Mathis Valin l’a fait. Après ses podiums d’Arco di Trento et de Lacapelle-Marival, le pilote français est allé chercher sa toute première victoire en championnat du monde MX2 sur un tracé de Teutschenthal rendu particulièrement difficile par les pluies tombées dimanche.
Malgré des conditions piégeuses, Mathis Valin est resté solide de bout en bout et a su tirer son épingle du jeu. Auteur de deux excellents départs, il s’est disputé la victoire avec Sacha Coenen avant qu’une erreur du pilote belge dans la seconde manche ne lui ouvre la voie. Le Français n’en demandait pas tant : il s’échappait alors vers un premier succès en manche, synonyme de première victoire de Grand Prix de sa carrière en mondial MX2.
« C’était un très bon week-end » explique Mathis Valin au soir de sa victoire en Allemagne. « J’ai de nouveau eu une très bonne vitesse en piste. J’ai aussi pris deux bons départs, c’est une bonne chose. En première manche, on attaquait fort avec Sacha et on a creusé un bel écart sur le troisième. Une très bonne première manche pour moi, et c’était plus ou moins la même chose en seconde manche. On est de nouveau partis un et deux avec Sacha, et il a fait une petite chute, et j’ai pu le doubler. De là, j’ai fait une bonne manche, j’attaquais vraiment fort. Forcément, c’est une très bonne journée dans l’ensemble. Enfin une victoire, je suis vraiment content. »
Pour sa deuxième saison en MX2, Mathis Valin continue de franchir les étapes. Freiné par plusieurs pépins physiques en début d’exercice 2026, le Français n’a pourtant jamais dévié de sa trajectoire. Profitant de la pause au calendrier pour retrouver l’intégralité de ses moyens, il a continué son travail avec le team Kawasaki KRT sans bouleversement majeur. Une approche qui porte ses fruits. Récompensé par sa première victoire en championnat du monde, Mathis Valin engrange un capital confiance important ce dimanche. Un résultat qui confirme qu’il possède désormais la vitesse, la régularité et la maturité nécessaires pour s’imposer dans la catégorie.
« Qu’est-ce qui a changé cette fois ? Honnêtement, je ne sais pas » continue Mathis. « On n’a pas changé grand-chose. J’ai été blessé en début de saison, je n’ai pas beaucoup roulé, ni même fait beaucoup de testing. C’est surtout une question de confiance, je pense. Je sais que je peux partir devant avec la moto, mais aussi que ma vitesse revient. Je suis plus régulier désormais, et je suis plus en confiance aussi. C’est mon troisième podium consécutif, donc je pense que je suis en mesure d’être régulier et sur le podium à chaque fois. Du moins, je l’espère. On verra le week-end prochain, mais je suis là pour ça. »

En s’imposant ce week-end en Allemagne, Mathis Valin met fin à une décennie d’attente pour Kawasaki en mondial MX2. Il faut remonter au GP de Loket en 2016 pour retrouver la trace d’une victoire du constructeur japonais dans la catégorie, avec un certain Dylan Ferrandis.
Depuis, plusieurs pilotes se sont succédé au guidon de 250 KX-F avec plus ou moins de réussites, et notamment au sein des structures Bud Racing Kawasaki, F&H Kawasaki ou encore DRT Kawasaki. Darian Sanayei, Jed Beaton, Adam Sterry, Mathys Boisramé, Mikkel Haarup, Henry Jacobi, Roan Van de Moosdijk, Wilson Todd, Kevin Horgmo, Jack Chambers, David Braceras ou encore Quentin Prugnières ont tous tenté de ramener la marque au sommet, sans parvenir à décrocher cette fameuse victoire.
Pour relancer l’histoire, il fallait relancer la machine; chose faite en 2025. Souhaitant redonner de l’élan à son programme en MX2, Kawasaki a réintégré un programme officiel au sein de sa structure Kawasaki KRT et misé sur un jeune Français fraîchement (alors) sacré champion d’Europe 250 avec Bud Racing : Mathis Valin.
Une première saison pour apprendre. Une deuxième pour concrétiser. En remportant le Grand Prix d’Allemagne, Mathis Valin ne signe pas seulement sa première victoire en championnat du monde ; il remet également Kawasaki sur la plus haute marche du podium en MX2, et compte bien faire le nécessaire pour éviter que le compteur ne se grippe à nouveau.
« Avec Kawasaki, on a travaillé pour ça. On travaille pour gagner le plus de courses possibles, et leur permettre de gagner de nouveau en MX2, c’est une bonne chose. Désormais, il va falloir être en mesure de réitérer à chaque week-end, mais c’est bon de débloquer le compteur. »
Mathis Valin repart d’Allemagne avec la sixième place du provisoire, ayant repris 8 points à Camden McLellan, 17 points à Liam Everts et Simon Langenfelder, mais aussi 13 points à Guillem Farres et une unité à Sacha Coenen.










