Tim, pas de victoire de journée mais une victoire de manche — la première sur la Yamaha. Tu dois être content ?
Oui, ça fait vraiment du bien. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce genre de résultat aujourd’hui. Les fans ont été incroyables, ils m’ont encouragé à chaque tour, surtout en seconde manche. Quand je suis passé en tête après l’erreur de Lucas, Jeffrey a fini par revenir fort derrière moi, et j’ai dû attaquer à mon tour. Je suis vraiment très heureux et reconnaissant. Merci à toute l’équipe, et à toutes les personnes impliquées. C’est ma première victoire avec Yamaha.
Tu as roulé avec des côtes cassées, une information que tu t’es bien gardé de dévoiler. Tu as dû souffrir, non ?
P*tain, ouais… J’ai eu vraiment mal. J’ai roulé avec beaucoup de douleur. Je n’ai pas pu m’entraîner beaucoup entre Riola et Arco. En arrivant ici ce week-end, je savais que ça allait être compliqué. Mais les physios — Tina à la maison et Filippo ici — ont fait un super boulot. On a bossé tous les jours, deux fois par jour, et on a fait des soins pour essayer de m’aider à me rétablir au mieux. Mais on le sait, en une semaine on ne fait pas de miracles. Malgré tout, on a réussi à gérer. Je n’ai rien lâché et je suis vraiment content de monter sur le podium.
On dit souvent qu’un pilote heureux est un pilote qui roule fort. Tu avais mal, mais tu semblais bien en piste. On aurait presque retrouvé l’ancien Tim !
Oui. En première manche, je pense que tout le monde a vu que dans les derniers tours, j’ai un peu levé le pied pour économiser de l’énergie. La douleur devenait de plus en plus forte à chaque tour. Au début, j’affichais un bon rythme, puis j’ai ralenti. En deuxième manche, quand j’étais en tête… disons que ça faisait longtemps que je n’avais pas mené une course comme ça. Et une fois dans cette position, j’ai simplement tout donné. Même malgré la douleur, j’attaquais encore et encore, et ça a payé.

En seconde manche, on aurait dit que tu cherchais surtout à mettre Lucas sous pression en attendant une erreur de sa part. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé. C’était la stratégie ?
Oui, exactement. Ce n’était pas facile de doubler, car on avait un rythme assez similaire. C’était compliqué de planifier une attaque sur cette piste. Je me suis rapproché de lui, je suis resté à une seconde pour lui mettre la pression, et il a fait une erreur tout seul. Je suis passé en tête, et j’ai tout donné pour aller jusqu’au bout.
Depuis ton arrivée chez Yamaha, comment ça se passe ? J’ai le sentiment qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour que tu sois bien sur la moto.
On travaille énormément, on teste beaucoup de choses aussi. À chaque épreuve, je me sens de mieux en mieux. Il reste encore quelques éléments à améliorer, mais cette pause de quatre semaines va nous faire du bien. On en a besoin, et quand on reprendra, on pourra vraiment commencer à se battre devant.
Après la Suisse, tu es allé en Hollande pendant quasiment deux semaines, alors que tu restes habituellement chez toi en Slovénie. C’était comment de pouvoir rouler dans le sable hollandais, et à Lommel ?
C’était bien. J’ai passé les fêtes de Pâques seul en Belgique, sans ma famille. D’habitude, si je ne roule pas à cette période, je suis avec mes proches. Mais là, je me suis dit qu’il fallait que j’aille en Belgique pour être avec l’équipe. C’était top de pouvoir voir leurs installations, c’est vraiment impressionnant : les ateliers, tout ce qu’ils mettent en place pour le physique des pilotes, etc. Je suis resté là-bas dix jours et j’ai fait du testing. En arrivant à Riola, je me sentais beaucoup plus en confiance. J’ai bien roulé là-bas, mais j’ai fait trop d’erreurs. Le rythme, lui, était bien présent.
Il y a une pause d’un mois avant le prochain GP, c’est assez rare. Quels sont tes plans jusqu’à la France ? Tu vas rouler sur le championnat italien ?
On a certaines choses de prévues. J’aimerais bien faire au moins une, voire deux épreuves du championnat italien. L’idée, c’est de garder le rythme en conditions de course. Quatre semaines, c’est long — c’est quasiment aussi long qu’une intersaison ! Il va falloir bien gérer l’entraînement, le testing, etc. Ne pas trop en faire, mais ne pas en faire trop peu non plus !
Un mot sur les fans. Pendant le tour de reconnaissance, c’était à se demander si tu voyais encore la piste avec les fumigènes… c’était fou.
Franchement, c’était dingue. Le week-end était incroyable. Je l’ai déjà dit, mais un énorme merci à tous ceux qui sont venus me soutenir. Je les entendais à chaque tour dans ce virage, mais aussi tout autour du terrain. Ils m’encourageaient sans arrêt, surtout en seconde manche, et encore plus dans les derniers tours, jusqu’à ce que je gagne la manche. Même au podium, ils étaient super bruyants. Un grand merci à eux, je suis vraiment reconnaissant.









