Monté en catégorie cet hiver, mais blessé au pouce — et opéré — durant l’intersaison, Kay de Wolf est encore en phase d’apprentissage sur la 450cc. Le Néerlandais n’a toutefois pas tardé à se montrer. Septième en Espagne, quatrième en Suisse, l’officiel Nestaan Husqvarna participait à l’ouverture du championnat Dutch Masters à Heerde ce lundi, où il s’est offert un beau duel face à Jeffrey Herlings. Troisième de la journée, Kay de Wolf confirme qu’il faudra rapidement compter sur lui en catégorie reine. Micro.
Kay, un mot sur cette piste de Heerde. Elle avait l’air vraiment défoncée et difficile, mais ce sont des conditions qui te correspondent, donc tu as dû adorer ça…
Le terrain était correct. C’était un peu compliqué, parce qu’il a beaucoup plu, puis ça a bien séché ces deux derniers jours, donc la base était dure en dessous. Mais je me suis régalé, et puis les fans néerlandais… ils étaient incroyables. C’était dingue, il y avait énormément de supporters, et je pense que c’est vraiment une bonne chose pour le sport aux Pays-Bas. Voir autant de fans, c’est exactement ce qu’on veut et ce dont on a besoin, c’est pour ça qu’on travaille tous. C’est pour ça qu’on vient faire ces courses, donc je suis vraiment heureux de voir autant de monde, et c’était un plaisir de rouler à Heerde.
À quand remonte ta dernière participation au Dutch Masters ?
La dernière fois que j’ai roulé sur le Dutch Masters, c’était en 2023, et j’avais gagné le titre. J’ai donc été champion en 85cc, en 125cc et en 250cc. Désormais, j’essaie d’aller chercher le titre en 450cc, mais ça ne sera pas facile, surtout avec Jeffrey. Mais ça va être sympa. La dernière fois, c’était donc en 2023, une semaine avant ma première victoire en GP, j’avais remporté le titre Dutch Masters. En 2024, on avait décidé de se concentrer sur le mondial, et ça avait payé. On a fait le même choix en 2025.
Tu t’es bien battu contre Jeffrey en première manche. Tu as dû apprendre des choses. Puis tu es tombé dans la seconde, avant de remonter.
Oui, j’ai clairement beaucoup appris ce week-end. J’ai bien roulé avec Jeffrey et on a fait une bonne première manche. C’était vraiment sympa, on roulait fort et on a creusé un gros écart sur Romain ; c’était intéressant. J’apprends beaucoup, et c’est le cas depuis plusieurs semaines : à chaque fois que je roule, j’apprends. Plus je m’installe dans cette catégorie, plus je prends de l’expérience: c’est ce dont j’ai besoin à ce stade. C’est une catégorie vraiment compliquée, où même le top 15 est très rapide. Mais je suis vraiment content d’avoir franchi le cap.
En seconde manche, je suis remonté de la dernière à la quatrième place. Je voulais rattraper Forato, mais il a haussé le rythme. Ce n’était pas une grosse chute, j’ai loupé le frein arrière. Normalement, je saute avec la jambe gauche sortie, et je retombe avec le pied droit sur le frein pour faire pivoter la moto. Mais là, j’ai complètement raté la pédale de frein et je suis allé tout droit. Le problème, c’est que c’était en haut d’une grosse bosse de 4 ou 5 mètres. La moto est restée en haut dans les buissons, et moi, j’ai dévalé la pente. C’était quand même une bonne manche, et je suis content de la vitesse affichée sur la fin. Je ne sais pas à quel point Jeffrey a levé le pied, mais je voyais l’écart se réduire à chaque tour. J’avais un bon rythme, c’est dommage de ne pas avoir pu me battre avec lui. Si on s’était de nouveau retrouvés roue dans roue, on aurait pu hausser le rythme et offrir une grosse manche. Il reste encore trois épreuves, ça promet, mais dans l’ensemble, je suis content de mon pilotage. On va arriver en Sardaigne dans de bonnes conditions, c’est le plus important.
Ce n’est que ta troisième course en 450 cette année après ta blessure, et tu sembles progresser chaque semaine. Tu es satisfait de ta progression depuis ton retour en piste lors du GP d’Espagne ?
Oui, mais la courbe d’apprentissage est énorme. Je me souviens qu’à Sommières, lors de ma première course, je passais souvent en première dans les virages, alors qu’on roule normalement en deuxième ou troisième. J’étais encore habitué à la 250, à rétrograder deux fois dans les virages. C’était encore un automatisme. Puis il y a eu la blessure, et je suis revenu directement sur les Grands Prix avec seulement deux jours de moto avant l’Espagne. J’avais essayé avant l’Argentine, mais j’avais fait trois tours et c’était terminé. Après l’opération, c’était impossible de rouler normalement au bout d’une semaine, le pouce n’était pas suffisamment remis. J’ai repris la récupération, puis je n’ai roulé que deux fois avant Almonte. C’était dur, mais j’ai beaucoup appris, et je suis content de l’avoir fait. Sinon, je serais revenu seulement en Sardaigne, et ce Dutch Masters aurait servi de course de préparation.
Avant cette blessure en France, comment s’est passée ta préparation ? Tu roulais déjà pas mal en 450 l’an dernier, mais l’objectif principal était le titre en MX2. C’était important de tourner la page de la 250 pour te concentrer pleinement sur la 450 ?
Oui, clairement. J’ai pris la décision très tard, le dimanche matin au Motocross des Nations. Je me suis réveillé en me disant que je voulais monter en MXGP, que je ne voulais pas rester une année de plus en 250. Je suis vraiment content de ce choix, je me sens bien sur la moto et je suis satisfait de mon pilotage. Avant ma blessure, ça se passait très bien. C’est dommage que ça se soit passé comme ça, car je galère encore un peu avec mon pouce. Je ne tiens pas encore le guidon comme je voudrais, je ne peux pas encore refermer complètement le pouce, donc je roule quasiment avec quatre doigts. Je ne suis pas encore à 100 %, mais ça ne me gêne pas tant que ça. Il me manque surtout du physique, notamment sur la fin des manches.
Ton pouce t’empêche de rouler autant que tu le voudrais dans la semaine ?
Non, on a trouvé un bon équilibre pour tenir le rythme sans avoir trop de douleur, et sans trop subir après les entraînements. On a roulé trois fois la semaine dernière, en plus de ce lundi à Heerde, et je vais encore rouler une fois avant de partir pour la Sardaigne.
Tu n’as signé que pour un an en MXGP. 2026 est donc une année de contrat pour toi. On se demande forcément si tu pourrais envisager de partir aux USA. Tu as des plans ?
Pour le moment, je n’en ai aucune idée. Je reste ouvert à toutes les options et j’attends de voir. Mon contrat se termine à la fin de la saison, donc tout est encore possible. Je suis curieux de voir ce que l’avenir me réserve, mais pour l’instant, je me concentre sur ma saison et sur mes progrès à chaque course.









