Avec un Italien, un Suisse et un Néerlandais au sein de son programme MXGP en 2026, Ducati a misé sur un casting international aux profils complémentaires. Repris par Louis Vosters, le programme du constructeur de Bologne n’a pas connu un début de saison 2026 facile avec la blessure d’Andrea Bonacorsi, et les difficultés de Jeremy Seewer. La bonne nouvelle, c’est que le pilote Italien de 22 ans fera son retour aux affaires dans le sable de Riola Sardo ce week-end. Présent lors de l’ouverture du Dutch Masters de Heerde ce lundi – en guise de préparation – Andrea s’est prêté au jeu de l’interview. Micro.
Andrea, tu as manqué les deux derniers GP et tu viens de faire ton retour à Heerde. Tu aurais probablement pu revenir sur un tracé plus simple ! C’était comment ?
C’est sûr que ce n’était pas la piste la plus simple pour faire mon retour, mais il le fallait avant Riola Sardo, qui sera probablement pire qu’ici. Je ne suis pas encore à 100 %, mais mon objectif ici était simplement de rester sur mes roues, de ne prendre aucun risque et de boucler les manches. C’est ce que j’ai fait. Il y avait un gros plateau avec de bons pilotes, donc c’était bien pour moi de voir le niveau et, comme je l’ai dit, sans être à 100 % ni attaquer à fond, j’ai quand même réalisé deux bonnes manches.
Tu t’es battu avec Calvin en seconde manche. Dans ces conditions, la Desmo n’était pas au point l’an dernier. Mais vous avez tous les deux montré de belles choses à Heerde.
Oui. Après, j’essayais surtout de jouer un peu, d’essayer de lui compliquer la tâche. Mais comme je l’ai dit, je n’attaquais pas vraiment et je n’ai pas non plus tout donné pour le garder derrière moi. C’est quand même positif de voir deux Ducati se battre devant, même si ce serait encore mieux que ce soit pour la première et la seconde place. Je pense qu’on est sur la bonne voie. L’an dernier, la Ducati n’était pas au point dans le sable. Je pense qu’on a franchi un cap et qu’on a réussi à tirer la moto vers le haut.
Comment s’est passée la transition vers Ducati ? C’est la même équipe pour toi – en finalité – avec Louis Vosters. En plus, tu es encore jeune. Les gars de ton âge ne sont pas toujours partants pour développer une moto.
Honnêtement, dès que je suis monté sur la Desmo, je me suis senti plutôt bien. Ensuite, avec l’entraînement, tu montes en puissance et tu commences à identifier ce dont tu as besoin. Il y a évidemment encore du travail à faire, mais tout le monde est motivé. J’espère qu’on aura bientôt des évolutions. Moi, je sais exactement ce que je veux. Je suis jeune, oui, mais j’ai une idée très claire de ce que je veux sur une moto. J’aide aussi au développement, et ce que j’essaie fonctionne pour moi. Je suis quelqu’un qui ne change pas énormément de choses au fil de la saison : quand je trouve quelque chose qui me convient lors du testing, je m’y tiens. Donc oui, je participe clairement au développement de la moto.

Tu prends du plaisir à participer au développement de la Desmo ? Ça peut aussi devenir un point fort pour ta carrière…
Oui, bien sûr. J’ai déjà participé au développement chez Fantic. J’ai commencé le projet avec eux en 125cc. J’étais très jeune à l’époque, mais j’étais avec Maddii et Corrado m’a beaucoup appris sur ce que je voulais ou non sur une moto. Ensuite, j’ai souvent dû me débrouiller par moi-même. Chez Hutten Metaal, par exemple, personne ne savait exactement ce qu’il te fallait, donc tu devais t’adapter rapidement et comprendre tes propres besoins.
Tu as raté les derniers GP à cause de ta blessure. Est-ce que c’était difficile mentalement de regarder les courses depuis chez toi ?
Oui, surtout qu’en Argentine j’étais dans le groupe de tête avant de chuter. J’étais bien, sans prendre de gros risques. Regarder les deux dernières courses a été difficile. C’étaient deux circuits qui me convenaient bien. La nouvelle piste en Espagne avait l’air vraiment défoncée, et c’est ce que j’aime. En Suisse, l’an dernier, j’avais raté le podium d’un point. Ce sont donc deux GP que j’attendais avec impatience. Mais en même temps, ça me motive encore plus pour revenir fort le plus vite possible. Blessé ou pas, ça ne change rien pour moi. Quand je suis derrière la grille, j’oublie tout et je donne le maximum. J’avais la vitesse en Argentine, donc je l’aurai aussi sur les prochaines courses.
Quels sont tes objectifs cette saison avec cette nouvelle moto ?
Mon objectif est clair: progresser et faire mieux que l’an dernier. J’ai déjà quelques manches blanches à mon actif, mais si je peux montrer mon potentiel chaque week-end à partir de Riola et continuer à m’améliorer, je suis sûr qu’on pourra être devant en fin de saison.
C’est comment d’avoir Jeremy et Calvin comme coéquipiers ?
L’an dernier, avec Glenn Coldenhoff et Brian Bogers, c’était ma meilleure saison. C’étaient deux coéquipiers incroyables et ça restera une expérience importante pour moi. Jeremy et Calvin sont assez indépendants et font leurs trucs chacun de leur côté, mais on se voit beaucoup sur les GP. On a globalement les mêmes ressentis sur la moto, donc c’est intéressant de pouvoir échanger.
Tu as signé pour deux ans avec Ducati. Une vraie marque de confiance de leur part.
Oui. Pour moi, en tant que jeune pilote, avoir deux ans de contrat, c’est important. En me signant, ils savent de quoi je suis capable, et moi j’ai hâte de progresser, de développer la moto et de montrer où j’ai ma place.








