Peu de noms inspirent autant de respect dans le paddock que celui d’Antonio Cairoli. Neuf fois champion du monde et l’un des plus grands pilotes de l’histoire du sport, l’icône italienne de 41 ans a certes pris du recul sur sa carrière sportive, mais son influence dans le paddock reste intacte. Désormais impliqué au cœur du projet de Ducati en Motocross, Antonio Cairoli jongle entre le développement de la Desmo, l’accompagnement des pilotes et l’idée toujours bien présente de se replacer derrière une grille de départ, notamment cet été aux États-Unis. Micro.
Antonio, tu es récemment allé aux USA. C’était comment ? Visiblement, tu as pas mal roulé chez Justin Barcia.
Oui, clairement, c’était cool. On est toujours en train de développer certaines choses sur la moto, et on collabore et partage des informations entre l’équipe aux USA et l’équipe ici, en Europe. C’était une bonne opportunité pour tester des choses sur la moto.
Tout est nouveau aux USA pour Ducati en Supercross, mais ils s’en sortent bien. Dylan roule aux portes du top 5. Tu dois être content des progrès ?
Aux USA, on a la meilleure équipe qu’on aurait pu avoir. Factory Connection a fait des choses incroyables par le passé, et ces gars-là savent travailler. C’est aussi une bonne chose pour Ducati de pouvoir obtenir des informations de leur part et de partager avec eux.
Alors, est-ce que tu vas faire des manches de l’outdoor cette année ?
On est encore en train de décider. L’envie de rouler sur l’outdoor est là, c’est sûr, et j’ai vraiment pris du plaisir l’année dernière, même si j’ai roulé avec une moto d’origine, standard. Cette année, la moto est clairement plus performante aussi, plus puissante, et je pense que ça peut aussi aider pour les départs, comme sur le reste de la piste. Ça va être intéressant, et on verra si ça peut se faire.
Ça te fait quel âge maintenant, 40 ?
J’ai 41 ans désormais.

On aurait aimé te voir rouler à Arco, même si tu es probablement content de ne pas avoir eu à rouler. Il y a des chances qu’on te voie faire un Grand Prix cette année ?
C’est vrai, je ne suis pas un grand fan de cette piste de Trentino, même si j’ai bien roulé sur ce terrain par le passé. Il faut vraiment être en excellente condition physique pour rouler dans ce type de conditions, très piégeuses. Il y avait des portions béton, des sections assez risquées. Rouler en MXGP, ce n’est pas vraiment à l’ordre du jour pour moi. Bien sûr, quand tu viens ici sur les Grands Prix et que tu retrouves l’ambiance, ça te manque un peu. Mais ce n’est pas prévu au programme en ce moment.
Tu as roulé aux Nations l’an dernier. Est-ce que tu as pour objectif de représenter l’Italie à nouveau cette année ? Si tu fais de bons résultats sur l’outdoor, sait-on jamais…
L’an dernier, ma participation n’était pas prévue. Il y a des pilotes qui roulent à l’année, mais sait-on jamais. Les Nations, c’est une course vraiment étrange. Si quelqu’un se blesse ou n’est pas performant alors que tu réponds présent… Disons que la sélection ne dépend pas tant de si tu mérites de rouler : il s’agit de former la meilleure équipe possible sur l’instant présent pour ramener le meilleur résultat possible. Ce n’est pas une question d’âge ou de jeunesse. C’est une course où il faut des pilotes expérimentés. L’an dernier, les gens ont parlé, ils m’ont demandé pourquoi je roulais, ils ont dit que c’étaient des décisions politiques. Rien de tout ça n’était vrai. J’étais simplement le pilote qui méritait le plus la place à ce moment-là. Malheureusement, je me suis blessé en première manche. Mais le samedi, on était bien, on roulait devant, on se battait avec Eli Tomac et les autres. Selon moi, il faut simplement sélectionner la meilleure équipe sur l’instant T.
En GP, ça a beaucoup changé pour Ducati aussi, avec la reprise du programme par Louis Vosters. Il y a beaucoup de différences entre Maddii et Vosters ?
Oui, bien sûr. Il y a toujours des différences entre les équipes. On était avec une équipe italienne et là avec une équipe néerlandaise. L’organisation est différente. Être basé en Hollande aide beaucoup, car on peut se retrouver plus facilement sur les circuits avec l’équipe. Je pense que tout le monde est très motivé. On verra si on peut progresser davantage.
Est-ce que Vosters à carte blanche pour faire ce qu’il veut ou la collaboration lui impose de passer par Ducati pour prendre des décisions ?
En réalité, c’est toujours assez simple de travailler avec l’usine, qu’on soit avec Maddii ou Vosters. On est ouverts aux conseils et remarques de toute personne qui a la légitimité de donner son avis, donc on travaille tous ensemble.

Il y a aussi deux nouveaux pilotes chez Ducati : Bonacorsi et Vlaanderen. C’est encore tôt dans la saison, mais ça semble mieux se passer dans le sable.
Andrea revient de blessure, mais on sait ce qu’il vaut. C’est un jeune pilote, il est en forme, il travaille dur. Calvin est aussi un pilote qui se donne toujours à fond sur la piste. C’est ce qu’on aime voir. Ils viennent tous les deux de constructeurs différents, et la Ducati est encore une moto différente. Avec le moteur Desmo, il faut pouvoir s’adapter, et donc il faut du temps pour bien connaître la moto et trouver des axes d’amélioration. Ils ont besoin de temps, mais globalement, ils roulent plutôt bien.
La question difficile, c’est celle qui concerne Jeremy Seewer. Qu’est-ce qui lui pose problème selon toi ? Vous travaillez avec lui pour qu’il retrouve son vrai niveau ?
Oui, clairement. Jeremy ne performe pas du tout au niveau qu’on sait qu’il peut avoir. C’est un excellent pilote, mais il traverse une période compliquée actuellement. Je pense que son style de pilotage fait qu’il a du mal à s’adapter à une moto comme la Ducati aujourd’hui. On va avoir des modifications qui correspondront mieux à son style, et la confiance va revenir. On va voir si cette pause de quatre semaines peut l’aider à se sentir un peu mieux.
Il y a des rumeurs concernant un potentiel départ aux USA. C’est peu probable ? J’imagine que tu veux le conserver.
Oui, bien sûr. On aimerait le garder au sein de l’équipe parce que c’est un très bon pilote. On sait qu’il traverse des difficultés en ce moment, et on est tous derrière lui pour trouver la meilleure solution. On est aussi allé aux USA pour tester différentes choses là-bas et les ramener ici pour aider nos pilotes à progresser.
Quel âge a ton fils Chase maintenant ? Il se débrouille comment sur une moto ?
Il a six ans. Il roule assez souvent, presque tous les jours je l’emmène sur les terrains. Il aime beaucoup ça, mais il est plus attiré par l’enduro pour le moment. Il aime faire des boucles d’enduro, rouler en forêt, il n’est pas trop fan des manches de motocross. Mais il est encore trop jeune pour savoir ce qu’il voudra faire plus tard.










