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Jake Cannon « j’ai enfin trouvé mon rythme, je suis plus en confiance »

Le pilote Bud Racing Kawasaki revient sur sa victoire à Arco, son adaptation à l’Europe et son avenir, entre mondial MX2 et Supercross US.

Kévin Frelaud Par Kévin Frelaud
9 mai 2026
dans Interviews
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En misant sur Jake Cannon et Francisco Garcia la saison passée, Bud Racing Kawasaki a visiblement eu le nez fin. Cette année, les deux pilotes de Stéphane Dassé jouent les premiers rôles sur l’Europe 250, et Jake Cannon vient même d’inscrire son nom aux côtés de celui de Jett Lawrence sur les tablettes du championnat après son succès à Arco Di Trento. Une première victoire internationale pour le jeune Australien aux dents longues, arrivé en Europe depuis l’autre bout du monde. Micro.

Jake, l’an dernier, tu découvrais le championnat d’Europe, tu débarquais un peu dans l’inconnu, mais les résultats étaient prometteurs sur le papier. Cette année, on sent clairement que tu as franchi un cap, au point d’être désormais considéré comme l’un des prétendants. En quoi cette première année d’expérience t’a aidé pour 2026, et sur quoi as-tu spécifiquement travaillé cet hiver pour passer ce nouveau cap ?

Oui, l’an dernier, c’était évidemment une année d’apprentissage pour moi. Il fallait simplement que je trouve mes marques ici, sur le sol européen. Pas seulement avec les circuits, mais aussi avec les pilotes. Savoir contre qui tu te bats, ça aide aussi à se sentir plus à l’aise.

Mais oui, j’ai fait un très bon hiver cette année à l’entraînement, donc un énorme merci à Thierry et à toute l’équipe pour le travail acharné. L’an dernier, ma vitesse était déjà bonne, mais il y avait quelques petits détails, les fameux 1 %, qui me retenaient. Maintenant, j’ai enfin trouvé mon rythme, je suis plus en confiance et je crois davantage au fait que je fais partie des prétendants. Et je pense que ça commence à se voir aussi.

Comment est l’ambiance au sein du team ? Francisco a été particulièrement dominant cette année, que ce soit sur l’Europe ou en France. Est-ce que ça rajoute une pression supplémentaire sur tes épaules ? Est-ce que tu te dis : je veux le battre, être celui qui performe pour l’équipe ? Ou au contraire, tu te dis que c’est bon de savoir que les résultats ne reposent pas uniquement sur toi ?

Honnêtement, je ne pense pas vraiment à ça. Je fais de mon mieux à chaque fois. Je sais que “Frans” est un pilote incroyable, il sera toujours devant. Mais ça reste aussi un concurrent et oui, j’ai envie de le battre.

Évidemment, je veux être le pilote numéro un. Dans une équipe, d’une certaine manière, tu veux imposer ta domination. Mais pour moi, le principal, c’est surtout de faire de mon mieux. Si je gagne, je gagne. Sinon, si c’est lui qui gagne, ça reste juste un autre adversaire à mes yeux.

Tu as remporté une épreuve iconique à Trentino, il y a eu l’hymne australien sur le podium. C’était ta première victoire internationale. Qu’est-ce que ça t’a fait ?

C’était incroyable. J’en rêvais depuis longtemps. Être ici en Europe… surtout qu’Arco m’avait laissé de très mauvais souvenirs l’an dernier puisque j’y avais connu une course compliquée. Donc revenir ici et réussir à signer une belle performance sur ce circuit, c’était vraiment le top. Et décrocher mon premier général sur l’Europe 250, c’était énorme.

Je n’ai pas gagné de manche, mais je suis quand même monté sur la plus haute marche du podium et entendre mon hymne, c’était un sentiment incroyable. Ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu l’hymne australien. Et voir aussi le drapeau tout en haut du podium, ça fait vraiment quelque chose.

Qu’est-ce qu’il te manque finalement pour aller chercher ces victoires de manche ?

Je pense surtout qu’il me manque un bon départ. À Arco, j’avais la vitesse, mais je suis parti autour de la 20e place et j’ai dû remonter tout le peloton pour revenir devant. Donc, je pense qu’avec un bon départ, si je suis en mesure de faire ma propre course, je sais que je peux gagner. Il faut juste réussir à tout mettre bout à bout et ne pas laisser ces fameux petits détails me perturber.

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Tu l’as sûrement déjà entendu mille fois, mais tu es le premier Australien depuis Jett Lawrence à remporter une épreuve sur l’Europe, et donc depuis 2018. Il y a pire comparaison, non ?

Oui, c’est clair. Jett accomplit des choses incroyables dans le sport actuellement. Ça faisait longtemps qu’un Australien n’était plus monté sur la plus haute marche en Europe, donc je suis content d’être le suivant à y parvenir. Et j’espère qu’il y en aura encore d’autres cette saison, on verra bien !

Beaucoup de pilotes MX2 sont montés en catégorie supérieure cette saison, et plusieurs autres devraient suivre l’an prochain. On imagine qu’il y aura de très bons guidons disponibles en MX2 en 2027, mais tu es encore jeune. À quoi ressemble 2027 aujourd’hui pour toi ? Tu préfèrerais rester une année de plus sur l’Europe, ou tu as déjà les yeux tournés vers le MX2 ?

Honnêtement, je ne sais pas encore.

On arrive à la mi-saison, donc il faut commencer à réfléchir à tout ça, mais pour le moment, je dois surtout continuer à signer de bons résultats et progresser en tant que pilote pour pouvoir monter en MX2. Et quand je monterai, je veux être devant dès ma première année, ou au moins jouer les avant-postes. Et je pense que je dois encore progresser un peu. Est-ce que ça veut dire rester une année supplémentaire en Europe 250 ou passer directement en MX2 ? On verra bien ce qu’il se présente comme opportunité. Peut-être même aux États-Unis, qui sait ? Mais dans tous les cas, je vais continuer à travailler dur et j’espère que tout se mettra en place naturellement.

Il y a quelques années, tu roulais contre Cole Davies et Kayden Minear. L’un est aujourd’hui champion en Supercross, l’autre fait ses débuts chez les pros. Il y a clairement un chemin qui se dessine vers les États-Unis. Un chemin pour toi ?

Oui, clairement. Je ne veux pas forcément dire que je vais finir aux États-Unis, mais j’aimerais suivre cette voie et faire du Supercross. Ce qu’ils font est incroyable. J’ai grandi en roulant contre Kayden et j’ai affronté Cole en Supercross pendant ma première année en 250. Ils ont énormément progressé, tout comme moi. J’ai simplement choisi une route différente en venant en Europe. Et je pense que ça finira par payer. Je sens que mon niveau technique et ma vitesse sont vraiment bons actuellement, il faut juste que je commence à le montrer davantage.

Je ne pense pas que les gens réalisent vraiment à quel point la vie est différente en Australie, ni l’ampleur d’un tel changement. J’ai vécu deux ans en Australie et j’ai découvert que c’était très différent. Comment vis-tu cette vie européenne, loin de chez toi aujourd’hui ? Mentalement, ça ne doit pas toujours être simple.

Oui, clairement, ce n’est pas facile de quitter l’Australie pour venir ici. Surtout que je suis parti à 17 ans. Je n’avais jamais vécu seul avant ça, et être aussi loin de chez soi, c’était compliqué. L’an dernier, mes parents m’ont un peu manqué, c’est sûr.

Mais cette année, c’est plus simple, je dois dire. J’ai un peu grandi mentalement. Je suis devenu un peu plus adulte, je prends mieux soin de moi-même maintenant, donc ça aide énormément.

Et oui, je pense que les gens ne réalisent pas vraiment à quel point tout est différent ici pour moi : la culture, la météo, l’ambiance générale… absolument tout, en fait. Même au niveau sportif, c’est complètement différent. Ici, il y a facilement 20 pilotes capables de gagner. En Australie, tu as plutôt cinq pilotes qui peuvent monter sur le podium. Ici, tout le monde peut gagner.

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