À chaque victoire, un nouveau record. 118, c’est désormais le nombre de succès en Grand Prix de Jeffrey Herlings après son doublé au GP de Grande Bretagne. Et au soir de sa sixième victoire de la saison à Foxhill, les premières pensées de Jeffrey Herlings vont à Lucas Coenen. Alors qu’il avait 68 points d’avance avant le rendez-vous Britannique, le leader du championnat a vu son avantage fondre après trois abandons, permettant au Néerlandais de revenir à seulement 11 unités au championnat. Un scénario que le Néerlandais n’a pas souhaité commenter sans avoir une pensée pour son jeune rival Belge, contraint de déclarer forfait sur blessure.
« Tout d’abord, je suis désolé pour Lucas. J’ai eu beaucoup de malchance moi aussi, avec des problèmes mécaniques. J’aurais préféré qu’il ait un problème mécanique plutôt qu’un problème de santé. Je suis déçu pour lui. En tant que sportif et athlète qui roule depuis longtemps, je sais ce que ça fait : j’ai perdu beaucoup de championnats à cause de blessures. Je ne dis pas qu’il va perdre le titre, mais ce n’est jamais sympa de voir quelqu’un se blesser. Une pensée pour lui, et j’espère qu’il sera en forme le week-end prochain pour qu’on puisse à nouveau se battre. »
Si Jeffrey Herlings signe un dimanche parfait sur le papier, le week-end du pilote Néerlandais avait mal débuté avec une chute dès le samedi en manche qualificative; un genou à terre qui le forcera à remonter pour aller arracher les points de la quatrième place. Il remportera les deux manches du dimanche, non sans être sous pression de Tim Gajser et Romain Febvre.
« C’était un bon week-end dans sa globalité. Le samedi, je suis tombé en manche qualificative et je suis reparti quasiment dernier pour revenir quatrième. Je me sentais vraiment en forme et, d’ailleurs, je me suis mieux senti le samedi que le dimanche. Même si j’ai mené tous les tours, j’ai eu de la chance. Je suis parti devant deux fois, mais j’étais sous pression dans les deux manches, même si j’ai réussi à tenir le coup. La deuxième manche était chaude. Le soleil était très bas, on voyait mal, et il y a eu la chute de Pauls Jonass. On a eu un drapeau fixe, puis agité. Est-ce qu’on pouvait sauter ? Je menais, je ne voulais pas prendre de risque et j’ai décidé de ne pas sauter. Les autres sont revenus alors que moi, j’ai vraiment bien ralenti, car je ne voulais pas risquer de prendre une pénalité et de perdre des points. »
« J’ai fait ce que j’ai pu ce week-end, et j’ai le sentiment d’avoir fait le job, tout comme le team. Je tiens vraiment à remercier Giacomo et toute son équipe, mais aussi Honda HRC, Petronas, le team, les Japonais. Tout le monde fait un super boulot. On ne gagne pas seulement le dimanche. Ces victoires, on va les chercher dès le lundi. Direction Loket la semaine prochaine. J’ai de bons et de mauvais souvenirs là-bas, j’espère pouvoir repartir avec de bons cette fois-ci. »
Déjà passé par Foxhill lors d’une épreuve du championnat britannique en 2023, Jeffrey Herlings a particulièrement apprécié le retour de ce tracé mythique au calendrier mondial – en remplacement de Matterley Basin – même s’il garde en mémoire un souvenir difficile de sa précédente venue.
« J’ai disputé une épreuve du championnat britannique à Foxhill en 2023. Le tracé a beaucoup évolué depuis, ils ont énormément travaillé sur la piste. C’était cool de revenir ici. Même si la dernière fois, un photographe avait été percuté par Bobryshev et était malheureusement décédé ; on n’avait disputé qu’une seule manche. Je n’ai donc pas beaucoup roulé sur cette piste de Foxhill. Mais l’Angleterre, c’est comme ma seconde maison, car j’ai disputé le championnat britannique il y a deux ans et j’y dispute encore quelques courses ici et là. J’aime toujours venir ici, j’aime le pays, c’est un voyage facile pour nous. On va à Calais, on prend le train et on arrive en Angleterre. Ce week-end, l’Angleterre m’a plutôt bien réussi. »
À l’aube de ses 32 ans, Jeffrey Herlings sait que le temps joue en sa défaveur, mais son ambition reste intacte. Avec 118 victoires de Grand Prix à son actif, le pilote Néerlandais espère toujours ajouter un nouveau titre mondial à son palmarès avant de raccrocher les gants.
« Je ne rajeunis pas, donc ça devient de plus en plus difficile. Les années 2013 et 2014 me manquent parfois, quand je gagnais avec une minute, une minute trente d’avance. Mais ces jours-là sont révolus. Gagner, c’est déjà une première victoire ! Mais bon, j’ai remporté le plus de Grands Prix cette année, et mon 118e je crois. C’est plus que quiconque dans le sport et ça continue d’augmenter. Malheureusement, le nombre de titres n’est pas en corrélation avec le nombre de victoires et de podiums. Ce serait bien de pouvoir décrocher un nouveau titre avant de raccrocher. »
Arrivé chez Honda HRC cet hiver après plus d’une décennie passée chez KTM, Jeffrey Herlings estime avoir retrouvé un environnement capable de lui permettre de viser à nouveau le titre. Une adaptation largement réussie, dans les deux sens.
« Je ne sais pas si, chez Honda, ils se sont rapidement adaptés à moi. Mais, évidemment, on avait déjà une connexion forte dès le début avec Giacomo (Gariboldi) et Marcus (Pereira de Freitas), mais aussi avec les personnes qui travaillent sur la moto au quotidien. Un peu moins avec les Japonais, je dirais, puisqu’on ne se voit que sur certaines courses. C’est un groupe de personnes bien plus important que ce à quoi j’étais habitué chez KTM. Je pense aussi personnellement que c’est un groupe plus professionnel. »
Après avoir refusé plusieurs opportunités de rejoindre Honda par le passé, Jeffrey Herlings explique pourquoi le timing était finalement devenu le bon, fin 2025.
« J’ai eu l’opportunité de signer chez Honda à plusieurs reprises durant ma carrière, et je n’ai jamais franchi le pas à l’époque. J’aurais pu gagner plus d’argent, mais j’ai décidé de rester loyal envers Pit Beirer et KTM, et je n’ai aucun regret. J’ai passé de très bons moments avec eux. »
« Mais après l’an dernier, j’ai senti qu’il était temps pour moi de partir. Les Coenen étaient arrivés, Kay de Wolf était sur la montée, et le team pour lequel je roulais était en train de s’effondrer. Ruben Tureluren était parti chez Nestaan car KTM ne voulait pas conserver son contrat. On avait perdu pas mal de monde et je sentais que, si je voulais franchir un nouveau cap dans ma carrière, Honda était le meilleur endroit pour moi. J’avais des offres de Yamaha, Ducati et de plusieurs autres marques. J’ai choisi avec mon cœur, j’ai choisi Honda, et je n’ai aucun regret. »
Jeffrey Herlings prend désormais la direction de Loket avec des ambitions de plaque rouge renouvelée. Le pilote Néerlandais a repris 57 points au championnat en Grande Bretagne et aborde le rendez-vous Tchèque avec un retard de 11 points sur Lucas Coenen, dont l’état de santé reste encore une inconnue à ce jour.
















