Pour ses grands débuts en championnat AMA, Lucas Coenen n’aurait sans doute pas pu rêver meilleur scénario. À seulement 19 ans, le pilote belge, leader du mondial MXGP, a signé une seconde place à Thunder Valley, ne s’inclinant que face à l’intouchable Jett Lawrence.
Déjà considéré comme l’un des plus grands talents de sa génération en MXGP, Lucas Coenen a immédiatement confirmé qu’il pouvait s’exporter de l’autre côté de l’Atlantique sans trop de difficulté. Plus encore, le pilote KTM a dominé plusieurs des meilleurs spécialistes du championnat Pro Motocross, dont Haiden Deegan, largement médiatisé pour ses débuts en catégorie reine.
Avant de reprendre l’avion pour rentrer en Europe afin de disputer le GP de Montevarchi, en Italie, Lucas Coenen est revenu sur sa seconde place à Thunder Valley.
« J’ai fait une bonne journée », explique le pilote belge, qui a fait les gros titres depuis sa performance à Thunder Valley. « C’était un nouveau tracé, on était en altitude, donc ce n’était pas évident le vendredi. Heureusement, on a eu deux séances pour prendre nos marques et à chaque fois que j’ai roulé, je me suis senti de mieux en mieux. Le tracé était assez piégeux, avec de grosses ornières et des virages parfois très meubles. Il fallait surtout trouver un bon feeling. »
Arrivé aux États-Unis avec une cible dans le dos en tant que détenteur de la plaque rouge en mondial, Lucas Coenen a surtout dû composer avec les attentes venues de son propre paddock, où certains espéraient le voir représenter le niveau Européen face aux meilleurs pilotes des championnats AMA. Une pression extérieure qu’il a volontairement mise de côté, préférant aborder ce premier déplacement comme une simple opportunité d’apprentissage et la réalisation d’un rêve de longue date.
« Honnêtement, je n’avais aucune attente particulière. Je voulais simplement apprendre et prendre du plaisir. Tous les pilotes du GP me disaient : « Hé, il faut que tu ailles là-bas et que tu battes tout le monde pour montrer notre niveau. » Et moi je leur répondais : « Non, si vous voulez y aller, allez-y et roulez là-bas ! » Je pense que Jett et Hunter évoluent actuellement sur un autre niveau, et c’est aussi intéressant de le constater par moi-même. Je pense que ce serait vraiment sympa de pouvoir rouler davantage ici, aux USA. Aujourd’hui, on a eu du très beau motocross. Même si je ne me suis pas beaucoup bagarré, je me suis régalé. C’était vraiment une belle journée. »
Lucas Coenen avait parfaitement conscience du pari – et du risque – que représentait ce premier coup d’essai aux États-Unis. L’officiel Red Bull KTM est allé à Thunder Valley sans pression, dans l’optique de prendre de l’expérience tout en limitant les risques, sans pour autant renoncer à l’envie de performer face aux meilleurs pilotes du championnat Américain : mission accomplie.
« En Europe, ils étaient un peu stressés. Rouler aux USA quand tu es leader du championnat du monde, c’est forcément un certain risque. Mais je pense qu’avec l’équipe ici, tout s’est bien passé. On était entre de bonnes mains. Comme je l’ai dit, je n’avais aucune attente particulière. J’étais simplement là pour apprendre à chaque séance. Je ramène un 2-2, mais dans la première manche il y a eu des chutes. Je termine second dans ces conditions-là, même si je suis quand même revenu de derrière. Dans la seconde manche, j’ai encore terminé second ; j’étais content. Maintenant, on va retourner en championnat du monde. C’est cool. »
Dans le cadre de son adaptation express, Lucas Coenen affirme ne pas avoir été perturbé par les spécificités de la 450 SX-F du team Red Bull KTM aux États-Unis. Le pilote belge souligne avant tout la qualité du travail et l’expérience du staff américain, qui lui ont permis de rapidement trouver ses marques sur une machine malgré tout différente de celle qu’il utilise en mondial MXGP.
« Honnêtement, j’ai fait confiance à l’équipe. Au fur et à mesure des deux journées de testing, je me suis senti de mieux en mieux sur la moto. À chaque fois, je leur disais : « Faites ce que vous pensez être le mieux pour moi », et c’est ce qu’ils faisaient. Ils ont beaucoup d’expérience et savent exactement ce qu’ils font. Je me suis vraiment bien senti et j’ai une grande confiance en eux. Je pense qu’on a une très bonne base, leur travail est efficace. Et avec mon frère aussi, tout fonctionne bien, ça matche parfaitement. Franchement, je ne peux pas demander mieux. »











