Un an après avoir signé son tout premier podium en championnat d’Europe 250 sur le circuit d’Arco di Trento, Alexis Fueri espérait naturellement renouer avec les bonnes sensations sur un tracé qui lui avait déjà réussi.
Le pilote MRT Beta abordait ce rendez-vous confiant, mais la chance n’a pas été au rendez-vous. Une grosse chute dès le départ de la première manche du samedi est venue écourter ses espoirs. En douleur et contraint de serrer les dents le dimanche, le Français revient sur un week-end qui laisse des marques, tant sur le plan physique que mental.
« Il y avait un peu de stress, un peu trop de pression. Je galère un petit peu en ce moment avec moi-même. Je mets la barre un petit peu trop haut. Du coup, j’en veux un peu trop et, au final, ça se retourne contre moi », concède Alexis. « Je n’étais pas trop mal parti en première manche, mais je n’ai pas réussi à passer la quatrième au milieu de la ligne droite. J’ai trop fait tirer la 3, et les autres sont revenus, et je me suis fait pousser. C’est un fait de course, mais c’est de ma faute. J’ai pris une grosse chute, je ne me rappelle pas trop. Je me suis fait mal au dos. On m’a roulé dessus. J’étais plein de sang. En arrivant au camion, je sentais une petite douleur au coude et, en enlevant le maillot, il s’est révélé que j’avais deux gros trous pas très beaux au coude. On voyait la graisse qui sortait. Je suis allé me faire recoudre. Ils m’ont dit que j’avais eu de la chance, parce que c’était passé très près du nerf, mais que j’allais avoir mal et, en effet, ça a été douloureux toute la nuit. Je n’étais pas sûr de rouler [le dimanche]. J’ai pris deux Doliprane avant de rouler, parce qu’ils n’ont pas voulu me donner autre chose, pour le dopage [rires]. »
Dans des conditions loin d’être idéales, Alexis Fueri a tout de même réussi à rebondir lors de la seconde manche du dimanche à Arco di Trento. Parti en tête, le pilote MRT Beta a rapidement compris que la course se jouerait au mental. Entre la douleur et le contexte difficile du week-end, le Français a dû s’accrocher pour aller au bout et sauver une cinquième place encourageante au regard des circonstances.
« J’ai réussi à prendre un bon départ et à rouler correctement. Mais c’était une bataille mentale contre moi-même, par rapport à la douleur, par rapport à tout ce qui se passe en ce moment. Donc je n’ai pas super bien roulé, mais on va dire que, vu les circonstances, je prends cette cinquième place. »
Incontournable du calendrier, le circuit d’Arco di Trento s’est révélé particulièrement exigeant cette année, par sa surface piégeuse et cassante; tout particulièrement le samedi.
« Honnêtement, Arco, c’est toujours un peu spécial », commente le Français au sujet du tracé de Pietramurata. « Le samedi, c’était vraiment compliqué. On avait cette petite poussière sablonneuse sur du dur, avec des trous très cassants. C’était même dangereux par endroits. Pour des mecs bourrins qui y vont vraiment, ça passe une fois sur deux. Moi, je suis un peu perfectionniste, un peu plus tranquille. Du coup, je prends un peu plus mon temps. Je pense que parfois, ça se retourne contre moi sur des pistes comme ça. C’était un peu mieux le dimanche pour nous. Et pour le deux-temps aussi, parce que c’était un peu sec le samedi. Surtout que je suis parti en pneu sable lors des manches pour optimiser le départ, parce qu’ici, c’est vraiment dur de doubler. Je pense qu’on l’a vu dans toutes les manches. Je préférais galérer un peu sur la piste, mais essayer de bien partir. »
Au-delà du résultat brut d’Arco di Trento, Alexis Fueri livre un constat plus large sur sa saison actuelle. Dans un championnat où les difficultés s’enchaînent, il reconnaît que la dimension mentale reste un facteur déterminant de ses performances. Un bilan lucide et mitigé, qui allie quelques bonnes séquences malheureusement ternies par un manque de régularité.
« Les dégâts sont faits au championnat, mais honnêtement, vu les circonstances, je ne regarde pas trop le championnat. J’ai envie d’essayer de rouler comme je sais le faire sur deux manches, d’essayer de me faire plaisir surtout et de me lâcher, tout simplement. Ça fait trop d’années que je me mets la pression, que je me dis qu’il faut que je réussisse à tout prix. Et j’en perds l’envie de rouler, j’en perds la petite magie quand je viens sur la course, le fait d’être content d’être là, parce qu’en fait je viens juste pour performer. Et je pense que ça fait que j’essaie de tout contrôler, sauf qu’on est 40 sur une grille, on ne peut pas tout contrôler. Il faut que j’arrive à lâcher prise et à me détendre un peu. Mais au championnat, c’est vrai que c’est un petit peu compliqué. Sinon, je pense que j’ai quand même réussi à montrer de belles choses, que ce soit ma première manche en Espagne, ma première manche en Suisse ou un peu sur l’élite, parce que je n’ai pas trop mal roulé. Maintenant, il faut que j’arrive à mettre tout bout à bout sur deux manches, et tous les week-ends. »









