La passe de trois pour Camden McLellan en Espagne. Le pilote sud-africain s’adjuge sa première victoire de GP à Almonte, et ramène aussi la première victoire de Triumph et leur première plaque rouge en championnat du monde. Camden et son coéquipier Farres ont franchi un cap indéniable durant l’intersaison: des candidats crédibles au titre de champion du monde MX2 ? Micro.
Camden, il y a quelque temps, tu m’avais dit que tu étais rapide, technique, en forme, mais qu’il te manquait juste de bons départs… Et tu as pris de bons départs à Almonte.
Oui. Mais même maintenant, sans prendre de bons départs, je me sens plutôt bien. En première manche, j’ai bien roulé, mais je suis parti 7ème ou 8ème, donc j’avais quand même du pain sur la planche. Mais cette année, globalement, je me sens fort, rapide et en bonne condition physique. Quand la piste permet des dépassements, je suis capable de trouver des solutions pour revenir. Mais c’est sûr que partir troisième ou quatrième — comme en seconde manche — ça facilite vraiment la vie.
Tu disais avoir fait preuve de patience en seconde manche, laissé la manche venir à toi. C’est nouveau, cette approche plus réfléchie ?
Je dirais que oui. Mais parfois, ça peut se retourner contre toi. Un peu comme le samedi durant la manche qualificative. Quand je me suis emparé de la quatrième place, les trois premiers étaient juste devant moi. Je me suis dit que j’allais rester derrière pour observer et prendre mon temps, que j’allais attendre les cinq dernières minutes avant d’attaquer. Mais Sacha a enclenché avant moi. Il a doublé Reisulis et est parti. Donc je n’ai pas eu l’occasion de me battre avec lui. On peut dire que ça s’est retourné contre moi à ce moment-là.
Disons que j’étais confiant dans le fait que les gars qui étaient devant moi en seconde manche n’allaient pas prendre de l’avance. Et je savais que j’allais être vraiment fort dans les 10 dernières minutes.
Le tracé était vraiment défoncé, car ils n’ont rien refait en dehors des appels de sauts et de quelques réceptions. Est-ce que tu penses à une stratégie pour tenir le coup physiquement ?
Non, je ne pense jamais trop à ça. La condition physique, ce n’est pas un problème pour moi. Mais il y a d’autres choses à prendre en compte.
En un clin d’œil, tu pouvais finir par terre. Tu pouvais te faire malmener par les trous, car il y en avait partout. Une fois que l’arrière commence à partir, c’est difficile de rester sur ses roues. Il fallait être méthodique, précis, en contrôle. Je n’ai jamais eu de problème avec ça. Je suis plutôt du genre à rouler dans mes limites. Je sais où sont mes limites, quand je peux les repousser et quand je ne peux pas. Comme en Argentine, ils ont fait du beau boulot avec la piste compte tenu des moyens qu’ils avaient. C’était un terrain cool, mais c’était un peu difficile de doubler. S’il avait été trop plat, ça aurait été encore plus dur de doubler. Je trouve ça bien qu’ils aient laissé le terrain bien défoncé.
Que ce soit toi ou Guillem, vous semblez avoir la moto la plus stable dans les trous. Vous avez fait des changements au niveau des suspensions ?
Non, pas au niveau des suspensions. On a fait des changements au niveau du châssis. Je dirais même que la moto est globalement nouvelle, car de grosses modifications ont été apportées durant l’intersaison. L’an dernier, on se plaignait de certaines choses dans certaines conditions. La moto n’était pas toujours comme elle aurait dû être. Je me dois aussi de remercier Triumph et le team. Ils ont écouté tous les retours négatifs qu’on leur a faits et ils ont planché dessus. Comme tu l’as dit, je pense qu’on a l’une des meilleures motos, sinon la meilleure, dans les trous et aussi en général.
Quelle a été la stratégie de l’équipe pendant l’hiver ? Avec Guillem, vous êtes les seuls pilotes factory du championnat du monde MX2 à ne pas avoir pris part à des courses d’intersaison. À quoi avez-vous consacré la période hivernale ? Visiblement, ce que vous avez fait a payé.
Ça a été assez simple : on a fait du testing, on s’est habitués à la nouvelle moto et on a aussi fait un petit bootcamp — deux semaines — pour travailler le physique. On s’entraînait au minimum deux fois par jour, parfois trois : natation, salle, vélo, course à pied. On a tout fait. Ça a été deux semaines vraiment éprouvantes pour le corps, avec énormément de travail.
Donc il y a eu le testing, les séances moto, ces deux semaines de bootcamp, puis ensuite on s’est remis à fond sur la moto et à l’entraînement physique jusqu’en janvier. On avait prévu une course de pré-saison, mais elle a été annulée à cause de la pluie. Pour être honnête, normalement je préfère faire une course de pré-saison, mais cette année, l’hiver s’est tellement bien passé que ça ne m’a pas vraiment dérangé. Je suis arrivé en Argentine en étant prêt. Je savais le travail que j’avais fourni durant l’intersaison, je connaissais la nouvelle moto avec laquelle on arrivait. Il n’y avait pas vraiment de points d’interrogation de mon côté, donc je n’ai pas ressenti le besoin de faire une course de pré-saison. Et ça s’est vu : avec Guillem, on a été très solides en Argentine et on a confirmé ce week-end en Espagne.
La semaine prochaine, ce sera béton en Suisse. Tu apprécies ce type de tracé ?
Disons que ça ne me dérange pas. J’aime bien ces conditions aussi. Par le passé, j’étais vraiment bon dans la terre un peu plus argileuse. Et je dirais qu’avec cette nouvelle moto, j’ai retrouvé le feeling qui me manquait ces dernières années, celui que j’ai quand je roule dans le sable. Ces dernières années, on me considère comme un bon pilote dans le sable. Alors je dirais que j’ai des choses à prouver en Suisse, sur des surfaces plus dures.
Un podium en Argentine, une première victoire de GP en Espagne. Est-ce qu’on doit te considérer comme un prétendant au titre, désormais ?
Oui.










