Avec trois titres nationaux à la clé en 2025 (France, Allemagne, Inde), Calvin Fonvieille avait quasiment tout raflé l’an passé. Mais, monté en 450cc cette année, le pilote TMX Compétition fait face à une nouvelle adversité et occupe la huitième place du championnat de France MX1, en retrait de ses standards habituels. Huitième à Vesoul, Calvin se confie sur son début de saison, évoque ses points faibles et sa marge de progression en catégorie reine. Micro.
Calvin, fin de week-end à Vesoul. Tu fais 6e des chronos, 9-8 en manches, et 8ème de la journée. C’est quoi le bilan ?
À Vesoul, on a attaqué la deuxième partie de saison. On est arrivés ici à la recherche de quelque chose de positif. Ça a bien commencé car je fais 6e aux chronos. J’étais bien, dans le rythme, notamment avec plusieurs temps similaires pendant la séance. C’était vraiment de bon augure pour la suite. Ensuite, les manches ont été un peu plus compliquées : j’ai raté mes départs. Je me loupe toujours dans les premiers tours, les premiers virages, et ça me gâche mes courses.
Les deux manches ont été un peu similaires. Même si en deuxième manche, j’ai fait l’effort d’être un peu mieux. J’étais aux alentours de la cinquième place dans le premier virage. Mais je me mets en vrac dans le deuxième virage, je ressors de là à la 15e comme en première. Tout est à refaire, il faut remonter et là-dessus, le rythme n’est pas bon. C’est vraiment frustrant parce que toutes les premières courses se ressemblent un peu. Ce n’est pas l’objectif, mis à part une bonne première manche à Romagné la semaine dernière. Je ne suis pas là où j’aimerais être. J’avais plutôt bien commencé la saison à Castelnau avec la pole aux chronos et un bon rythme en course. Là, ce n’est pas trop ça. Encore 9 et 8 aujourd’hui, mais le résultat ne veut pas dire grand-chose. Je ne suis pas satisfait de mes courses.
Un mot sur ce tracé de Vesoul. Il était rapide, bleu par endroits. Ça ne devait pas être évident en 450cc.
C’est ce qu’on s’était dit, notamment en voyant les courses du samedi. Ils avaient peur de manquer d’eau, ce n’était pas évident. On a eu aussi une météo vraiment pas évidente pour la piste vu qu’il y avait énormément de vent : ça séchait à vue d’œil. Ça n’a pas été facile, mais au final, ils ont quand même fait du gros boulot sur la piste et on a eu une très belle épreuve. Honnêtement, sur les manches, il n’y a presque pas eu de poussière, à peine en deuxième manche, mais c’est à peu près normal. De bonnes ornières, de bons trous, de belles lignes, donc honnêtement, j’ai été vraiment satisfait. J’ai pris du plaisir sur la piste.
Le souci venait plutôt de moi-même et de mes courses notamment. C’est sûr que c’est un peu frustrant en sortant d’une saison de Supercross comme l’année dernière où tout me souriait, tout me réussissait. Le titre en championnat de France, en championnat d’Allemagne, en championnat d’Inde, j’avais l’impression de gagner presque tous les week-ends cet hiver. Là, on a rattaqué le motocross et c’est vraiment difficile. J’espère arriver à trouver les solutions pour réussir mes débuts de course et prendre le rythme des pilotes de devant, sachant que j’ai une bonne moto. Je suis très bien entouré avec mon team TMX et tout mon entourage.
Il n’y a pas de raison, c’est juste à moi d’arriver à me réveiller, à trouver les solutions pour performer comme je le voudrais.

J’entends que tu n’es pas vraiment satisfait de cette première moitié de saison. Les objectifs avant le début de l’année, c’était quoi ?
Il n’y avait pas d’objectifs précis en termes de place, mais c’était surtout de me battre avec le groupe de devant, d’être vraiment avec eux en manche. Le problème, c’est que si je me retrouve autour de la 15e place au bout d’un tour à chaque manche, le temps que je remonte à peu près à ma place, le pilote qui est devant moi est 20 ou 30 secondes plus loin donc la course est finie. C’est ça qui me fait râler.
J’aimerais vraiment, dès le début, me retrouver avec eux pour pouvoir prendre le rythme, suivre les traces, faire vraiment partie de l’action et ne pas être 20 ou 30 secondes derrière en train d’essayer de remonter tout le temps. C’est vraiment ça qui me frustre. Ce n’est pas vraiment une question de résultats, dans la mesure où tu ne joues pas un podium ou une victoire. La place ne veut pas dire grand-chose, mais c’est plutôt la manière et le déroulement des courses qui me dérangent, et j’aimerais arriver à trouver des solutions prochainement.
Il va falloir faire quoi pour parvenir à franchir ce petit step ?
Bosser un petit peu plus sur mes départs, mes premiers tours, peut-être un peu sur l’intensité, être un petit peu plus dedans. Ce n’était pas trop mon souci avant, mais là, c’est ce qui se fait ressentir cette année. On en discute et on essaie d’analyser ça avec l’équipe, avec tout mon entourage, avec Thibaut aussi. Il y a des choses positives, mais il y a ce côté négatif qu’il faut absolument arriver à rectifier. Il n’y a pas de raison, ça devrait le faire dans les prochaines courses.

On va remonter un peu dans le temps, si tu veux bien. En 2017, tu faisais une manche 4 sur l’Europe 125. Finalement, même après ça, tu avais complètement délaissé les programmes européens. Pourquoi ce choix de direction dans ta carrière ?
C’est une belle anecdote, un beau souvenir. J’avais fait 4e d’une manche en France à Ernée. Je me demande si ce n’était pas Kévin Horgmo qui avait gagné, d’ailleurs. Il y avait aussi Brian Moreau devant moi.
À la fin de cette saison 2017, on a fait le choix de sortir du cursus du championnat d’Europe et de se concentrer plus sur le championnat de France Élite, et — à partir de la deuxième moitié de saison — sur le Supercross. Mon choix de carrière était de m’orienter vers le Supercross. C’est ce qui me correspondait le mieux. C’était aussi ce que j’avais le plus envie de faire. C’est pour ça que je n’ai pas du tout fait d’Europe 250, ou de Grand Prix en MX2. On s’est juste fait plaisir l’année dernière en faisant le Grand Prix de France à Ernée, car c’était l’occasion.
Mais sinon, on a complètement stoppé le championnat d’Europe pour se focaliser aussi un peu plus sur le Supercross, et je ne regrette pas du tout. Je suis très content d’avoir fait ce choix-là et d’être inscrit sur les différents championnats de France, d’Allemagne. L’année dernière, j’étais en Inde. J’ai aussi roulé sur le World Supercross, en 2024, avec Bud Racing. Tout ça, ce sont de super expériences et je veux continuer dans cette direction-là.
Le team TMX a changé de programme cette année avec une envergure européenne. Est-ce que ça a eu un impact sur le tien finalement ? Ça fait un moment que tu es chez Thibaut.
Non, ça n’a pas du tout d’impact parce que ce sont deux programmes différents, presque deux teams en un. Il y a l’Europe 125 avec Liam Bruneau et Enzo Herzogenrath. Pour ma part, j’ai un programme totalement différent, uniquement axé sur le championnat de France : motocross et Supercross. Ce qui a été difficile, c’était le temps de se réorganiser, que tout se finalise. Sachant que les saisons, notamment la saison 2025, se finissent tard avec le Supercross.
Le temps que tout se mette en place, on est déjà à l’aube de la nouvelle saison. C’est pour ça que ça a pris beaucoup de retard. On ne savait pas trop quoi faire ni comment s’organiser. C’est pour ça que juste avant l’ouverture de 2026, on ne savait même pas comment on allait faire. Mais tout est rentré dans l’ordre et continue de rentrer dans l’ordre, petit à petit. C’est vrai qu’en étant engagé sur du motocross et du Supercross, les saisons sont complètes. C’est un choix mais ça ne s’arrête jamais. On vient à peine de finir 2025 qu’on enchaîne sur 2026. Mais en ce qui me concerne, ça va, je suis bien entouré, tout va bien. Les résultats devraient suivre, je l’espère.
Est-ce qu’on te voit au Grand Prix de France ?
Non, je ne serai pas au Grand Prix de France à Lacapelle-Marival. Ça ne faisait pas partie du programme, ni pour le team, ni pour moi. Je serai normalement en Suisse sur une course du championnat national le même week-end. Mais peut-être en faire un à l’avenir, pourquoi pas.










