Jordi Tixier “Je peux faire beaucoup mieux”

Jordi Tixier “Je peux faire beaucoup mieux”

La saison 2020 a été mouvementée pour Jordi Tixier. Juste avant le début de saison, le pilote Français se séparait de l’équipe VHR KTM avant de signer un contrat avec Sarholz KTM; association qui n’englobera finalement que le championnat Allemand, puisque Jordi décidait alors de monter sa propre équipe – JT 911 KTM – pour partir à l’assaut des grands prix. Onzième la saison passée, et premier pilote 100% privé du championnat, Jordi Tixier a également terminé onzième de l’ouverture de saison 2021, en Russie. L’ancien champion du monde MX2 s’est récemment entretenu avec notre confrère Andy McKinstry de Gatedrop.com

Jordi, si on revient au début de l’année dernière, tu as quitté une équipe quelques semaines avant le premier GP, puis tu as signé avec Sarholz KTM avant de décider de monter ta propre structure. Ça a dû être assez chaotique au début, mais les choses sont plus stables désormais, et ta préparation doit être meilleure ?

Oui, Ça a été assez difficile et je dirais aussi que j’ai eu de la chance que le COVID-19 arrive, sinon il aurait été presque impossible de monter l’équipe. Mais les choses vont dans le bon sens et pour 2021, nous sommes dans une bien meilleure situation, avec une meilleure préparation. Tout va bien, ce n’est pas une grosse équipe et ce n’est pas mon objectif, je veux juste avoir une bonne moto pour les grands prix et faire de mon mieux à chaque fois.

Après avoir lancé ta propre structure et après une année d’expérience, comment c’est de gérer une équipe en plus d’être pilote ? Après un an d’expérience, tu as dû apprendre beaucoup de choses en cours de route ?

C’est sûr que c’est beaucoup de travail. Il faut s’entraîner et tout préparer pour l’équipe, mais heureusement j’ai de bonnes personnes autour de moi qui m’aident beaucoup. Si je devais le faire seul, ce ne serait pas possible, donc j’ai la chance d’avoir des gens en qui j’ai confiance, ce qui est très important pour un pilote. J’ai beaucoup appris, différentes choses, pas seulement sur la moto, mais aussi à gérer l’équipe et les relations avec les sponsors. Être proche de mes partenaires, c’est quelque chose que j’aime vraiment,

C’était difficile de se préparer pour la saison 2021 avec les changements apportés au calendrier MXGP ? As-tu pris du repos ou as-tu continué à rouler pendant tout ce temps ?

Je n’ai presque pas pris de repos, seulement pour Noël, ou j’ai pris quelques semaines, sinon j’ai continué à m’entraîner mais on a fait un peu moins que d’habitude. En général, je n’ai roulé que deux ou trois fois par semaine, contre quatre ou cinq fois les saisons passées. J’ai juste essayé de maintenir ma condition physique au top et d’améliorer quelques aspects de mon pilotage. C’était assez difficile parce que nous n’avions pas de date pour le début du championnat, il était donc difficile de se préparer à temps, mais j’ai fait de mon mieux et j’ai écouté mon corps.

Cet hiver, on imagine que tu es resté en France. Comment ça s’est passé, et comment te sens-tu à l’approche de 2021 ?

Oui, je suis surtout resté en France. J’étais aussi souvent dans le Sud parce que nous avons une maison là-bas, donc c’est assez facile pour nous d’y aller et de rouler. On est aussi retourné chez moi où nous avons aussi quelques pistes. Je me suis beaucoup déplacé mais je suis resté la plupart du temps en France, nous n’avons pas un gros budget donc nous ne savions pas s’il était vraiment nécessaire d’aller en Sardaigne ou en Espagne cette année et c’est pourquoi nous nous sommes concentrés pour rester en France afin de préparer la moto autant que possible pour les grands prix.

Tu étais présent à Ernée avec d’autres pilotes de GP. Tu as terminé à une solide septième place, ce qui n’est pas mal pour une reprise après un an sans course. Peux-tu nous parler de ta journée ?

Le championnat de France s’est bien déroulé. C’était une piste vraiment naturelle, Ernee est l’un des plus beaux endroits de France pour rouler et la préparation de la piste était incroyable. Il y avait beaucoup d’ornières, c’était très défoncé, comme une vraie piste de Motocross. C’est le genre de terrain qu’on devrait avoir tout le temps, ce serait au top d’avoir une piste comme ça tout le temps. De mon côté, ça faisait plus de six mois que je n’avais pas roulé. On sait que l’entraînement et la course, ce n’est pas la même chose, donc mon objectif était de prendre de bons départs et de faire deux bonnes manches, et c’est ce que j’ai fait. Lors des essais chronométrés, j’ai fait le quatrième temps, c’était très bien en présence de beaucoup de tops pilotes de GP. Dans les manches, j’étais de mieux en mieux tour après tour. J’étais déçu de ma première manche car j’ai eu du mal à trouver mon rythme, mais en deuxième manche j’ai pris un bon départ et j’ai roulé avec les gars de devant, près du top 5. C’était une bonne manche et c’était bon à prendre avant le premier GP.

La première épreuve du mondial s’est bien passée pour toi avec une onzième place en Russie, tu dois être satisfait ?

La Russie, ça s’est bien déroulé. J’ai pris d’assez bons départs et c’était bon de se mettre dans le rythme. Ma vitesse n’était pas la meilleure ce week-end, mais ce n’était que le premier GP de la saison et la saison sera longue. Je ne suis pas le genre de gars à commencer très fort en début de saison. Quand je regarde le classement du championnat, il y a beaucoup de gars qui peuvent rouler dans le top 10. Être onzième du provisoire, ce n’est pas mauvais, je peux faire beaucoup mieux, mais je n’ai pas chuté et j’ai mieux roulé à chaque tour. On va continuer à travailler et j’espère que ce sera encore mieux en Angleterre.

Tu roules en MXGP depuis longtemps maintenant et le niveau de la catégorie semble être toujours plus relevé chaque année.

Je ne sais pas si le niveau continue d’augmenter, mais je dirais que c’est plus relevé qu’il y a dix ans. Avant, il y avait peut-être trois ou quatre pilotes au-dessus, puis un écart important entre eux et le reste du paquet. Maintenant, quand on regarde le classement, il y a quinze ou dix-huit gars qui roulent vraiment bien, qui sont déjà monté sur le podium ou ont remporté des titres de champion du monde ou même une course. C’est pourquoi le niveau semble si relevé maintenant. C’est une bonne chose pour notre sport, mais ce n’est pas facile pour les pilotes.

Tu es fort sur le dur, as-tu beaucoup roulé dans le sable cet hiver ?

Je suis Français, donc j’aime rouler sur le dur, c’est sûr. Depuis que j’ai signé avec Factory KTM en 2012, j’ai passé beaucoup de temps dans le sable et je dirais que c’est le genre de surface que j’aime vraiment quand le feeling est bon et qu’il est facile de doubler. Quand on est fort physiquement, alors il est possible de faire la différence sur les autres pilotes dans le sable. C’est ce que je préfère dans le sable par rapport au dur,  mais c’est sûr que je me sens bien sur les terrains bétons, mais c’est probablement le cas pour tous les autres pilotes. Maintenant, tous les meilleurs pilotes savent comment rouler sur le dur, dans le sable, la boue, etc. Honnêtement, si je devais choisir, je dirais que j’aime plus les courses dans le sable, comme à Valkenswaard ou Lommel, car on peut vraiment faire la différence. Mais pour le reste, une belle piste en dur comme Ernee, c’est le genre de terrain que j’aime vraiment. De la vitesse et du technique avec des ornières; il était possible de trouver de belles trajectoire, et c’est ce que j’aime.

Via Andy McKinstry – www.gatedrop.com / photos: MX July

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