Treize ans. Treize longues années à courir après ce rêve. Treize années marquées par les blessures, les doutes, les déconvenues et cette sensation permanente que le destin refusait obstinément de laisser Ken Roczen toucher du doigt ce titre tant convoité. Pourtant, en 2026, l’Allemand a fini par y arriver. Enfin.
À 32 ans, après une carrière déjà exemplaire, Ken Roczen a décroché le titre de champion AMA Supercross 450. Une consécration qui soulève désormais une question : que peut-il réellement viser de plus ?
Car l’histoire de Roczen n’est pas celle d’un champion au parcours linéaire. Elle ressemble davantage à une succession de défis et de renaissances : le sacre mondial en MX2, l’exil aux États-Unis, les premiers titres AMA, la terrible blessure de 2017, les années de reconstruction, le départ de chez Honda, puis le pari Suzuki…
Saison après saison, Ken Roczen est redevenu un client crédible depuis son retour chez Suzuki, puis un véritable candidat au titre. Et en 2026, toutes les étoiles se sont finalement alignées. Presque contre toute attente.

Le titre en poche, Ken Roczen pourrait désormais décider de sortir par la grande porte tant la conclusion semble parfaite. Le pilote Allemand admet lui-même devoir réfléchir, et avoir déjà envisagé de raccrocher en cas de sacre. Aujourd’hui, la boucle est bouclée. Que lui reste-il- réellement à aller chercher ?
Invité du dernier PulpMX Show, Ken Roczen a justement été interrogé sur le sujet. Le pilote Allemand avait d’ailleurs été capté par les micros en train de glisser à Hunter Lawrence, au soir de son sacre à Salt Lake City : « La suite, c’est pour toi… moi, j’arrête. »
« C’est vrai, j’ai dit ça [à Hunter] » admet Ken Roczen. « Honnêtement, je ne sais pas encore. Il faut que je réfléchisse. Je ne prendrai jamais une décision comme celle-là après avoir enchaîné 17 week-ends aussi dingues, car pour l’heure, j’en ai un peu ma claque. Il faut que je prenne un peu de recul, que quelques semaines passent. Au fond, j’adore toujours rouler, mais les courses, ça use beaucoup.
Ces dernières années, jouer un titre semblait tellement improbable, tellement loin, que je ne pouvais pas me focaliser là-dessus. Je n’avais pas été dans la course au titre depuis très longtemps. Mon objectif était de parvenir à gagner une course, puis d’être en mesure d’en gagner une autre et d’enchaîner de bons résultats pendant plusieurs week-ends d’affilée. C’est exactement ce que j’ai réussi à faire cette année.
J’avais dit à ma femme que si un jour toutes les étoiles s’alignaient et que je décrochais un titre, alors ce serait terminé pour moi. Sur l’instant, je le pensais vraiment, parce que gagner semblait presque irréel à l’époque. C’était davantage un rêve qu’autre chose… Même en début de saison, alors que je roulais bien, le titre semblait encore très loin, car il y a beaucoup d’obstacles à surmonter.
Maintenant, je suis champion. Il faut aussi voir les choses différemment. Si j’avais 25 ans et que je disais vouloir arrêter après ce titre, je comprendrais que les gens me disent : « Tu es fou, tu es jeune, tu roules super bien, continue ! » Mais aujourd’hui, j’ai 32 ans. Et j’ai aussi dit à ma femme que ce serait peut-être une bonne chose de partir tant que je suis encore en un seul morceau, en bonne santé. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte. Pour l’instant, je ne sais pas. »
Une décision s’impose désormais: revenir défendre sa plaque numéro 1 l’an prochain, on quitter le sport au sommer de son art.










