Dans des conditions particulièrement compliquées à Philadelphie, Ken Roczen a une nouvelle fois démontré sa capacité à faire la différence dans les moments difficiles. Vainqueur pour la cinquième fois cette saison, le pilote allemand en profite également pour récupérer la plaque rouge de leader du championnat, qu’il arrache pour seulement quatre points d’avance sur Hunter Lawrence à deux rounds du tombé de rideau.
« Le tracé était plus difficile pour la finale que durant la manche qualificative », explique le pilote HEP Suzuki au sujet de sa finale. « Je savais qu’il fallait que je parte devant pour avoir le champ libre. Avec Cooper et Hunter juste devant moi au départ, ce n’était pas la tâche la plus simple, mais j’ai réussi à les doubler. De là, j’ai juste fait ma course. À un moment, Hunter a plongé à l’intérieur. C’est compliqué parce que dans ces conditions, on utilise des roll-offs et le champ de vision est vraiment limité en comparaison avec des tear-offs, donc tu ne vois pas très bien dans ce genre de moment crucial. Après quoi, j’ai essayé de rester sur mes roues, d’attaquer tout en restant sur la retenue. Finalement, en fin de course, c’était hyper serré. On a fait le yo-yo, parce qu’on pouvait avoir un coup de chance avec les retardataires, et un coup non. À quelques reprises, j’ai carrément enroulé tout un enchaînement car les mecs devant moi en enroulaient aussi. Tout s’est resserré à partir de là. »
Sous la pression de Cooper Webb en fin de finale, Ken Roczen a dû réagir tout en naviguant parmi les retardataires. En contenant l’officiel Star Racing Yamaha jusqu’au bout, le pilote Suzuki s’est assuré de ne pas laisser trois points sur la table. Trois points qui pourraient changer la donne au soir de l’épreuve de Salt Lake City.
« En fin de finale, je pensais à ces trois points, ils étaient vraiment importants. J’avais sept ou huit secondes d’avance à un moment, donc quand Cooper est revenu, je me suis juste ressaisi. Je n’avais aucun doute sur le fait que je pouvais gagner, mais il fallait que je reste sur mes gardes parce qu’en essayant d’attaquer plus dans le dernier tour, j’avais aussi beaucoup à perdre. Il fallait calculer les risques et ne pas décider de débrancher dans les whoops en espérant que la chance soit de mon côté. C’était un peu chaud en fin de course, je ne vais pas mentir, mais tout ce que j’avais en tête, c’était l’importance de ces trois points supplémentaires sur Hunter. »

Dans une finale rendue particulièrement piégeuse par la pluie, la boue et les ornières, la gestion des pilotes retardataires a joué un rôle central dans le dénouement de la course pour Ken Roczen, qui a mis un tour au cinquième à Philadelphie ce samedi, et deux tours au quatorzième: Mitchell Harrison.
« La plupart du temps, j’essaie de ne pas blâmer les retardataires dans ces conditions parce que c’est vraiment compliqué de savoir où aller. On essaye tous de survivre. Mais Mitchell Harrison — et je n’ai aucun problème à dire son nom — nous pose des problèmes chaque week-end. Pareil avec Jorge Prado. La deuxième fois que je lui ai mis un tour, il n’a pas dû réaliser que j’étais derrière lui et, à cause de ça, j’ai enroulé tout un enchaînement où je passais bien et où j’aurais pu gagner du temps. Une fois que tu commences à enrouler dans ces conditions, les cale-pieds touchent, tu traverses les ornières, tu te retrouves dans des flaques d’eau et tu perds 3, 4 ou 5 secondes sans même t’en rendre compte. Voilà pourquoi c’était aussi serré en fin de course. »
La gestion de la pression devient désormais aussi importante que le résultat pur pour Ken Roczen, qui s’appuie sur son expérience pour aborder les deux dernières épreuves du championnat dans les meilleures conditions possibles. Malgré les années au plus haut niveau, l’Allemand n’avait jamais été détenteur de la plaque rouge si proche du tombé de rideau.
« J’essaye de travailler sur moi-même dans ce genre de situation. Je prends les avis de Larry et du team, j’essaye de comprendre ce qui fonctionne le mieux pour moi et ce que je dois faire pour performer. Visiblement, ça fonctionne. Je pense qu’être professionnel depuis aussi longtemps aide, tout comme le fait d’avoir été des deux côtés du spectre : j’ai parfois été très bon, et parfois beaucoup moins bon. J’ai essayé beaucoup de choses différentes, de choses nouvelles, et pour l’instant, ça a l’air de fonctionner pour moi. »
À deux épreuves de la fin de saison, la lutte pour le titre reste ouverte, et un rien pourra faire basculer le championnat d’ici à la finale de Salt Lake City. Dans un contexte aussi serré, Ken Roczen refuse de changer sa manière d’aborder les choses plutôt que de céder à la pression des dernières échéances.
« De mon côté, rien ne va vraiment changer, parce que quand l’écart est aussi serré, tout peut arriver. J’ai le senbtiment d’avoir fait du bon travail dernièrement, en ne gâchant pas les choses et en faisant simplement ce que j’ai à faire. Donc je dois continuer à faire pareil et surtout être sur l’offensive, parce que Hunter roule évidemment très fort. Et puis d’autres pilotes peuvent aussi être là, on ne peut pas toujours parler seulement de nous deux, car d’autres pilotes vont très vite aussi. Il suffit de presque rien pour qu’il y ait deux ou trois pilotes entre Hunter et moi, et là, ça fait un gros écart de points. Il reste deux épreuves, c’est presque comme si on repartait à Anaheim 1. On est tellement proches au championnat, l’écart est minime, donc on doit juste chercher à gagner. »









