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Livia Lancelot « 114 Motorsports et le MXGP, ce sera sans moi en 2023 »

Image: Thibault Gastal

Livia Lancelot ferme un chapitre pour en ouvrir un autre. Après cinq années passées à la tête du team Honda 114 Motorsports, Livia a décidé de mettre un terme à ses fonctions de team-manager en fin de saison 2022. Pour autant, la double championne du monde ne décroche pas pour d’autres horizons puisqu’elle se lancera à l’assaut du nouveau championnat du monde de Supercross avec la nouvelle structure Honda NILS, au sein de laquelle elle vient déjà d’officialiser deux pilotes: Jordi Tixier & Thomas Do. Bilan, motivations, objectifs, comme à son habitude, Livia joue le jeu de la transparence. Micro.

Livia. On peut désormais annoncer que tu arrêtes le mondial au terme de la saison 2022. La question c’est: est-ce que tu arrêtes parce que c’était voulu comme ça, ou est-ce que tu arrêtes car le mondial de Supercross a vu le jour ?

C’est un tout. J’ai un peu fait le tour de 114 Motorsports en grands prix. J’ai créé ça avec l’aide de Giacomo Gariboldi et des partenaires en 2018. J’ai toujours eu des objectifs dans ma vie de sportive, dans ma vie perso, tu cours toujours après quelque chose. En cinq ans, on a réalisé de très belles choses en mondial mais il n’y a que très peu de perspective d’évolution. On est un team MX2 de base – même si on a fini avec deux pilotes 450 cette année – et Honda n’a pas le souhait d’avoir un team Factory en MX2 pour le moment. Prendre la place du team Factory 450 n’est pas envisageable – forcément – mais devenir Factory MX2 c’était quand même un objectif. Quand j’ai compris que ce n’était pas une possibilité, je me suis dit que j’avais fait le tour de la question. J’ai fait des podiums en MX2, j’ai eu la plaque rouge, j’ai fait des podiums en MXGP, ça va être difficile de faire plus tant qu’on ne sera pas une équipe Factory. À un moment donné, il faut faire un choix. Faire 20 courses par an aux quatre coins du monde, toujours dans les mêmes conditions, je n’ai plus envie de le faire.

Après le Portugal, on avait discuté de la suite, tu attendais de savoir si Honda allait te donner une aide pour le WMX, ou s’il y avait un espoir de voir une équipe Honda Factory MX2. Finalement, il n’en sera rien ?

Chaque année, on discute, on leur explique que tant qu’on n’aura pas de motos factory, on ne pourra pas se battre pour un titre mondial, et même pour un top 5 final au championnat. Si tu mets un  très bon pilote sur ta moto et que les planètes s’alignent, tu pourras voler un podium aux pilotes Factory par-ci par-là. C’est ce qu’on a eu la chance de faire en 2021 avec Ruben, car Ruben est un pilote exceptionnel et il le prouve aujourd’hui en faisant des podiums en MXGP et en ayant un contrat avec Honda HRC. Tant que tu n’es pas un team factory, ces choses n’arrivent que par « chance », au coup par coup. On a continué de se battre pour avoir un support, un support technique de la part de Honda et jusqu’à présent, l’usine Honda se concentre sur le 450. C’est un choix qu’on comprend, qu’on respecte, mais je ne me voyais pas repartir pour une saison de plus à faire la même chose.

Avec Ruben Fernandez, Livia Lancelot a coché ses derniers objectifs en tant que team manager en Motocross @Thibault Gastal

Donc le World Supercross n’a rien a voir avec ta décision d’arrêter ? S’il n’y avait pas eu ce championnat, tu aurais quand même arrêté au terme de la saison 2022 ?

Non. Je ne voulais pas refaire une saison de plus. On en avait parlé avec Giacomo, voir ce qu’on pouvait faire. Voir si je pouvais garder un poste au sein de l’équipe, du côté logistique, sans pour autant devoir me déplacer à chaque fois. On avait commencé à réfléchir à quelques solutions mais c’était déjà acté; je ne voulais plus faire les 20 courses du mondial dans ces conditions. Je reste une ancienne pilote qui s’est battue pendant longtemps pour des titres mondiaux et j’ai toujours envie de ça, de ce challenge. Je veux aller sur les courses pour quelque chose qui en vaut la « chandelle », là, on se bat pour finir 6 ou 8 du mondial. Au début, ça fonctionne, mais au bout d’un moment tu perds la motivation car chaque année, c’est la même chose. Ma décision était prise. 114 Motorsports et le MXGP, ce sera sans moi en 2023 et ça, c’était décidé il y a déjà quelque temps.

Tu sais ce que va devenir la structure ? Vu que tu pars, le nom 114 Motorsports a-t-il vraiment raison d’être, finalement ?

J’en ai discuté avec Giacomo. Il m’a fait confiance depuis le début, on a créé ça tous les deux. On a mis 114 mais il est également beaucoup derrière tout ça. Moi, je m’arrête, mais ça ne veut pas dire que le team s’arrête. J’ai besoin de renouveau, d’être de nouveau motivée. Si Giacomo veut continuer la structure avec quelqu’un d’autre, garder le nom 114 Motorsports, ça m’est égal. Je n’allais pas lui dire « non, 114, c’est moi, tu ne l’utilises plus ». Le team est là, il existe, il est en place. À lui de voir s’il veut arrêter la structure, la continuer, changer le nom … Et de là finalement est arrivé le projet de Supercross mondial. L’idée de partir au SX me trottait dans la tête depuis déjà quelques semaines mais on ne savait pas si l’équipe Honda 114 Motorsports allait continuer sur le mondial avec un autre team-manager pendant que je m’occupais de Honda NILS sur le World Supercross. Finalement, on se dirige quand même bien plus vers une fermeture de la structure.

En fait, on a des partenaires qui – par chance – nous suivent depuis le début de l’aventure avec 114 Motorsports, dont NILS. Ce nouveau projet est possible grâce à un partenaire comme NILS car c’est une énorme entreprise internationale et le championnat va passer en Indonésie, en Océanie, et ils ont un marché là-bas. Les partenaires vont me suivre sur le World Supercross et du coup, forcément, ils ne vont pas doubler les budgets. Ils ne vont pas pouvoir fournir un budget pour l’équipe 114 Motorsports et pour le mondial de Supercross, il y avait malheureusement des choix à faire, au détriment de l’équipe engagée en Motocross.

Pour finir avec 114 Motorsports, on sait ce que va devenir le programme féminin ?

C’est la partie compliquée car j’ai deux filles qui sont au top, TJ O’Hare et Martine Hughes. TJ a été la première a rouler pour nous et elle s’est donnée à fond, elle a enfin accroché des belles places cette saison. Il y a également Martine qui est jeune, qui débarque de nulle part cette saison et qui fait un podium d’entrée de jeu. Ce sont deux filles que j’aimerais continuer d’aider et ce n’est pas complètement impossible. Le problème c’est que pour mettre deux filles sur le mondial féminin il faut de gros budgets et il n’y a pas beaucoup de sponsors qui mettent de l’argent pour les filles. Elles doivent venir avec leurs propres sponsors. Je peux faire beaucoup de choses, je veux bien aider, organiser, mais à un moment donné je ne peux pas mettre de ma propre poche pour les faire rouler. Je me suis battue pendant 10 ans pour pouvoir rouler personnellement, et si j’ai arrêté – en partie à cause de ça – ce n’est pas pour refaire la même chose pour quelqu’un d’autre aujourd’hui. Là, Martine cherche des partenaires, je réfléchis à savoir si des filles veulent se joindre à l’aventure, je ne sais pas exactement ce que TJ souhaite faire mais s’il y a des filles qui amènent des sponsors et qui souhaitent créer une structure, je serais très heureuse de les aider et de manager tout ça; mais ça demande du budget.

La suite semble incertaine pour Martine Hughes & TJ O’Hare à ce stade @Thibault Gastal

Tu n’exclus donc pas de faire quelque chose sur le mondial féminin, du coup ?

Non, car ça reste ma discipline et ça reste quelque chose qui me plaît. Bosser avec Martine toute l’année a été un réel plaisir, comme de pouvoir suivre son évolution, de la voir à l’entraînement, de la voir s’investir, de voir également la réaction des pilotes masculins avec qui on a l’habitude de s’entraîner. Si je peux continuer à l’aider et à l’emmener au mondial ce sera avec grand plaisir mais malheureusement il y a une grosse enveloppe à trouver.

Concernant le Supercross Mondial; qu’est-ce qui t’attire là-dedans ? On a l’impression que ça s’est fait sur le tard, tu es la dernière équipe à avoir été annoncée.

Sur le très, très tard. Il y a eu beaucoup de décisions à prendre, de réflexions à avoir, c’était compliqué. Aujourd’hui, je suis en championnat du monde de Motocross avec des pilotes qui peuvent faire des podiums et je repars dans un tout nouveau championnat, ce n’était pas une décision à prendre à la légère. C’est un challenge. L’avantage du Supercross c’est qu’on connaît tout ça avec le Supercross de Paris. C’est la folie, tu arrives à Paris, tu es en plein centre ville, tu vas à pied à l’hôtel, c’est en salle donc qu’il pleuve, vente ou neige tu es royal à l’intérieur. Pour les mécaniciens, c’est pareil, c’est le top. Il n’y a pas de structure à monter, de moto à laver, etc, etc. Quand tu fais un GP à Lommel sous deux degrés et que la piste est une éponge parce qu’il pleut depuis 2 mois, l’équipe a un boulot de dingue à faire. Le Supercross, c’est beaucoup plus cool et même si je ne lave pas les motos, je vois mes gars au quotidien, et partir là-dessus, c’est plus plaisant pour tout le monde et ce côté SX m’a attiré. Il y a aussi moins d’épreuves et ce n’est pas négligeable. Aujourd’hui quand tu fais 20 courses par an, plus les courses de présaison, et quelques week-ends d’entraînement sur des pistes à l’étranger, tu passes la moitié de l’année sur les pistes. Le Supercross, ce sera moins de courses et ça fait partie des petits détails qui font que ce projet m’a trotté dans la tête.

Concrètement, comment on engage une équipe sur le mondial de Supercross, il n’y avait que dix places ?

SX Global a un concept très intéressant, ils veulent faire quelque chose de grand. Ils ont des investisseurs qui sont là pour aider à monter un gros projet dès le départ dans de grands stades, dans des capitales. Moi j’ai eu la place au feeling [rires]; j’ai fait un petit mail. J’ai la chance d’avoir un nom dans le milieu, ça c’est une chose et puis aussi d’avoir du soutien derrière de partenaires, de gens qui m’ont fait confiance en MX comme Giacomo. Chez SX Global, ils savaient que je n’arrivais pas de nulle part, que je n’allais pas demander une place pour que cela n’aboutisse pas. Après, je ne suis pas arrivée avec Ken Roczen sur la table, j’aimerais bien pourtant [rires]. Je leur ai dit que j’avais besoin de renouveau, et que j’étais intéressée pour faire partie de cette nouvelle aventure.

Livia sera présente à Saint Jean, et en Turquie, pour ses deux derniers grands prix en tant que Team-Manager Honda 114 Motorsports @Thibault Gastal

La composition d’équipe doit être annoncée prochainement. J’ai reçu des messages à droite à gauche pour me dire qui serait chez toi [rires]. On a le droit d’en parler ?

Alors, il y aura qui ? Dis-moi qui j’ai signé ?!

J’ai trois noms: Jordi Tixier, Thomas Do, Calvin Fonvieille ?

On a effectivement signé Jordi Tixier et Thomas Do car ce sont deux excellents pilotes. Thomas est un numéro un Français et également à l’international, il a fait d’excellents résultats aux US aussi. Si tu cherches dans les résultats Français, Thomas ressort forcément en 250. Jordi a ce côté polyvalence, il est champion du monde, et indépendamment de ça il fait du Supercross depuis qu’il est tout petit. Jordi, je le connais très bien, il a fait des résultats en mondial et dispose d’une grosse expérience en Supercross. Avec eux deux, ça s’est décidé rapidement.

Pour les deux autres pilotes, ce n’est pas encore annonçable car on est en discussion avec beaucoup de monde. Depuis qu’on a annoncé notre participation, on a beaucoup de pilotes qui nous contactent. On ne se précipite pas; effectivement on est en discussion avec Calvin mais pour l’instant ce n’est pas encore fait à 100%.

Et pas d’Australien ?

J’y pense mais le problème, c’est que tout s’est décidé à la dernière minute. Aller chercher un pilote en Australie pour rouler dans 6 semaines à Cardiff, ce n’est pas le plus simple. Pour l’instant, j’étudie toutes les options avec des pilotes Américains, Européens, Australiens, Canadiens, il y a beaucoup de possibilités. À ce jour, ce n’est pas encore à 100% décidé pour les deux pilotes restants, Thomas et Jordi ont signé, mais il y aura des surprises pour la suite.

Thomas Do évoluera sur le mondial de Supercross, en 250, avec Honda NILS dès octobre

Après avoir fait toute sa carrière chez KTM, Jordi changera donc de marque ?

Oui. En fait, Jordi, c’est quelqu’un que je connais personnellement très bien, lui et sa famille. Tout commence par des discussions qui ne sont même pas des discussions professionnelles. Avec Jordi, c’est plus parti d’une simple discussion « J’ai entendu que tu arrêtais le team l’an prochain, tu vas faire quoi ? ». J’ai répondu « Ecoute, je ne sais pas, j’ai un projet sur le côté, je vais peut-être t’appeler pour discuter car je risque de chercher des pilotes ».

Effectivement, il y avait ce côté où je me disais qu’il était chez KTM depuis tellement longtemps qu’il ne voudrait peut-être pas changer de marque mais malgré tout, dans cette position, il faut mieux appeler et avoir un refus que ne pas appeler et avoir le doute. Je pense que pour Jordi, il y a aussi eu ce côté où il a monté son team, il a tenté l’aventure et – même si c’est tout à son honneur – c’est la misère. Je le sais car je l’ai fait, et tu ne t’en sors plus. Tu passes ta vie au téléphone avec tes partenaires, tu organises tout, on parle d’un championnat du monde de 20 courses, on parle de Suède, de Finlande, de ferry à réserver, c’est la galère à gérer. En tant que pilote, tu es censé monter sur la moto, ne penser à rien, et tourner la poignée. Là, tu montes sur la moto, et tu te dis « Hey, mais il y a la Finlande dans un mois et j’ai oublié de réserver le ferry », ce n’est pas possible. Jordi en a un petit peu marre de ce côté pilote privé, et ça l’intéressait de repartir au sein d’un team où tout serait organisé pour lui. Il n’aura plus qu’à monter sur la moto, faire ce qu’il aime, et je pense que c’est une bonne chose pour lui.

Thomas et Jordi sont de très bons pilotes, mais en face il y aura également du gros morceau. On part sur quels objectifs sur ce championnat ?

C’est sûr que je te fais le discours du « j’arrête le mondial car je ne peux pas gagner » et je pars sur un championnat où – clairement – il y a des grosses têtes d’affiche. C’est évident qu’il sera compliqué de gagner quand on sait qu’il y aura des Roczen, des Tomac, on part sur un truc de fou. Maintenant, c’est le début, je n’ai jamais fait de team en Supercross, ça reste une discipline plus pratiquée aux USA que chez nous et c’est certain que les pilotes ricains’ auront plus de chances de gagner que nous. Maintenant, le but c’est qu’à court terme le team évolue et que les pilotes évoluent. J’ai déjà signé deux très bons pilotes. Je ne pense pas que Jordi soit capable d’aller gagner en SX face à Roczen, mais il est capable de faire de belles choses. En 250, c’est pareil avec Thomas. On va commencer tous ensemble, et on verra comment ça évoluera, et on avisera.

Jordi Tixier délaissera KTM et sa structure pour un nouveau projet @vaiosteve

On part sur de gros Supercross, on ne s’attend pas trop à se retrouver sur des pistes de la taille de celles rencontrées sur le SX Tour. Comment on se prépare à ça finalement ?

J’ai envie de te dire que c’est aussi ce qui me plaît. J’arrive aussi à un moment où j’ai envie d’avancer dans ma vie personnelle. Les pilotes de Supercross se gèrent, la plupart ont une piste de Supercross chez eux. Thomas a une piste, je crois que Soubeyras a une piste, Jordi a une piste pas loin de chez lui où il peut s’entraîner. Les pilotes s’autogèrent, c’est à eux de voir si ça suffit. Jordi, qui a la trentaine, je n’ai pas besoin de l’appeler pour lui présenter un préparateur physique, un coach technique, il se gère. Si sa piste n’est pas assez grande, c’est à lui de se dire qu’il faut effectuer des changements. Je ne vais plus faire la baby-sitter [rires].

Une dernière pour la route. Tu vas aller en Turquie pour la finale du mondial Féminin pour suivre TJ & Martine mais …

La petite Lotte …

On s’est compris, la petite Lotte; ça te botte de la voir arriver ?

C’est sûr qu’avec les résultats qu’elle fait avec les garçons à l’âge qu’elle a …. Faire un top 10 parmi les garçons à Lommel à 18 ans, ce n’est pas si impressionnant que ça. À 14 ans par contre ça devient un truc de dingue. Elle est très, très jeune. Je l’ai déjà dit et je vais le redire, je la mets sur le podium en Turquie, voire mieux, et même si elle roule en 125. Il manque du monde – Kiara n’est pas là cette année – Duncan s’est blessée et elle n’est pas à son meilleur niveau. Le niveau est plus bas que l’an dernier et vu comment Lotte roule, je la mets d’office sur le podium en Turquie si elle ne tombe pas.

Tant mieux qu’elle ait trouvé sa place dans un team, et un très bon team pour les saisons à venir mais moi, vu son physique et son âge, je l’aurais laissée en 125 sur le WMX l’an dernier et je mets ma main à couper qu’elle devenait championne du monde sur sa 125. Aujourd’hui, elle a tout ce qu’il faut pour y arriver; elle est professionnelle, sa famille s’occupe de tout correctement, sa fédération la suit, et avec son pilotage elle peut prétendre au titre de championne du monde l’année prochaine sur sa 125.

Ça fait du bien au mondial féminin d’avoir une petite qui débarque et qui fait autant de bruit ?

C’est certain. Si elle peut ramener du budget, même si ce n’est que pour elle, c’est une très bonne chose. Nous, on a Martine qui signe un podium pour sa première course en mondial féminin cette année, mais aucun team ne lui court après, malheureusement. Si Lotte peut un jour décrocher une place au sein d’un team factory, même si ce n’est que pour elle, ça fera du bien au sport. Ce sera ensuite aux jeunes d’aller la battre, elle, et ça va remonter tout le niveau et le sport féminin. Aujourd’hui, elle est dans un team, mais si demain une Française de 14 ans arrive et bat Lotte, elle aussi signera dans un team; c’est aussi simple que ça. Lotte ouvre une porte pour le sport féminin aujourd’hui; une porte qu’on avait ouverte à l’époque avec moi chez KRT, Laier chez KTM, Prumm chez Yamaha. Progressivement, ces portes se sont refermées, et Lotte les rouvre. Désormais, c’est aux filles de bosser pour aller la chercher, et il va falloir bosser mais c’est possible. Lotte peut aider à relancer complètement le Motocross féminin; ça va ramener de l’intérêt sur un championnat qui est en train de mourir à petit feu. Avant, les pilotes et les team-manager s’intéressaient au mondial féminin mais si tu vas dans les paddocks aujourd’hui demander à un manager qui a gagné le dernier GP chez les filles, il ne saura pas te répondre.

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