Présent sur le championnat de France Élite MX2 sans grand soutien en 2026, Jules Piètre n’en joue pas moins les premiers rôles, mais repart amer de Vesoul. Dans le top 5 lors des trois premières épreuves, le pilote français a manqué le coche lors de la quatrième manche du 24MX Tour et doit se contenter d’une huitième place. Cinquième du championnat à deux rounds du rideau final — derrière les pilotes de l’Europe et le champion en titre Mathys Boisramé — Jules se prête au jeu de l’interview et évoque notamment sa vision à plus long terme. Micro.
Jules. Tu fais le troisième temps aux chronox, 8-8 dans les manches et sur la journée. J’imagine que tu venais quand même chercher un peu mieux à Vesoul. C’était comment pour toi ce week-end ?
Franchement, ça a bien débuté avec un bon chrono, j’étais content. J’ai fait des grosses semaines d’entraînement. J’ai passé un mauvais week-end à Romagné, donc j’étais vraiment motivé. En première manche, je fais huitième…
Franchement, pas content du tout. La vitesse n’était pas là. Le physique n’était pas là. Le mental n’était pas là. C’était très compliqué pour moi, alors que je pensais vraiment remonter la barre ce week-end. C’est comme ça.
J’étais encore plus motivé en deuxième manche. Je fais un bon départ, pour une fois. Je pars quatrième. Et je ne sais pas ce qu’il s’est passé, encore une fois. Le manque de physique… Je ne sais pas du tout. Je finis huitième.
Je n’ai rien à dire, vraiment rien à dire. Je suis vraiment dépité. Le mental n’est plus là. Je vais faire une semaine de pause, on verra bien ce que ça donne.
J’ai fait un bon début de saison, mais là, c’est un peu compliqué. Donc franchement, je n’ai pas trop de mots. Ça me fait vraiment chier, mais bon, c’est comme ça.
Qu’est-ce que tu as pensé de ce tracé ? Il avait l’air quand même assez particulier : hyper rapide, sec, béton.
Je me suis régalé — entre guillemets. Même si, comme je l’ai dit, la vitesse n’était pas là. Le circuit était vraiment top : de gros sauts, de la vitesse, de la technique et tout. Ça a manqué d’arrosage et de griffes, mais sinon, c’était vraiment la folie.
Elle est où, selon toi, la plus grosse marge de progression pour aller jouer le podium de façon régulière sur l’Élite ?
Il faudrait une moto préparée, ce que je n’ai pas, pour partir devant. Et le mental, ça y fait beaucoup.
Aujourd’hui, ce n’est pas le résultat espéré. Mais tu pointes 5e de l’Élite MX2 derrière les deux meilleurs pilotes de l’Europe 250. Il y a Mathys Boisramé devant toi, il y a Alexis Fueri. C’est une belle saison jusqu’ici quand même.
Oui, comme tu dis. Je ne savais même pas que j’étais encore 5e. Je pensais être passé 6e.
C’est sûr, sur le papier, c’est bien. Heureusement que j’ai fait un bon début de saison, sinon je ne serais pas là. Mais j’aimerais bien rester 5e, voire mieux. Parce que là, franchement, cinquième … c’est juste sur le papier.

Qui te file un coup de main aujourd’hui, puisque TMX a changé de programme pour 2026 ? Il me semble que tu as un guidon en Suisse. Quand tu vas en Allemagne, tu as des guidons… Là, j’ai presque l’impression que tu es un pilote privé en France: tu roules devant sur l’Élite et tu es là avec tes parents.
Exactement. En Suisse, c’est Loris Friedli qui a monté le team Fantic. Ils m’aident pour le championnat suisse. Sinon, en France, j’ai mon concessionnaire. Mais le week-end, je suis seul avec mon père, ou ma mère qui vient de temps en temps maintenant. Je n’ai pas trop de tonnelle, pas trop d’aide. C’est un peu compliqué. Heureusement que mon concessionnaire m’aide quand même beaucoup, mais sinon, c’est compliqué. Niveau budget, pièces, préparation de la moto, c’est un peu la galère.
C’est quoi la finalité pour toi ? Performer sur l’Élite MX2, tu penses que ça peut t’ouvrir les portes d’un team ?
Je ne sais pas si l’Élite MX2 pourra m’ouvrir quelque chose. Peut-être que ça m’aidera à me faire repérer. Mais moi, je ne suis plus axé sur le Supercross. Je sais qu’il faudrait peut-être demander un peu plus, mais je ne suis pas demandeur. On n’est pas une famille de demandeurs. Et j’aimerais bien intégrer un bon team pour faire du Supercross, du World. Mais pour ça, il faut rouler fort.
Tu ne t’es jamais vraiment lancé dans un programme européen à temps plein. C’est un peu la filière dans laquelle tous les Français s’engouffrent. Toi, visiblement, tu as d’autres plans. On a vu que tu as bien roulé en Suisse, notamment en première manche à Frauenfeld.
Oui, carrément. Comme tu dis, je n’ai jamais été trop présent sur l’Europe. J’avais beaucoup de possibilités à un moment. J’avais une offre de Fantic en 125, je pouvais faire des tests, mais je n’y suis jamais allé. J’ai préféré rester en France et faire du Supercross.
Franchement, ça représente aussi beaucoup de budget, c’est compliqué. Et aller en Europe avec une moto d’origine, c’est mission impossible. Même en France en stock, je vois que je galère. Quand je dis moto d’origine, je précise : j’ai juste un boîtier en ligne. C’est pour ça que c’est difficile.
Là, j’ai une possibilité de faire le Mondial MX2. Je ne sais pas si je vais la saisir ou pas. On verra bien, car j’ai encore le Supercross qui m’attend.
Tu as trouvé ton petit filon. Tu suis celui que des pilotes français, plus âgés et expérimentés, ont emprunté avant toi : France, Suisse, Allemagne, des inters, du Supercross, des courses primées. C’est quoi la vision sur le long terme ?
Ma vision sur le long terme, c’est de me faire repérer pour rouler aux USA. Même si je l’ai déjà un peu été. J’avais eu quelques teams qui m’avaient contacté, mais ça n’avait pas été plus loin.
Donc l’objectif, ce serait de mieux performer en Supercross, en Allemagne et en France, pour ensuite essayer d’aller aux USA. Ce sont les plus gros Supercross qu’on peut faire ici pour se faire repérer.










