir l’opportunité de disputer ma dernière saison en mondial MX2. Avec une bonne moto, de bonnes personnes autour de moi et des bases solides, je pense pouvoir être performant cette année. Je serai prêt quand l’occasion se présentera ! »

Et si une opportunité se présente durant la saison 2026, David Braceras se dit prêt. Bien que sous contrat avec Triumph Espagne pour son championnat national, il reste libre de toute obligation en cas de participation au mondial.
« J’ai signé avec Triumph Espagne pour rouler en Espagne. Bien sûr, si je peux rouler avec la même marque sur le mondial, ce serait beaucoup mieux pour moi. Mais si j’ai l’opportunité de rouler pour une autre marque, avec une bonne équipe et que c’est une bonne opportunité, bien sûr que je pourrais la saisir ! Il faudra juste que je fasse le championnat d’Espagne, car Triumph me fournit les motos, les pièces et tout ce dont j’ai besoin pour rouler et m’aident alors que je n’ai plus rien. Donc je vais faire tout le championnat d’Espagne. En dehors de ça, je peux saisir la meilleure opportunité qui se présente à moi. Je ne souhaite pas que quelqu’un se blesse, mais peut-être qu’il y aura des guidons qui se libéreront pendant la saison. Parfois, un guidon se libère pour d’autres raisons, il peut se passer beaucoup de choses. Quoi qu’il arrive, si une place se libère, je suis disponible et je serai prêt comme jamais pour bien figurer lors de ma dernière année en MX2. »
Convaincu d’avoir un guidon assuré pour la saison 2026, David Braceras avait décliné plusieurs propositions pour évoluer sur les championnats nationaux. Une décision logique à l’époque, qui s’est rapidement retournée contre lui. Illustration parfaite de la précarité du milieu à l’heure où un Coldenhoff a quitté le mondial pour rouler au Brésil malgré sa troisième place finale au championnat MXGP en 2025.
« En fait, j’ai reçu quelques propositions pour disputer certains championnats nationaux, mais comme j’avais normalement une équipe pour rouler en mondial MX2, j’ai refusé ces offres. Au final, il était trop tard pour revenir en arrière, donc je n’ai pas pu saisir ces opportunités. Mais si je n’ai rien pour aller rouler sur les GP pendant l’année, bien sûr que je peux faire de l’ADAC ou d’autres championnats nationaux. Ma priorité pour le moment reste tout de même de faire le mondial, c’est certain. »
Passé par F&H Kawasaki, SM Action Fantic puis JM Honda Racing depuis ses débuts en mondial MX2, David Braceras nourrit aujourd’hui l’espoir de saisir une dernière opportunité dans cette catégorie. En trois saisons, il y a signé pas moins de 20 top 10 en manches. Le potentiel est là… mais le guidon fait défaut.









